INTRODUCTION

À la fin des années 1970, la Turquie connaît une situation économique désastreuse et une situation politique qui l’est tout autant et se retrouve en « défaut de paiement », incapable d’honorer les échéances de sa dette souveraine. Elle fut l’un des premiers pays à se voir appliquer l’ajustement structurel en 1979, avec le Sénégal et l’Île Maurice, programmes conduits par le Fonds Monétaire Internationale (FMI), appuyé par la Banque Mondiale et qui consiste à assainir les finances par des mesures d’économie, à privatiser en partie le secteur public et à s’ouvrir aux investissements étrangers, destinés à relancer les économies nationales en développant les « avantages comparatifs » du pays.  De nombreuses zones franches industrielles ont été ouvertes, mais un des secteurs choisi par le programme établi par la Banque Mondiale, comme ensuite dans de nombreux autres pays a été le tourisme. En 1979, la Turquie avait reçu 1,1 million de touristes : il s’agissait d’un tourisme culturel, de circuit, dont la contribution au PIB était très faible. La loi d’encouragement au tourisme de 1982 a lancé le développement de ce secteur en s’orientant d’abord vers le tourisme balnéaire de masse. . Il y avait déjà 5,4 millions de touristes  en 1990 avec 1,7 milliards de $ de recettes, 10 millions en 2000 et il y en a eu 41 en 2015, ce qui fait de ce pays la 6e destination mondiale, les recettes ayant atteint plus de 31 milliards de dollars pour l’année de référence, ce qui représente près de 5% du PIB national. Le tourisme est devenu un secteur-clé de l’économie, employant 900 000 personnes à temps plein et la principale source de recettes extérieures nettes. L’ouverture au tourisme a nécessité de nombreux décrets, destinés à ouvrir le secteur à l’étranger, en matière d’investissements, mais aussi pour assouplir la législation en vigueur concernant la vente d’alcool, les boîtes de nuit, les casinos… Le pays s’était ouvert à la mondialisation.

La population peut être définie comme l’ensemble des êtres humains qui peuplent la planète mais cette notion large se subdivise en de nombreuses catégories, selon le genre, l’âge, les nationalités, les identités supra ou infranationales et, bien sûr les contrastes de développement, tout ceci nous renvoyant à la notion d’inégalités. sont des différences entre individus, entre communautés humaines, entre groupes sociaux, mais aussi entre territoires définis comme espaces de vie des sociétés et qui se traduisent en termes d’avantages ou de désavantages ce qui fonde des hiérarchies et des ségrégations au sein de chacune de ces catégories. La mondialisation, appelée aussi globalisation, se caractérise par la diffusion à toute la planète de mêmes modèles, économiques, de consommation, techniques, culturels, nés dans les pays développés du Nord. Engagé par l’accélération des échanges internationaux d’hommes et de marchandises, le processus s’est intensifié depuis les années 1980 et implique désormais tous les États, même la Coée du Nord qui a ouvert une zone franche. Les « systèmes monde » partiels du passé, ceux des premières et secondes colonisations notamment, qui étaient en fait un partage impérialiste du monde, ont désormais fait place à un système monde global, piloté par quelques acteurs transnationaux : firmes, institutions, investisseurs institutionnels et qui fonctionne selon les principes du libre-échange, de l’économie de marché et le modèle de la consommation de masse standardisée. La situation reste encore assez éloignée de celle du « village planétaire » que prophétisait le sociologue canadien McLuhan dans son ouvrage « La Galaxie Gutenberg », paru en 1962 : de nombreux espaces sont à l’écart de la mondialisation ou lui sont rétifs, mais il est incontestable que le processus aboutit à des recompositions parfois rapides, la Chine étant le meilleur exemple de cela. Le Président Chinois Xi Jinping a d’alleurs vanté les bienfait de la mondialisation au forum de Davos de 2017, sans doute aussi, il faut le dire, pour se démarquer des tendances « isolationnistes » affichées par Donald Trump.

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