Présentation de l’auteur :

Une contribution qu’il faut lire de Stéphane Boisselier sur « De la différenciation sociale à la minoration en passant par les régulations , quelques propositions », faisant partie d’un ouvrage collectif dont l’auteur fait partie des directeurs de la publication Minorités et régulations sociales en Méditerranée,  sous la direction de Stéphane Boisselier, François Clément, et John tolan, Presses universitaires de Rennes, 2010, [www.pur-editions.fr].

Stéphane Boisselier, a été membre de la Casa de Veláquez, a été maître de conférence à l’Univesité de Tours puis professeur à l’université de Poitiers, est un historien spécialisé du Portugal  au Moyen Age (il a publié sa thèse en 1998 sur Naissance d’une identité portugaise. La vie rurale entre Tage et Guadiana de l’Islam à la Reconquête (Xe – XVe siècles). Il anime actuellment des recherches inter-disciplinaires notamment de géohistoire et comparatives avec le monde latin et le monde arabo-musulman.

L’article proposé est destiné aux préparants du concours de l’agrégation interne en histoire et géographie, session 2018-2019, pour la question nouvelle portant sur la période du moyen âge « Chrétiens, juifs et musulmans. Pouvoirs et minorités dans l’espace méditerranéen (XIe – XVe siècles)». C’est un long article recommandé pour sa lecture historiographique sur la thématique de la question posée au concours, sur les minorités.

 L’objet d’étude : les minorités

 Le thème des minorités s’inscrit depuis une quarantaine d’années dans un courant historiographique, l’histoire sociale et culturelle, l’étude des groupes sociaux, qui a permis de renouveler les champs d’études sur le Moyen Âge à partir des travaux de Jacques Le Goff dès 1979 et ceux de Robert L. Moore sur la persécution, sa formation en Europe médiévale[Moore (Robert.L) : La persécution. Sa formation en Europe (Xe – XIIIe siècle), Les Belles Lettres, Paris, 1991]. Le thème de la minorité a été renvoyé au tout début de l’apparition de ce nouveau champ d’étude à celui de la marginalité, de l’infériorisaton, de l’exclusion, des approches à la mode dans les années 1970-1980. Deux centres d’intêrets se sont développés autour de cette thématique centrée au départ sur les minorités religieuses, par une analyse des causes de la minoration dans l’optique des politiques d’exclusion, par une approche plus juridique comme l’excommunication, l’exil, la réclusion carcérale et par une autre approche, par l’analyse des causes sociales, une approche plus sociologique. Cela a conduit à l’étude sur la pauvreté dirigée par Michel Mollat et les travaux de B. Geremek. C’est avec les travaux des historiens sur l’étude du catharisme que ces deux précédentes approches sur les minorités encore proches des champs d’études socio économiques qui ont permis d’aborder plus globalement les minorités d’origines religieuse et sociale en explorant d’autres domaines politique et culturel. Cependant les minorités ne sont pas encore perçues en tant que groupes mais encore comme des catégoires sociales, des communautés, etc. Des recherches plus récentes au cours des années 90 avec l’approche culturelle ont permis d’explorer la minoration  par des études plus précises, sur les jeunes,les femmes, les lépreux ou sur les enfants. A la fin des années 90 les problématiques anthropologiques ont pris le pas sur la démarche sociologique. Il en résulte un émiettement de la recherche et les minorités sont davantage étudiées sous le prisme des monographies urbaines locales ou régionales. C’est surtout dans les monographies de villes du monde arabo-musulman que les minorités y sont observées de près.

La minorité, minor/minus, qui signifie « plus petit », son sens plus qualitatif que quantitatif, s’apparente à l’idée d’infériorité. Le vocable minoritas n’est pas employé avant la fin du XIVe siècle, il est issu de minor, ayant une signification à l’origine juridique pour désigner un enfant non émancipé, sans aucune référence à un groupe social. Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que le vocable minorité prend son sens actuel, un groupe au sens numérique du terme. Parler de « minorité dominante »  est un non sens pour les gens du Moyen age, ils utiliseraient plutôt le terme d’élite. La minorité en tant que groupes n’est pas inconnue des écrits médiévaux, définie comme un ensemble, formé de gens de peu et inférioriséColloque Le petit peuple dans l’Occident. Terminologies, perceptions, réalités. actes du colloque international tenu à Montréal, 18-23 octobre 1999.  « Jusqu’au XIe siècle l’absence de fixation de hierarchie sociales par la norme légale atténue les processus en groupes.» (p.29) Pour la seconde moitié du Moyen Age les villes semblent  concentrer davantage les formations de groupes minoritaires. Pour la suite Je vous invite à lire l’article de l’historien Stéphane Boisselier qui développe de manière exhaustive l’approche historiographique et épistémologique de l’objet d’étude en histoire sur les minorités au moyen Age.