Chapitre 2 : Pour une géohistoire des pratiques et des lieux touristiques

Être touriste, c’est développer des « pratiques » dites touristiques. Bien que le tourisme se développe dans des contextes sociaux et historiques différents, les géographes dégagent des pratiques assez similaires. La découverte, le soin (ou la cure) au XIXème siècle puis le jeu dans la 2ème moitié du XIXème, aujourd’hui les achats, la rencontre et la sociabilité. Chaque pratique se déroulant dans des lieux distincts.

I. La découverte : voir et visiter le Monde

La découverte touristique vient du « Grand Tour » qui est un voyage éducatif pour former les hommes à la connaissance encyclopédique du monde. Il sera popularisé par les artistes romantiques, ou encore les élites politiques avec des passages obligés comme Paris, Genève, la traversée des Alpes, le littoral Méditerranéen parfois ou encore Rome, la Toscane et Naples. Ceux-là forment ce que T. Velben appelle en 1899  la première «classe touristique».

  • A. Héritages et innovations

Au XVIIIème siècle, le peintre Hubert Robert peint de vieux bâtiments à Rome et en Italie, faisant naître la «ruine», ce bâtiment délabré qui a perdu en qualité esthétique mais gagne en puissance émotive. Au cours du même siècle, pour aller sur les traces du passé, une autre innovation voit le jour : c’est le musée. En 1719, Pierre-le-Grand milite pour sa création pour que le «peuple voie et s’instruise». Cette idée donne la notion de musée public dans les années 1770, processus qui ne sera pas enrayé par la Révolution française, même si les revendications culturelles ne se trouvent pas dans les cahiers de doléances. La dynamique se poursuit avec le Directoire et Napoléon qui grossit les trésors des Rois de France, notamment après les campagnes d’Italie. En 1803, le musée des Antiques devient le musée Napoléon et ouvre la Grande Galerie du Louvre.

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