Avec la levée progressive du confinement l’actualité sort peu à peu de la répétition en boucle des informations sur le Coronavirus, même si l’on a le sentiment que la préoccupation essentielle de nos contemporains réside dans l’ouverture des terrasses de café et dans la possibilité de partir en vacances.

C’est faire peu de cas des conséquences économiques de cette crise. Si l’on parle par exemple du tourisme, avec la levée du confinement dans la ville emblématique de Venise, il faut savoir tout de même que cette activité représente un pourcentage non négligeable de la croissance économique mondiale. Sa mise au point mort aura d’énormes répercussions, non seulement dans les pays économiquement développés, mais également dans les clients développement. Toute une activité du secteur informel se verra forcément réduite, ce qui aura des conséquences sur les parties les plus fragiles économiquement des populations.

Les hypothèses sur l’après sont multiples, et elles sont souvent marquées par l’idéologie. On remarquera toutefois que les chantres de la mondialisation libérale ont été ceux qui ont demandé le plus d’intervention de l’État. Nous n’en sommes pas à une contradiction près. En même temps, et particulièrement dans les pays développés, le modèle social qui est le nôtre, basé sur une protection maximum de la population, semble avoir trouvé ses limites. Dans les capacités de financement dont nous disposons pour le maintenir, mais aussi dans la capacité de résilience des populations. Le climat anxiogène qui s’est développé,  largement entretenu par les chaînes d’information en continu, a plombé le moral de la population. La levée des mesures restrictives est à   l’origine de certains comportements que l’on appelle « l’effet cabane » ou plus exactement « le syndrome de la cabane », évoqué pour la première fois en Espagne.

Les reportages en boucle sur la réouverture de telle ou telle terrasse ne peuvent faire oublier que l’épidémie se poursuit, tout particulièrement en Amérique latine. Le négationnisme sanitaire dont fait preuve le président Bolsonaro risque d’avoir des conséquences majeures dans ce pays où certains secteurs de l’armée se verraient bien renouer avec un système autoritaire, comme dans les années 80.

Dans un contexte global où la polémique rebondit à propos de l’hydroxichloroquine les théories du complot qui se sont exprimées se retrouvent comme une constante de l’histoire américaine, et cela fait d’ailleurs partie des questions qui méritent d’être posées. On trouvera ci-dessous une analyse très précise de ce phénomène qui fait florès aux États-Unis, mais qui se développe également, de façon insidieuse, en France, par le biais des réseaux sociaux.

Toujours aux États-Unis, et parmi les sujets qui ont été donnés pour le concours des majors, celui sur repentance et réparation, montre que la question noire est toujours présente dans le débat public outre-Atlantique. L’affaire de Georges Floyd, avec ce policier aujourd’hui poursuivi pour meurtre, montre que le problème noir suscite toujours des passions. On se dispensera par contre de faire des comparaisons un peu trop rapide avec la situation en France. Dans l’utilisation de la violence par la police, il faut tenir compte de la situation des membres des forces de l’ordre qui doivent faire face à une population qui est potentiellement armée. Ce n’est évidemment pas une justification des dérapages de la police américaine qui aurait abattu plus de 1000 personnes non armées en 2019.

Enfin, aux États-Unis il semblerait que le torchon brûle entre le président des États-Unis et les plus hauts responsables du Pentagone. La remarque de Donald Trump sur la possibilité de déployer l’armée américaine sur le territoire national a suscité de très fortes réactions. L’opposition est venue directement du ministre de la défense. On s’intéressera à cette question en s’interrogeant sur le protocole déjà étudié lors des cours de préparation pendant le confinement, sur l’organisation du commandement territoire national en France. La situation est évidemment complètement différente, et comparaison n’est pas raison, mais un débat de même nature avait eu lieu en 2019 lorsque des militaires de l’opération sentinelle avaient été déployés en garde statique lors des manifestations de gilets jaunes.

Du côté de l’armée française le temps est venu de commencer à faire le bilan de l’opération résilience avec le fameux Retex, une pratique que l’on souhaiterait voir également mise en œuvre dans un institution comme l’éducation nationale.

Enfin dans la série des bonnes nouvelles un projet de cloud européen permettant de sortir de la domination écrasante des GAFA seraient sur les rails. Ce projet lancé par l’Allemagne et la France, avec des acteurs du numérique européen s’appelle : Gaia–X

Avec GAIA-X, des représentants de la politique, des affaires et de la science de France et d’Allemagne, en collaboration avec d’autres partenaires européens, créent une proposition pour la prochaine génération d’une infrastructure de données pour l’Europe: un système fédéré sécurisé qui répond aux plus hauts standards de souveraineté numérique tout en favorisant l’innovation. Ce projet est le berceau d’un écosystème numérique ouvert et transparent, où les données et les services peuvent être mis à disposition, rassemblés et partagés dans un environnement de confiance.

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