L’industrie du disque et du cinéma

Culture, médias, pouvoirs, Atlande, 2019

Circulations inter et transnationales

Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Américains mènent une vaste offensive pour récupérer le marché cinématographique. Dès 1944, les Majors envoient un groupe de représentants sur le continent européen pour dresser un bilan de l’activité cinématographique.  Il s’agit pour les États-Unis de renforcer leur emprise sur les esprits dans le cadre de la Guerre Froide. En France, les accords commerciaux Blum-Byrnes (1946) débloquent une importante aide financière en échange de conditions favorables pour la distribution de films américains. Face à ce qui est perçu comme une « invasion », le Royaume-Uni établit une taxe de 75% sur l’importation de films étrangers en 1946. Mais les studios américains boycottent le marché britannique, provocant des pertes considérables pour les distributeurs locaux. La domination d’Hollywood sur l’industrie cinématographique doit néanmoins être nuancée. En effet, les cinémas nationaux, qui bénéficient de diverses aides publiques, continuent à emporter la préférence du public dans de nombreux pays dont l’Italie. Certaines productions européennes parviennent à s’exporter aux États-Unis, comme le peplum italien ou le western spaghetti en 1960. Il existe également des circulations intra-européennes. En France, Golfinger, le troisième film de James Bond produit en 1965 par la société britannique EON et Il était une fois dans l’ouest en 1968 deviennent des films à grand succès. Néanmoins le déclin des studios et la crise économique conduisent à une contraction des investissements américains en Europe dans les années 1970. La MGM ferme ainsi ses studios de Borehamwood et les films américains sont en forte baisse.

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