Éditeur : Editions Complexe (2 mars 2006) Collection : Questions à l’Histoire.
213 pages

L’Ordre Westphalien. Rapports de forces et puissances.
Traiter ce sujet suppose que l’on soit en mesure de disposer d’un plan permettant d’aborder les questions soulevées par la problématique.
Quels sont les rapports de force issus de la guerre de 30 ans qui vient de s’achever ?
Quelles sont les puissances dominantes ?
La fin de la guerre de 30 ans signifie-t-elle la paix en Europe ?

Si nous reprenons ces trois questions, nous voyons très clairement se profiler un plan en deux parties, ou en trois parties avec une sortie, l’ouverture du sujet sur les conflits potentiels et les oppositions de puissances qui affectent l’Europe pendant la période suivante.

Présentation

La paix de Westphalie de 1648 met un terme à l’une des guerres les plus sanglantes de l’histoire, la guerre de Trente Ans, et signaler l’émergence de l’Europe moderne, celle des Etats-nations. Se met alors en place un échiquier politique dont l’objectif affiché est sa propre survie et auquel est attelée toute une série de mesures destinées à assurer sa pérennité, dont le sacro-saint respect de la souveraineté nationale et son corollaire : le devoir de non-ingérence. Ainsi s’installe, en 1648, un système de gestion des relations internationales à la fois complexe, efficient et durable qui va perdurer sous diverses formes jusqu’au XXe siècle et qu’on appellera le  » système westphalien « . A l’heure actuelle, alors que l’Europe débat sur sa constitution et que ses dirigeants caressent le rêve d’une Europe unie faisant face à la volonté hégémonique de la superpuissance américaine, l’idée de voir renaître un tel système est toujours d’actualité. L’ordre westphalien, mis à mal par deux guerres mondiales, semblait moribond à l’issue de la guerre froide : pourtant, aujourd’hui, un système de sécurité collective fondé sur le respect du droit international incarne pour beaucoup l’avenir des relations interétatiques. Ainsi l’ordre westphalien, malgré ses limites, a toujours bien fonctionné et l’on pourrait dire, pour paraphraser Winston Churchill, que jusqu’à preuve du contraire, il est peut-être le pire des systèmes, à l’exception de tous les autres. L’idée centrale de cet ouvrage est de comprendre la nature du système westphalien, donc de revenir à ses origines, c’est-à-dire à la paix qui fut signée en 1648 dans les villes de Münster et d’Osnabrück. Comment, pourquoi, dans quelles circonstances et par qui les traités de Westphalie furent-ils préparés et signés ? Dans quelle mesure cette paix fut-elle si réussie, et pourquoi l’ordre westphalien qui en découla fut-il si durable ?