Dans cet article, Pierre Chastang se penche sur l’utilisation du texte dans l’écriture de l’histoire. Il retrace les changements qui se sont opérés dans l’utilisation du texte médiéval par les historiens depuis le XVIIe. En analysant ces évolutions, il questionne ce que le travail du texte apporte à l’écriture de l’histoire. Cet article est intéressant à la fois par sa dimension historiographique, mais aussi par la réflexion qu’il propose sur le statut du document écrit dans la construction du récit historique. Dans le cadre des concours de l’enseignement, cette lecture est donc doublement intéressante. Elle questionne notre propre approche du document écrit dans le cadre d’un commentaire et nous permet de comprendre en quoi le changement de statut du document écrit a permis aux historiens de mieux comprendre les sociétés étudiées. Certains points cités dans l’article pourraient constituer des exemples solides avec quelques recherches complémentaires.

Pierre Chastang débute son article par un retour sur la construction de l’histoire comme discipline savante. Il aborde tout d’abord le tournant qui s’est effectué au XVIIe siècle avec la recherche des originaux et la naissance d’une méthode critique de l’usage des textes illustrée par le De re diplomatica de Jean Mabillon (1681) et l’inscrit dans l’évolution entamée par la philologie humaniste qui cherche à « retrouver le passé tel qu’en lui-même ». Cette recherche d’une historicité du texte est en rupture avec la conception médiévale qui privilégiait les autorités institutionnelles et énonciatives, les auctoritates suffisant alors à garantir la valeur du texte. Il présente ensuite le « credo chartiste » du XIXe siècle comme héritier de cette méthode née au XVIIe qui se fixe en une archéologie traditionnelle des textes qui s’organise autour de 5 préceptes :

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