« La Bible, un livre d’histoire ? » Un sujet proposé à l’oral de l’agrégation interne, cycle 4, (6e).

– Quels sont les grands enjeux historiographiques/épistémologiques du sujet ?

–> Historiographie : 

L’approche historique des documents fondateurs : la Bible, Jean-Marie Husser, professeur à l’université Marc-Bloch de Strasbourg, Actes de l’université d’automne – Religions et modernité, 2003.

– La critique historique de la Bible commença véritablement au XVIIème siècle : philosophes et érudits montrèrent les inconséquences narratives et théologiques observables dans le texte biblique => La 1ère question fut celle des auteurs des textes et de leurs dates de rédaction = question très sensible car la conception traditionnelle de l’authenticité du texte sacré et de son inspiration était en jeu.
⇒Baruch Spinoza (1632-1677), Richard Simon (1638-1712) ou Jean Astruc (1648-1766)

– Jusqu’au milieu du XIXème siècle, l’archéologie encore balbutiante : l’approche historique de la Bible se fit essentiellement à travers la critique philologique et l’analyse rédactionnelle des textes. Cette méthode dite « historico-critique » était alors principalement pratiquée en Allemagne, dans les Facultés protestantes libérales => repérer et définir les documents sources utilisés par les rédacteurs dans la composition des textes.
⇒ Julius Wellhausen (1844-1918)

Depuis les années 1970, un profond changement de perspective s’est opéré dans la recherche. D’abord, l’historicité des récits des patriarches a été mise en question. Après une analyse systématique, les chercheurs ont montré que la réalité du IIe millénaire avant J.-C., telle qu’elle apparaissait à travers les documents non bibliques et l’archéologie, ne correspondait pas aux récits de la Bible.

Mais l’approche historique de ce corpus s’est faite également grâce à l’accroissement considérable des données archéologiques et épigraphiques au long du XXème siècle, et principalement ces cinquante dernières années. Cet apport d’informations extérieures au texte biblique sur les modes de vie, l’économie, les événements politiques, les cultes, les différents aspects de la culture, a remis en cause les modèles élaborés par la critique rédactionnelle (les recherches archéologiques sur des sites mentionnés dans l’histoire de la conquête de Canaan par les Israélites indiquent un décalage considérable entre les récits de conquête et la réalité des XIIIe et XIIe siècles avant J.-C. De nombreux sites n’étaient pas habités à cette époque (par exemple Jéricho, Aï, Gabaon, Hébron, Heshbon, Arad) ou n’étaient encore que de simples villages plutôt que des cités-État (comme Yarmouth).
⇒ Israël Finkelstein et Neil A. Silberman

Na’Aman, Nadav. « La Bible à la croisée des sources », Annales. Histoire, Sciences Sociales, vol. 58e année, no. 6, 2003, pp. 1321-1346.

Afin de comprendre le changement de perspective qui s’est opéré dans la recherche depuis les années 1970 et de manière encore plus nette depuis les années 1990, il est utile de rappeler cinq points essentiels qui ont conduit à repenser les preuves et réévaluer la pertinence de la Bible en tant que source historique.

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