Frank Jacob compare les révolutions américaine (1776), française (1789) et haïtienne (1804) pour en dégager des points communs. Il propose un processus générique applicable à l’ensemble des mouvements révolutionnaires historiques, articulé autour de 4 points de définition et 10 étapes.

Quatre points de définition des révolutions

  • Premièrement, une révolution est, avant tout, le changement d’un système politique qui n’aurait pu être accompli que par la force parce que les anciennes élites n’étaient pas disposées à transformer le système politique selon les souhaits des candidats politiques

Changement forcé du système politique. Une révolution survient lorsque les réformes ont échoué ou été bloquées par les anciennes élites, qui refusaient de transformer le système selon les aspirations populaires. La force devient alors le seul recours.

  • Deuxièmement, les révolutions sont des processus qui contiennent plusieurs groupes d’intérêts.

Processus multi-acteurs et radicalisation progressive. Les révolutions impliquent plusieurs groupes d’intérêts et commencent rarement de manière radicale. Les revendications s’intensifient au fil du processus, dépassant le niveau politique pour viser un changement social.

  • Troisièmement, les révolutions sont des mouvements de masse qui peuvent mener à des luttes de pouvoir violentes

Mouvements de masse et luttes internes. Les révolutions sont des phénomènes de masse, pouvant engendrer des conflits violents entre anciens alliés révolutionnaires ou contre des forces contre-révolutionnaires qui contestent le tour que prend le mouvement. Le nouvel ordre politique peut être contesté par d’anciennes forces révolutionnaires ou contre-révolutionnaires qui n’acceptent pas le changement accompli et exigent donc une seconde révolution dans le processus

  • Quatrièmement, les révolutions sont toujours et exclusivement modernes, bien que certains chercheurs aient discuté des révolutions prémodernes ou même antiques.

Les rébellions prémodernes ne sont pas des révolutions : leurs participants voulaient changer leur propre position au sein du système, non le système lui-même. Spartacus, par exemple, ne voulait pas abolir l’esclavage : il ne voulait pas être esclave. Les révolutions sont indissociables de la modernité et de ses processus de formation.

Pour Frank Jacob, les révolutions doivent donc être comprises comme un phénomène de modernité globale. A la fin de l’époque moderne, les vagues révolutionnaires provoquent souvent des changements considérables, c’est pourquoi les révolutions ont été considérées comme importantes pour la modernité et sa formation en tant que telles, ou comme forces motrices d’un processus de modernisation.

Caractéristiques générales des révolutions

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