– C’est l’expression par laquelle les marins ont toujours désigné cet ensemble, où l’interpénétration des terres et des mers est extrême, par rapport aux deux masses continentales, beaucoup plus massives et compactes, que sont au nord le monde chinois et à l’ouest le monde indien.

– C’est d’ailleurs cette situation d’entre-deux qui pose le problème de l’identité de cet espace éclaté et composite entre ses deux grands voisins. Non pas que l’Asie du Sud-Est manque d’envergure avec ses 4,5 millions de km2 et ses 650 millions d’habitants, ce qui est exactement la population de toute l’Amérique latine, mais simplement parce que, tout ensemble géographique, quel qu’il soit, ne pourrait tenir que des seconds rôles face à deux aires majeures de civilisation qui comptent 1,39 milliard d’habitants pour la Chine (et 1,6 milliard pour le Monde chinois et 1,37 milliard pour l’Inde (et 1,9 pour le monde indien).

– On va donc d’abord s’attacher à donner une identité à cet ensemble de 11 États que bien des contrastes opposent mais qui partagent aussi nombre de problèmes communs. Cette première leçon est en quelque sorte une mise en place qui va planter le décor du sud-est asiatique et dégager les grandes problématiques qui seront ensuite approfondies dans le cours. On examinera successivement :

. Ce qui fait de la zone un carrefour et lui confère une telle complexité ;

. Les difficultés communes qu’elle rencontre et qui font que cet ensemble appartient au Sud ;

. La construction progressive d’une identité en liaison avec l’histoire récente et en dépit de la persistance de divisions encore profondes ;

– Les cours suivants s’attacheront à approfondir les quatre grandes problématiques qu’on peut mettre en évidence à propos de cet espace, sans qu’elles lui soient propres puisqu’on peut les retrouver ailleurs avec des traits spécifiques :

. Celle des dynamiques de l’occupation de l’espace d’abord, qui renvoient à la croissance démographique et à la pression qu’elle exerce sur les milieux, ainsi qu’au transfert des populations des campagnes vers les villes et à l’urbanisation ;

. Celle du développement ensuite, la zone étant assez exemplaire des situations du Sud à cet égard, entre un développement effectif et une insertion dans la mondialisation réussie comme c’est le cas pour Singapour et, à l’autre extrême, des États qui appartiennent aux PMA comme le Laos, à peu près toute la gamme des situations intermédiaires étant identifiable entre ces extrêmes ;

. Celle des tensions qui se manifestent à toutes les échelles territoriales et qui impliquent les rapports entre ethnies, nations, États, la nature du pouvoir et les implications géographiques que tout cela peut avoir. C’est la dimension politique et géopolitique du sujet que nous aborderons là ;

. Celle de l’organisation des territoires, avec le rôle des villes, des frontières mais aussi de l’insularité, ce qui réalise un peu la synthèse de tout ce qui précède, puisqu’elle met en jeu, à la fois ce qui ressort de la géographique de la population (problématique 1), de l’économie et du développement (problématique 2), ainsi que de la politique et de la géopolitique (problématique 3).

I – ENTRE CHINE ET INDE : UN CARREFOUR INSULAIRE, PÉNINSULAIRE ET ARCHIPÉLAGIQUE

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