Introduction

Dans cet ensemble disparate que constitue ce tiers septentrional de l’Afrique, quels sont les éléments de continuités territoriales ? Pour répondre à cette problématique générale, seront analysées l’articulation entre les espaces et les liens qui les traversent formant alors des réseaux.
Ces territoires sont souvent considérés comme des marges, éloignés des centres d’impulsion mondiaux et dominés économiquement. En décentrant le regard, cet espace de la Méditerranée au Sahel est au cœur de nombreux enjeux, au prisme notamment de l’émergence de certains marchés, des ressources, des potentialités, etc. permettant alors de l’envisager comme « une nouvelle charnière géopolitique ». L’analyse multiscalaire proposée permet alors de montrer son intégration mondiale surmontant l’instabilité géopolitique. Cette approche relativise la présupposée marginalité de cet ensemble.
Il convient dans cette introduction de présenter les caractéristiques des trois ensembles, en soulignant toutefois leur cohérence.

Une Afrique Méditerranéenne mais deux ensembles culturels

Du Maghreb à l’Afrique Méditerranéenne

Le terme de Maghreb, épousant géographiquement les limites conventionnelles de l’Afrique Méditerranéenne au Maroc, à la Tunisie, l’Algérie, n’est pas pertinent dans la mesure où il ne prend en compte que les éléments culturels unifiant ces Etats. Le terme de Grand Maghreb intègre à cet ensemble la Libye et la Mauritanie.
La réalité géographique s’impose à définir un espace plus vaste, compris entre le Maroc et l’Egypte, soit 6 millions de km2.

Reconquêtes territoriales d’un monde dominé

Quels sont les éléments communs à cet ensemble hétérogène ?

Les logiques territoriales développées par la colonisation ottomane (XVIe siècle), puis européenne (XIXes-XXes. (Français, Britanniques, Espagnols, Italiens)) s’organisent avec la dépendance économique. Par exemple, les espaces du Maghreb sont construits sur le même modèle d’organisation homogène tournée vers la métropole : les espaces urbains s’intensifient sur les littoraux, les espaces agricoles sont tournés vers l’intensif, les infrastructures de transport sont organisées pour répondre au commerce exclusif mis en place.
Aux indépendances, les modèles de développement choisis s’autonomisent selon les choix politiques : dirigisme en Algérie, Libye, Égypte ou plus libérale au Maroc, Tunisie et montrent surtout la volonté de sortir de la dépendance.

Un peuplement urbain et littoral

Cette Afrique Méditerranéenne ne forme pas un ensemble économique et social homogène tant les indicateurs sont différents (PIB). Toutefois l’ensemble des pays d’Afrique Méditerranéenne présente des similitudes tant dans les transitions démographiques que dans le taux de population urbaine élevé. Par ailleurs, ces pays restent marqués par les faibles densités, à relativiser cependant par l’inégale répartition de la population concentrée sur les littoraux et le long du Nil pour
l’Égypte.

Un peuplement arabe mais des minorités religieuses et linguistiques

Ce monde est unifié par un peuplement arabo-musulman (islam sunnite en majorité) mais existence de nombreuses minorités linguistiques qui soulève la problématique de leur reconnaissance au sein des pays concernés, comme les Berbères.
Du Maroc à la Tunisie, les dynamiques migratoires sont prioritairement en direction des anciennes métropoles. Depuis les années 2000, ils constituent un espace de transit des migrants subsahariens s’ajoutant alors aux migrants nord-africains.
Des économies dépendantes, de rente et extraverties
En dépit des choix politiques et économiques initiaux, on constate depuis les années 1980 une libéralisation croissante, avec quelques efforts de diversification qui n’ont pas toujours eu de succès. Le développement économique reste liée à une économie de rente (hydrocarbures, tourisme, ressources naturelles) qui pérennise la dépendance de ces pays envers l’extérieur et notamment les anciennes métropoles. Cette dépendance s’observe également au travers des importations et du trafic maritime accentuant alors la dichotomie littoral/intérieur des terres. Cependant, l’ouverture des pays à d’autres partenaires économiques, comme la Turquie, la Chine, Dubaï, etc., recompose la dépendance marquée par les héritages coloniaux.
Même si les espaces maghrébins sont encore très marqués par les héritages coloniaux, les mutations en cours permettent alors d’affirmer l’insertion de ces pays dans le processus de mondialisation.

Le Sahara pour trait d’union

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