La logistique semble connaître un regain de popularité dans la littérature militaire. Le Briefing de l’IFRI de mai 2021 évoque une « redécouverte du défi logistique militaire », rappelant qu’elle est partie intégrante de la stratégie militaire. A ce titre, elle constitue un éminent « facteur de supériorité militaire » que le présent article permet d’éclairer à partir de l’étude de deux batailles : Grozny (1994-1995) et Falloujah (2004). Le combat en zone urbaine représente en effet un théâtre redouté des armées, avec ses enjeux propres.

Dans les combats actuellement en cours dans le Donbass, nous pouvons constater que l’armée russe, sous réserve de la pertinence des informations dont nous disposons, souffre toujours des carences déjà observées lors de la première guerre de Tchétchénie, en matière de logistique et de prise en compte de la ville comme théâtre d’opérations spécifiques.

La ville suppose une forte présence en termes d’effectifs pour en assurer le contrôle, d’autant plus que la population civile peut se révéler hostile. Les destructions d’infrastructures qui se sont déroulées pendant la conquête privent les civils d’eau et d’électricité, ce qui conduit les troupes à leur consacrer des ressources et en tout cas une attention particulière, aussi brutale puisse-t-elle être. Il semblerait que dans les opérations en cours, la finalité soit de limiter au maximum le nombre d’habitants restants dans les zones urbanisées, afin d’éviter leur prise en charge. Cela peut expliquer les tirs d’artillerie préalable à l’entrée en ville. Cependant cela peut sembler contradictoire avec la volonté de « libérer le Donbass », si l’armée russe se retrouve devant des villes détruites et vidée de leurs habitants.

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