L’objectif de Xi Jinping dès 2017 est d’ ancrer solidement l’idée d’une civilisation écologiste socialiste. En effet, après la défection étatsunienne des Accords de Paris en juin 2017, Pékin se présente comme le pays leader en matière de lutte contre le changement climatique. L’objectif de l’article est d’identifier les raisons de ce revirement ainsi que les conséquences de la nouvelle stratégie chinoise en matière de lutte contre le changement climatique, en particulier pour les petits Etats insulaires dont un grand nombre se situent dans le Pacifique. Il dresse un tableau de la politique climatique chinoise.
1. Les revers du progrès
A partir de 1978, les réformes économiques impulsées par Deng Xiaoping marquent l’entrée dans une nouvelle ère. Entre 1980 et 2017, le PIB chinois a été multiplié par 26, ce qui correspond à un taux de croissance annuel d’environ 9.2%. Une telle augmentation résulte d’une extraordinaire consommation d’énergie. Le volume des gaz à effet de serre a ainsi explosé et dès 2004, la Chine devient le premier émetteur mondial (devant les Etats-Unis).
Cela s’explique principalement par la part du charbon dans le mix énergétique chinois. Environ 1.400 centrales à charbon sont recensés en 2016, dont 700 « grandes » centrales (càd avec une capacité de production d’au moins 100MW).

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