Les Frondes et la dispersion des pouvoirs (1648-1653) 

I) Origines de la Fronde

– Dans son Siècle de Louis XIV, Voltaire voyait la Fronde comme une révolte ridicule (1751). En réalité, ce fut la principale et plus grave révolte que le royaume ait connu avant la Révolution de 1789. On distingue trois Frondes : la « Fronde parlementaire » en août 1648, conduisant à la paix de Saint-Germain en mars-avril 1649, la « Fronde des princes » ouverte par l’arrestation sur ordre de la reine et de Mazarin des princes de Condé, Conti et du duc de Longueville (leur beau-frère), le 18 janvier 1650, et enfin la « Fronde condéenne », où le plus proche successeur au trône rejoignit l’armée espagnole. L’origine du conflit se trouve dans les tensions entre un gouvernement faible en période de régence et le maintien sous la houlette de Mazarin d’un « régime de l’extraordinaire » nécessité par la guerre ; ce nouveau système de gouvernement inauguré par Richelieu mettait en avant la raison d’État et la nécessité des décisions autoritaires pour financer et diriger la guerre contre l’Espagne. Mais après l’impopularité du ministériat de Richelieu, le Parlement aspirait à jouer un rôle politique, notamment financier, en collaboration avec le Conseil du roi. Le cœur de l’opposition se situait autour de la politique fiscale de la monarchie, qui tenta, à partir de 1644, de faire participer directement la bourgeoisie parisienne à l’effort financier qu’exigeait les campagnes militaires. À chaque fois, le Parlement résista, et parfois, refusa d’enregistrer ces nouveaux impôts qui frappaient en priorité les propriétaires parisiens.

II) La Fronde du Parlement de Paris (1648-1649)

1) Prémices de la Fronde, l’opposition à la fiscalité de guerre (années 1640)

– Mazarin mis en place une pression fiscale pour financer l’effort de guerre : édit du toisé qui imposait les bâtiments construits illégalement dans les faubourgs (1644), taxe des aisés (impôt sur les riches de 1644), édit du domaine qui s’appliquait sur les ventes d’immeubles (1645), édit du tarif qui portait sur les marchandises entrant dans Paris (1646) etc… Le tout imposé par un ministre italien et une reine aux origines espagnoles, qui ne plaisait pas du tout.

Les Clionautes multi-écran

Vous souhaitez lire la suite ?

Actifs dans le débat public sur l'enseignement de nos disciplines et de nos pratiques pédagogiques, nous cherchons à proposer des services multiples, à commencer par une maintenance professionnelle de nos sites.

Adhérer aux Clionautes pour accéder aux ressources disponibles dans l'espace réservé ne se limite pas à un simple réflexe consumériste.

La modestie de la cotisation demandée ne saurait donc constituer un obstacle pour un soutien à notre démarche.