Nicolas MACHIAVEL. Le Prince (De Principatibus). Ecrit en 1513. Première édition posthume en 1532.

Édition utilisée pour la présente fiche : Hatier, Classiques et compagnie Philo. Traduction originale et analyse : Thierry Ménissier, agrégé de philosophie, maître de conférences de philosophie politique à l’université Grenoble 2. 2011, 213 p. 6,10 €.
Remarque sur l’édition utilisée : cette édition récente est un outil très précieux pour les étudiants, puisqu’elle comprend, après l’intégralité du texte de Machiavel (avec des notes de bas de page limitée au nécessaire) un dossier très complet divisé en parties claires : architecture de l’œuvre ; l’auteur et le contexte ; thèmes et problématiques ainsi que des outils complémentaires, comme, entre autres, un glossaire et un index des noms propres. Bien pensé, complet, clair. Un petit bémol : une reliure un peu faible pour une utilisation dans un cadre de travail.

I LE CONTEXTE :

1469-1527.
On peut d’ores et déjà, en préambule, regrouper quatre auteurs à peu près contemporains qui présentent à divers degrés, des points communs où le hasard ne joue pas.

Que ce soit Machiavel, More, Erasme ou Rabelais, ces quatre personnages ont joué, plus ou moins officiellement, à un rang plus ou moins élevé, des missions de bons offices, ou diplomatiques, soit pour le compte d’une République (Florence), soit pour le compte de souverains, Henri VIII pour More, l’Empereur pour Erasme, François Ier pour Rabelais. A ce titre, ils ont été amenés à voyager. Le record des déplacements revenant à Erasme qui a parcouru une grande partie de l’Europe. More se rendit et en France et en Pays-Bas pour des missions très officielles. Machiavel voyagea, comme secrétaire d’ambassade dans d’autres états de la péninsule italienne, et notamment dans les Etats pontificaux, mais aussi en France et en Allemagne. Quant à Rabelais, en dehors de ses nombreuses pérégrinations consenties ou forcées par l’effet boutefeu de ses publications sur le territoire du royaume de France ou à Metz, ville impériale, il suivit les du Bellay, Jean puis Guillaume comme secrétaire d’ambassadeur et médecin, à Rome puis à Turin.

Deux d’entre eux étaient en outre liés par une indéfectible amitié : Erasme, l’aîné, et More, le cadet.

Tous ont été mêlés directement ou indirectement aux grands chamboulements de la fin du XVème siècle et du premier tiers du XVIème. Guerres d’Italie, luttes incessantes entre les grands royaumes, Angleterre, France, Empire, Espagne. La montée de la réforme et la sécession d’Henri VIII. La constitution d’états forts et structurés. Les problèmes soulevés par la maîtrise des pouvoirs régaliens et notamment de la guerre et de la force armée. La construction progressive d’une société capitaliste et les luttes entre bourgeoisies urbaines, élites aristocratiques, pouvoir princier ou royal, artisans, ouvriers et monde rural. Tous ont connu les grandes mutations de l’imprimerie, les énigmes plus que les réponses apportées par l’agrandissement du monde, la diffusion des textes latins et surtout grecs.
Dans ce cadre qui ne peut qu’être schématique, car ce n’est pas le propos de ces fiches, la trajectoire de Machiavel est contrastée. Il ne s’agit pas de faire ici la biographie de l’homme, mais de marquer l’ondulation d’une existence.

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