50 ans après la fin de la décolonisation, la société française reste « hantée » par un débat récurrent sur les mémoires de la colonisation et de la fin douloureuse de son empire colonial. Les cérémonies qui marquent la fin de la guerre d’Algérie, chaque 19 mars, date anniversaire des accords d’Évian, suscitent régulièrement leur lot de polémiques, largement influencées par les courants « pieds-noirs » et relayées par un personnel politique qui voit un moyen de renforcer son ancrage électoral. Dans le même temps, la présence sur le territoire français d’une population issue de l’immigration originaire de l’ancien empire colonial amène à une confrontation des mémoires entre les descendants des colonisés et ceux des colonisateurs.

Très clairement, les questions qui touchent l’histoire de la colonisation et de la décolonisation peuvent être qualifiée de « socialement vives », et comme cela est souvent le cas pour l’histoire, leur présence dans les programmes scolaires de l’enseignement secondaire suscite des débats passionnés.

On aurait pourtant tort de penser que les polémiques sur la colonisation et la décolonisation ne remonte qu’à ce débat initié en 2005 par le vote d’une loi « mémorielle », évoquant « le bilan positif de la colonisation » ou celui de l’appel des « indigènes de la république ».

Dès le début de la constitution de l’empire colonial, entre la fin du second empire et les premières décennies de la IIIe République, la colonisation a pu être contestée et à suscité des confrontations particulièrement vives. La question de sa légitimité a été plusieurs fois posée.

De la même façon, la décolonisation, commencée sous la IVe République et achevée  sous la cinquième a également suscité des oppositions et des confrontations qui marquent encore le débat politique en France. Une partie non négligeable, quoique vieillissante, du personnel politique s’est engagée pendant la période de la décolonisation. Cette période de l’histoire que l’on peut qualifier de douloureuse voit l’opposition de mémoires concurrentes, divergentes, entre les différents acteurs qui ont été engagés.

Ce sont ces mémoires opposées qui marquent le débat sur le « bilan » de cette période qui s’étend sur plus d’un siècle et demi. Les guerres coloniales, les luttes de libération qui sont des objets d’étude pour les historiens sont devenues des enjeux à la fois mémoriels et identitaires. Dans cette confrontation les souffrances s’opposent et leur souvenir apparaît comme un « droit à réparation » et en même temps comme une tache indélébile sur le drapeau de la patrie des droits de l’homme.

L’histoire de la colonisation et de la décolonisation montre que ces deux mouvements en suscité des oppositions au moins aussi fortes que l’enthousiasme qui a animé leurs promoteurs.

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