INTRODUCTION GÉNÉRALE
L’environnement est-il une idée neuve pour la géographie?
1921 – Paul Vidal de la Blache : « si on réfléchit à tout ce qu’implique le mot de milieu ou d’ « environnement » selon l’expression anglaise, à tous les fils insoupçonnés dont est tissé la trame qui nous enlace, quel organisme vivant pourrait s’y soustraire? »
> l’école vidalienne étudie les relations entre l’humain et son milieu naturel à travers le concept clé du possibilisme (la nature propose l’homme dispose) – introduit toutefois le concept
Après la Seconde Guerre mondiale : bouleversement du monde (urbanisation, globalisation, accroissement des mobilités et circulations, bouleversements des modes de production économique) : les géographes remettent en question le paradigme classique ou vidalien
> la géographie s’extrait du cadre « naturaliste traditionnel » de la géographie classique (vidalienne) + nouvelles approches des sciences sociales = évolution de la géographie humaine
Toutefois la géographie physique se spécialise (outils de plus en plus perfectionnés) sans tenir compte du facteur humain. La géographie évolue mais reste cloisonnée.
= rendez-vous manqué entre géographie et environnement entraine un retard au tournant des années 70 au moment où l’environnement devient un question sociale et politique +
= l’écologie, elle, se saisit dès les années 60 des dégradations environnementales comme objet d’étude privilégié.
1971 : ministère de l’environnement (Robert Poujade sous Georges Pompidou [1969-1974]) ; Pierre George (géographe) publie aux éditions Que sais-je? : L’environnement
1976 : Yves Lacoste (géographe) fonde la revue Hérodote (intégration de la question environnementale)
1978 : Georges Bernard (géographe) introduit la notion de « géosystème »
- géosystème : système spatialisé dynamique formé d’un ensemble d’éléments (naturels et anthropiques) interconnectés qui sont en interrelations
1979 : Jean Tricart (géographe) introduit le concept d’ « éco-géographie »
- éco-géographie : approche scientifique qui associe l’écologie et la géographie pour analyser comment l’être humain s’intègre dans les écosystèmes selon les territoires
> période qui marque le renouveau de l’intérêt de la géographie pour l’environnement
Ainsi, si l’environnement a joué un rôle central dans la fondation de la géographie, l’amplification des défis environnementaux auxquels sont confrontés nos sociétés participe à renouveler ses fondements, ses méthodes et à diversifier ses contrebutions dès les années 1980.
La géographie contemporaine est héritière d’une relation mouvementée avec l’environnement (questionnements, intuitions) : cheminement en lien avec les bouleversements progressifs des questions environnementales = explique la diversité des approches actuelles
> explique le « s » à « Environnements : approches géographiques » au sujet du CAPES. Mais ce « s » renvoie aussi au contexte actuel du changement global ET invite à questionner les échelles temporelles, spatiales (du local au global)
PARTIE 1
LA DIVERSITÉ DES ESPACES DE L’ENVIRONNEMENT À L’HEURE DE L’ANTHROPOCÈNE
Introduction
L’Anthropocène (dont l’officialisation a officiellement été rejetée en 2024 par l’Union internationale des sciences géologiques et la Commission internationale de stratigraphie) représente une « période qui n’est pas juste une crise mais une rupture géologique à l’échelle des âges de la terre » (Bonneuil, Fressoz, 2016) et dont la datation de l’origine est sujette à débat :
- à la Révolution industrielle (Crutzen, Stoermer, 2000) = conception la plus courante
- lors de la colonisation des Amériques (Lewis, Maslin, 2015)
- lors de la mondialisation du capitalisme : « Capitalocène » (Malm, 2016)
- avec l’urbanisation : « Urbanocène » (Lussault, 2022)
Les effets de ce nouveau régime dominé par les activités humaines sur les écosystèmes = origine de travaux scientifiques variés en géographie (sur le système terre et sur son habitabilité et de ses nouvelles formes)

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