L’Asie du Sud-est est devenue depuis maintenant un demi-siècle une région phare, au carrefour des mondes. Cette Asie « d’entre Inde et Chine » pour reprendre la belle expression du géographe Michel Bruneau, est effectivement située entre ces deux espaces déterminants tant par leur poids démographique que par leurs legs culturels. Legs qui n’ont eu de cesse d’influer sur le devenir historique et la construction étatique des onze pays qui composent un ensemble géopolitique cohérent et flexible, l’Association des Nations du Sud-est Asiatique. L’ASEAN a en effet progressivement réuni en son sein de 1967 à 1999 les pays de la péninsule indochinoise et ceux archipélagiques, de l’Insuline. Ce n’est qu’en 2011 que Time-Leste, le petit de dernier de ces Etats devenus tour à tour indépendants depuis 1946, a envisagé de rejoindre cette organisation régionale. Tous sont loin d’être des Etats-Nations, au sens de Benedict Anderson, ce sont des « nations imaginées » fruits d’un héritage précolonial et d’une congruence liée, précisément à l’occupation de tous ces royaumes ou sultanats par des nations impériales européennes. Tous sans exception, puisque même si le Siam resté indépendant et souverain, il n’en perdit pas moins entre 1863 et 1909 plus de 45% de son empire au profit des empires britanniques et français voire chinois.

  1. De l’orientalisme au panasiatisme.

Comment est-on passé au XIXe siècle de l’orientalisme à l’asiatisme, et au XXe de l’asiatisme au panasiatisme ?

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