LET EUROPE ARISE !

Le 19 septembre 1946,

à l’Université de Zurich (Suisse)

par Winston Churchill

Début du discours

“ Comment l’Europe en est-elle arrivée à une telle situation? Quelques petits Etats ont atteint une certaine prospérité mais de vastes régions d’Europe offrent l’aspect d’une masse d’êtres humains torturés, affamés, sanglotant et malheureux et voient se former un nouvel amoncellement de nuages à l’approche de nouveaux dangers”.

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Contexte

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, l’Europe dans sa quasi totalité est ravagée. L’Allemagne, grande perdante de ce conflit, est un pays sous surveillance des quatre Alliés. L’Est de l’Europe est sous l’influence des Soviétiques, tandis que l’Ouest est plutôt sous l’influence des Etats-Unis. Déjà, à ce moment là, il y régnait la peur d’une nouvelle guerre. En juillet 1945, Winston Churchill perd son poste de 1er ministre et redevient un homme politique “comme les autres”. De ce fait, il voyage partout à l’étranger durant l’année 1946 car il souhaitait continuer à être une grande figure britannique dans le monde. Il a ainsi prononcé de nombreux discours (par exemple, le fameux discours de Fulton, dans le Missouri aux Etats-Unis, où il popularise le terme de “rideau de fer”). C’est ainsi qu’il voyage en Suisse, qu’il visite Genève (il y rencontre de nombreuses figures politiques suisses) et qu’il finit par faire un discours à l’Université de Zurich.

Sujet du Discours

Dans ce discours, Winston Churchill évoque le projet de fondation des “Etats-Unis d’Europe”. Il avait déjà utilisé ce terme dans l’un de ses discours à Bruxelles. Il y aborde l’importance pour l’Europe d’être soudée, afin qu’elle puisse se développer. Il ajoute également que cette union n’est pas possible sans que la France et l’Allemagne ne redeviennent “amis”.

citation: “Il consiste à reconstituer la famille européenne, où tout au moins la plus grande possible. De lui donner une structure de telle manière qu’elle puisse se développer. Nous devons ériger une sorte d’ Etats-Unis d’Europe”.

Cependant, dans son discours, W. Churchill n’est pas clair quant à la place et au rôle qu’occuperait l’Angleterre au sein de cette nouvelle Europe, tout reste ambigu.

Réactions et postérité

Au lendemain de ce discours, les réactions divergent selon le pays. En Grande Bretagne, on dit que les propos de Churchill n’engagent que lui. En France, on se refuse à tout commentaire. Et en Allemagne, le journaliste Gerhard Kreysig écrit: “nous souhaitons dès aujourd’hui une amitié réelle avec la France. Et nous espérons une confiance réciproque, tout en sachant que nous devons gagner cette confiance”. En mai 1948, se tient le premier Congrès de l’Europe, et W. Churchill continue de promouvoir cette idée d’Europe unie. En 1957, à la création de la CEE, l’Angleterre n’en fait pourtant pas partie… Elle ne la rejoint qu’en 1973. En 2016, l’Angleterre projette de quitter l’Union Européenne par référendum. Dans les deux camps (ceux qui étaient pour et ceux qui étaient contre), on citait des discours de Winston Churchill, preuve de son ambiguïté…