Si l’exercice des cultes chrétiens, (catholique et protestant) n’impose pas de contraintes spécifiques, qui seraient incompatibles avec l’activité d’un militaire, a fortiori en opération, cela peut évidemment poser quelques problèmes pour des personnels qui voudraient suivre strictement les obligations religieuses de l’islam, notamment pour ce qui relève des interdits alimentaires, des heures rituelles de prière, et bien entendu du jeune du ramadan. Il convient toutefois de préciser que pour ce qui concerne ces obligations, elles ne sont en aucun cas impératives de façon absolues, pour reprendre un verset du Coran, «  »Dieu n’impose à aucune âme plus qu’elle ne peut« . Pour autant, il peut exister une forme d’affirmation de la foi, même si l’institution militaire semble avoir réussi à relever ce type de défi.
Le Code de la Défense prévoit ce type de situation de façon très générale, même si les nécessités du service sont prioritaires.
Chapitre Ier : Exercice des droits civils et politiques

Les militaires jouissent de tous les droits et libertés reconnus aux citoyens. Toutefois, l’exercice de certains d’entre eux est soit interdit, soit restreint dans les conditions fixées au présent livre.

Les opinions ou croyances, notamment philosophiques, religieuses ou politiques, sont libres.

Elles ne peuvent cependant être exprimées qu’en dehors du service et avec la réserve exigée par l’état militaire. Cette règle s’applique à tous les moyens d’expression. Elle ne fait pas obstacle au libre exercice des cultes dans les enceintes militaires et à bord des bâtiments de la flotte.

Indépendamment des dispositions du code pénal relatives à la violation du secret de la défense nationale et du secret professionnel, les militaires doivent faire preuve de discrétion pour tous les faits, informations ou documents dont ils ont connaissance dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions. En dehors des cas expressément prévus par la loi, les militaires ne peuvent être déliés de cette obligation que par décision expresse de l’autorité dont ils dépendent.

L’usage de moyens de communication et d’information, quels qu’ils soient, peut être restreint ou interdit pour assurer la protection des militaires en opération, l’exécution de leur mission ou la sécurité des activités militaires.

Le 02 mars 2017 s’est tenue, à la demande du général d’armée Pierre de Villiers, la première journée des aumôneries militaires.  Cette rencontre, dont le thème central était le rôle des aumôneries dans le soutien humain, s’adressait aux aumôniers en chefs, à leurs adjoints et à tous les aumôniers militaires affectés en métropole.  Environ 220 aumôniers d’actives et 70 aumôniers de réserve répartis entre quatre aumôneries (catholique, musulmane, protestante, israélite) servent actuellement au sein des armées. En permanence, une dizaine d’aumôniers est déployée en opérations extérieures afin d’assurer le soutien religieux du personnel de la défense ainsi que le conseil au commandement. Focus sur la formation initiale des aumôniers militaires.

La session 2017 de la formation initiale des aumôniers militaires (FIAM) se déroulerait du 06 au 24 mars 2017 à l’École des commissaires des armées (ECA). Cette session s’articulait autour de 3 volets : le rôle de l’aumônier au sein des forces armées, l’environnement de travail de l’aumônier militaire, la préparation opérationnelle de l’aumônier. Dix hommes et femmes de confessions catholique, musulmane, protestante, israélite et orthodoxe y ont  participé.

Cette formation désormais obligatoire a été mise en place il y a trois ans par le Service du commissariat des armées (SCA). Car si les aumôniers relèvent  du CEMA pour leur emploi, leur administration et leur gestion dépendent, elles, de la direction centrale du SCA. « Les aumôniers sont très présents sur les théâtres d’opérations, il existait donc un réel besoin de les former militairement, souligne le commissaire général de 2e classe Marc de Becdelièvre, directeur de l’ECA. La FIAM offre également à tous l’occasion de développer une connaissance mutuelle. Depuis toujours porteurs d’espérance, les aumôniers militaires démontrent ici une nouvelle fois qu’il est possible de vivre une vraie fraternité d’arme sans avoir à abandonner ses convictions les plus profondes.

Repère :

Les missions et les statuts des aumôneries militaires françaises s’inscrivent dans le cadre de la loi de 1905 concernant la séparation des églises et de l’État. Cette loi promeut la laïcité tout en garantissant la liberté religieuse. Au quotidien, les aumôniers militaires, qui détiennent tous un grade unique, ont pour mission d’assurer le soutien religieux du personnel de la Défense et de la gendarmerie au sein des armées et des formations rattachées, ainsi que le conseil au commandement.

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