Introduction
À la fin du règne d’Henri IV, un juriste, Pierre de l’Hommeau déclarait qu’en France les rois “ commandaient absolument” et cela dès l’origine de la monarchie. Pourtant 50 ans plus tôt un autre juriste, Étienne Pasquier affirmait le contraire ; jamais les souverains français ne s’étaient servis de leur pouvoir absolu. Ces jugements contradictoires révèlent un changement de regard sur la nature du pouvoir royal.
Afin de comprendre cette évolution, Arlette Jouanna rappelle l’ampleur du bouleversement religieux et politique survenu au cours de la seconde moitié du 16e siècle. A partir de 1562, 8 guerres de religion déchirent le royaume, les protestants finissent par obtenir la législation partielle de leur culte, imposée par l’édit de Nantes en 1598. La reconnaissance officielle de la dualité confessionnelle, situation unique en Europe, provoqua un séisme idéologique et signifia une rupture de l’unité de la religion ; Il fallait donc admettre que les protestants et catholiques désunis par la foi, restaient toutefois unis par leur appartenance à un même pays et pas leur qualité de sujets d’un roi. Se pose alors la question de savoir si le corps politique méritait encore la bénédiction divine, alors qu’il était religieusement démembré. Ces interrogations pesaient lourd dans les consciences dans la mesure où prévalait l’idée selon laquelle la cité terrestre devait refléter l’ordre établi par Dieu. Pour bien gouverner, le roi se forçait de connaître cet ordre juste et d’y conformer la société humaine.

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