Le dimanche de Bouvines
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Georges Duby

Le dimanche de Bouvines

Gallimard Folio Histoire, 373 pages

Anaïs Berjouan
mardi 12 septembre 2017

Dimanche 27 juillet 1214 → Bataille qui transgresse l’interdit de se battre le dimanche, près du pont de Bouvines dans les Flandres. Conduits par le roi d’Allemagne et celui de France. Evènement qui laisse des traces durables sans lesquelles l’évènement n’est rien. Evènements → écume des histoires.

Les évènements laissent deux types de traces : la mémoire des hommes, diffuse, mouvante, innombrable, claire ou brouillée qui se perpétue par l’entretien du souvenir par la parole, l’écriture. Et les documents, concrétions du souvenir, assise de la mémoire. Erudition moderne qui permet parfois de rendre les documents plus accessibles : vision de l’histoire positiviste pour laquelle la bataille de Bouvines s’inscrivait dans la dynamique d’une histoire du pouvoir. La journée constituerait un nœud, plus volumineux que d’autres sur une chaîne continue de décisions, tentatives, hésitations, succès et échecs alignés sur le vecteur de l’évolution des Etats européens. Donc l’historien aurait eu pour travail d’établir ce qui s’était vraiment passé ce jour-là, en étudiant tout d’abord les documents d’époque avec un regard critique et situer le fait vrai ensuite → inaccessible, comment démêler le faux du vrai ? Aucun évènement n’est perçu par ses contemporains dans sa vérité totale. De surcroît, pour démêler le faux du vrai, place de l’historien qui mène à l’anachronisme : abstraction nécessaire pour obtenir la vérité donc traiter l’évènement comme un évènement d’aujourd’hui, comme le ferait un juge d’instruction.

Duby tente de voir la bataille en anthropologue, en considérant la bataille et la mémoire qu’elle a laissée comme un ensemble culturel différent de celui qui gouverne actuellement notre rapport au monde. Oblige à trois démarches : se référer à ce que l’on sait de la culture de l’époque pour pouvoir critiquer les témoignages de l’époque sans anachronisme ; mettre en exergue les traces qui restent de l’évènement qui contiennent en filigrane les manières de penser et d’agir de l’époque pour établir une sociologie de la guerre au seuil du XIIIe dans le NO de l’Europe ; étudier les traces qui restent dans la perspective de repérer comment se propage la perception du fait vécu dans l’espace et le temps, comment le merveilleux vient le sublimer, le corrompre, ce qui donne à voir les représentations mentales de l’époque.

Démarche de Duby :

  • Présenter la trace de l’évènement la plus immédiate (chronique en prose de Guillaume Breton à la cour du roi de France, il est présent dur les lieux, il chantait sur le champ de bataille avec d’autres moines, fait un compte rendu démesuré) : mise en scène pour planter le cadre, puis récit de la journée par Guillaume le Breton.

Par Anaïs Berjouan

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