I) Mode d’emploi

L’espace géographique au programme est centré sur le cœur de la révolution scientifique (le moment où s’impose la nouvelle pratique expérimentale et l’établissement de la vérité scientifique dans le cadre du laboratoire) dont le terrain d’exercice majeur est situé entre France, Angleterre et péninsule italienne, l’ajout des Pays-Bas permettant de faire jouer les échelles. Mais, l’accent étant mis sur les circulations et les diffusions, l’espace oit être élargi, les circulations extra-européennes et les effets de laboratoire colonial sur la production des savoirs scientifiques et techniques en Europe n’étant pas exclus.
Les limites chronologiques vont de la fin du Moyen-Age aux Lumières : c’est le temps de la science classique et des académies, de l’invention technique cruciale dans la légitimation des pouvoirs politiques depuis le XVe siècle, en même temps que s’affirme la figure des ingénieurs au service des puissants.
L’histoire récente s’intéresse à la construction sociale et politique des savoirs. Les sciences et les techniques sont au cœur des relations de pouvoir. L’approche attendue n’est pas internaliste, mais il faut connaître les grandes lignes es apports scientifiques, et en même temps examiner l’interaction de leurs idées avec la société et les pouvoirs religieux, politiques, académiques. Il faut étudier la contingence des découvertes et des contextes de production des sciences : lieux de savoirs, impact des dispositifs matériels et des techniques dans la recherche et l’expérimentation, en liaison avec les régimes et usages politiques et religieux de la vérité scientifique. On doit tenir compte des contraintes environnementales, économiques, sociales et culturelles.

II) Concepts et définitions

Aristote distingue déjà l’épistèmè (science) de la technè (technique, autrefois traduit par art). Savoir de production d’un côté, savoir d’interprétation de l’autre.
Le mot scientia désigne à l’origine toute connaissance ayant une valeur déterminée.
A partir du XVIIe siècle, son acception se restreint peu à peu aux sciences d’observation, d’expérience et de calcul.
Cette restriction trouve son application institutionnelle dans la création de l’Académie royale des sciences en 1666. Les premières réunions chez Colbert réunissent des « mathématiciens » (astronomes) et des « physiciens », (qui s’occupe d’anatomie, botanique, zoologie, chimie, et que l’on regroupe sous le concept de « philosophie naturelle »). La philosophie naturelle ou physique, est une des trois parties de la philosophie (logique, physique, morale). Il faut attendre le XIXe siècle pour que se dissolve cet amalgame entre philosophie et science.
La technique, qui vient du grec technè, est un savoir de production. L’équivalent en latin est ars.
La vieille désignation d’ars est le nom d’une faculté universitaire jusqu’au XVIIIe siècle. La dénomination d’arts libéraux désigne d’abord les disciplines scolaires dignes d’un homme libre, la grammaire, la rhétorique, la dialectique (trivium), l’arithmétique, la géométrie, l’astronomie, la musique (quadrivium), et à un niveau supérieur la médecine, le droit, la théologie, et parfois l’architecture. Les arts mécaniques sont ce qu’on appelle aujourd’hui les techniques.
Qu’il s’agisse de l’histoire des sciences ou des arts mécaniques, la période du XVe au XVIIIe siècle connaît deux mutations importantes : la révolution scientifique et la révolution industrielle. Du De revolutionibus orbitum caelestium de Nicolas Copernic (1543) aux Philosophiae naturalis principia mathematica de Newton (1687), la science change dans ses méthodes et sa représentation du monde. Elle repose sur le calcul et figure un monde infini soumis aux lois de la mécanique. Ce modèle a des conséquences sur la pratique scientifique, l’organisation du travail savant, le rapport avec le pouvoir, les institutions et la politique scientifique. Cette révolution est totale, mais lente
Il en va de même pour la révolution industrielle qui s’annonce en Angleterre vers 1750 et déferle sur le continent au milieu du XIXe siècle. C’est une mutation dans les systèmes techniques : la machine à vapeur remplace la roue hydraulique, la fonte produite au coke remplace la fonte de bois. Il en résulte le capitalisme industriel, la création des grandes usines, la naissance du prolétariat. Là encore, la mutation est complète mais lente, les vieilles techniques coexistent longtemps avec les nouvelles.

III) Survol historiographique

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