Tout l’intérêt de cet article qui ne se limite pas à une simple analyse de l’action diplomatique de la France en Iran pendant le règne du Shah se trouve dans la perception que l’ambassadeur de France pouvait avoir de ce régime qui avait entrepris un mouvement de modernisation particulièrement dynamique, sans forcément prendre la mesure des mutations profondes en cours dans la société iranienne, et qui avaient été amorcées en 1952, avec l’épisode de Docteur Mossadegh et la tentative de nationalisation des pétroles iraniens.
On notera que la note de l’ambassadeur de France apporte des éléments qui permettaient de percevoir la fragilité de ce régime, et notamment la non prise en compte de la montée en puissance de l’opposition religieuse avec le clergé chiite.


Couverture de Gloire Retrouvée, livre de 1976 sur le modernisation de l’Iran et la Révolution Blanche

Comment l’Iran perçoit son ouverture au monde extérieur, et notamment ses relations avec la France pendant la phase de modernisation qui s’est appelée : « la révolution blanche » ?
Quel a été le rôle des États-Unis dans ce contexte précis ?

  • 1. La culture française, un atout majeur et bien exploité en Iran
  • 2. Des coopérations variées mais quelque peu dispersées
  • 3. Certains domaines de coopération demeurent marginaux
  • 4. Les Iraniens ont une perception positive des activités françaises en Iran
  • 5. Les menaces planant sur la diplomatie française en Iran à la fin des années 1960 du point de vue des diplomates français
  • 6. Les diplomates français considèrent que le développement de l’Iran crée des opportunités
  • 7. Le modèle de développement crisogène de l’Iran interroge la viabilité de la diplomatie française

Il importe d’identifier les ressources dont dispose la France en Iran et qu’elle doit protéger ou mettre en valeur à la fin des années 1960. L’exploitation de ces ressources est tributaire d’un contexte national incertain qu’il convient également d’expliquer.

Il a été dit en introduction que la diplomatie française en Iran a toujours été secondaire. Ce constat mérite d’être tempéré en matière de culture. Sans doute, d’autres domaines de coopération ont été ouverts avant 1969, mais ils restent balbutiants ou peu significatifs. L’essentiel de l’action française en Iran tourne autour de la mise en valeur de la culture française.
Selon le rapport d’activité de l’ambassadeur de France en Iran François Charles-Roux, en 1969, la France possède en Iran un capital de sympathie que l’évolution rapide du pays menace Annexe à la lettre n° 2162 / DG du 12 décembre 1969 de l’ambassadeur François Charles-Roux, Téhéran, 12 décembre 1969, CADN, fonds Service culturel, B13..
Ce capital peut être conservé et augmenté, dans la mesure où il dépend de la gestion des courants d’influence existants. Le rapport suggère aussi que l’action de la France en Iran répond surtout aux attentes d’une élite francophone, nombreuse et encore bien placée, mais dont l’influence décline au fur et à mesure de la montée en puissance de la culture anglo-saxonne.
Toutefois, l’auteur du rapport omet les dynamiques de développement contradictoires qui affectent l’Iran et qui menacent gravement la diplomatie menée dans ce pays. Ces tendances font l’objet d’analyses précises dans la presse spécialisée.

1. La culture française, un atout majeur et bien exploité en Iran

Un état des lieux s’impose en matière d’influence culturelle française en Iran à la fin des années 1960. Cette présence se manifeste à travers différents dispositifs.

Les Clionautes multi-écran

Vous souhaitez lire la suite ?

Actifs dans le débat public sur l’enseignement de nos disciplines et de nos pratiques pédagogiques, nous cherchons à proposer des services multiples, à commencer par une maintenance professionnelle de nos sites.

Adhérer aux Clionautes pour accéder aux ressources disponibles dans l’espace réservé ne se limite pas à un simple réflexe consumériste.

La modestie de la cotisation demandée ne saurait donc constituer un obstacle pour un soutien à notre démarche.