Chapitre 1 : La guerre perdue des images et des mots

Du « roi de gloire » au « roi de paix »

Sous Louis XIV, les arts ont été fortement mobilisés pour affirmer la majesté du « roi de gloire ». Louis XV cherche à se démarquer en cultivant l’amour des peuples à l’intérieur du royaume et son image de roi de paix sur la scène européenne.

Le 27 juin 1748, le bureau de la ville de Paris décide après délibération de témoigner du profond respect sentiment de respect, d’amour et de gratitude pour le souverain, ressenti par la population de la capitale et du royaume tout entier à la proche conclusion de la paix d’Aix-la-Chapelle – qui met fin à la guerre de succession d’Autriche débutée en 1740 – en élevant à la postérité un monument à la gloire du roi. Le projet qui doit durer neuf années est entrepris par Bouchardon et terminé après sa mort en 1762 par Pigalle.

Puisqu’il s’agit d’image royale et de communication monarchique, les autorités municipales ne sont pas maîtresses du programme artistique, symbolique et politique. Le 11 juillet 1748, le compte de Maurepas fait savoir à la ville que le roi accepte le projet et fixe les premières orientations. Le roi sera représenté comme un pacificateur plutôt que comme un conquérant. Louis XV est un roi magnanime qui restaure la paix et rétablit l’équilibre européen, autre manifestation d’une action tout entière tendue vers le bien commun et l’intérêt général. Quatre vertus cardinales en bronze, en forme de pseudo-caryatides délimitent le piédestal de la statue : la force, la justice, la prudence et la tempérance. L’avant et l’arrière sont ornés de tablettes de bronze représentant d’un côté Louis XV dans un char de triomphe couronné par la victoire, et de l’autre le roi refusant d’autres fruits de la victoire que celui de procurer la paix à l’Europe.

Les Clionautes multi-écran

Vous souhaitez lire la suite ?

Actifs dans le débat public sur l'enseignement de nos disciplines et de nos pratiques pédagogiques, nous cherchons à proposer des services multiples, à commencer par une maintenance professionnelle de nos sites.

Adhérer aux Clionautes pour accéder aux ressources disponibles dans l'espace réservé ne se limite pas à un simple réflexe consumériste.

La modestie de la cotisation demandée ne saurait donc constituer un obstacle pour un soutien à notre démarche.