La Bretagne – Fiche exemple, réalisée à partir de l’ouvrage d’Éric Janin, Les 18 régions françaises (Edition Ellipses) concernant la Réunion, la région Occitanie et la Bretagne.

La réforme territoriale de 2015, entrée en vigueur le 1er janvier 2016, a transformé la carte des régions françaises désormais composée de 13 entités métropolitaines — au lieu de 22 précédemment — et de 5 entités ultramarines — situation inchangée. Ce remodelage est l’aboutissement d’un long débat politique. Il devrait contribuer à donner plus de poids aux nouvelles régions « fusionnées » et ainsi les rendre plus compétitives face aux autres régions européennes. Toutefois, les inégalités demeurent et certaines d’entre elles demeurent mieux armées que d’autres dans le cadre de la concurrence internationale entre les territoires.

L’ouvrage propose :
• une introduction sur le processus de régionalisation, sur la réforme territoriale de 2015 et sur les pouvoirs des régions ;
• un panorama géographique complet et actualisé des 18 régions françaises, chacune abordée séparément, y compris les 5 régions ultramarines ;
• un croquis infra-régional (ville, estuaire, parc national…) et des données statistiques pour chacune des 18 régions ;
• une carte de synthèse en couleur de l’organisation spatiale de chaque région dans un cahier central ;
• un lexique des termes-clés.

Cet ouvrage s’adresse aux étudiants en géographie et en histoire, aux élèves des classes préparatoires aux grandes écoles et des IEP, aux candidats aux concours de l’enseignement et de la fonction publique, ainsi qu’aux enseignants en collège et lycée.

Non exhaustives, ces fiches permettent de mettre à jour nos connaissances sur ces 3 régions et permet t’étoffer des exemples pour les concours. Ces fiches sont utiles pour les concours externes du Capes et de l’Agrégation, internes et externes.

LA BRETAGNE

Source : Éric Janin,2017, Les 18 régions françaises, Ellipse.

La Bretagne : les paradoxes d’un développement territorial entre terre et mer. (pages 53-73)

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* Introduction :

-Situé à l’interface terre-mer

-Limites non modifiées par la réforme territoriale de 2015

-Conserve ses fortes spécificités paysagères, culturelles et éco en affichant une bonne santé démographique

-Tournant de son développement mais nombreux paradoxes :

  • Une maritimité marquée mais une région qui regarde vers Paris en oubliant « sa » mer
  • Un littoral confisqué par les activités touristiques au détriment de la population locale
  • Une grande région agro-alimentaire mais qui éprouve des difficultés à repenser son modèle
  • Une identité paysagère revendiquée mais un environnement meurtri voire saccagé…

=>Ces contradictions mettent en jeu la capacité de résilience des territoires bretons dans un contexte mondialisé.

I. Un « finisterre » ouvert sur le monde :

A. La Bretagne : »un bout du monde » ou « tête du monde ? »

  • Attractivité de la région en partie liée à son accessibilité.

Eloignement de la Bretagne des principaux centres d’impulsion et corridors d’échanges français et européens peut être perçu comme un facteur d’isolement

Ex : Brest aux confins du Finisterre à 590 kms et 5 heures de Paris.

=>la contrainte de la distance pose la question de l’accessibilité, conditionnant la question de l’accessibilité, conditionnant l’attractivité de la région.

  • Plan routier breton (1969) accompagne le développement économique en facilitant l’exportation des produits agro-alimentaires + la mise en tourisme des territoires.
  • La mise en deux fois 2 voies principales axes routiers orientés est-ouest+ la mise en service de l’autoroute des estuaires (A84) en 2003 réduisent les distances-temps vers les littoraux alors que l’amélioration en cours des axes du centre-Bretagne (RN 164 et transversales nord-sud) diminue l’enclavement* de l’intérieur.

=>Dépendance à la route est peu compensée par le réseau ferroviaire interne reliant Rennes aux villes littorales : ex : un trajet en train Brest-Nantes via Quimper dure plus de 4 heures contre 3 heures 40 par la route.

-Les liaisons aériennes vers Paris restent onéreuses. On ne compte aucun vol régulier transcontinental pour Brest, le premier aéroport breton (après Nantes).

Mais connexions plutôt bonnes vers les hubs européens.

-Le réseau 4G progresse, avantageant le bassin rennais et le littoral.

Projet fibre optique pour 2030 se donne pour mission d’améliorer l’accessibilité numérique.

 -Rennes, nœud et ferroviaire : favorisée par le tropisme parisien.

=>Mise en circulation (2017) d’une LGV entre le Mans et Rennes, complétée par la modernisation des lignes vers la pointe bretonne, rapproche la région des pôles français et européens : 1h30 pour Rennes-Paris au lieu de 2h10.

Carrefour routier, la capitale bretonne renforce son rôle de nœud ferroviaire de la région et se positionne pour entrer dans le cercle des métropoles européennes en se dotant d’un nouveau centre des affaires proches de la gare TGV (projet EuroRennes).

Augmentation du nombre de correspondances entre TGV, TER, trains inter-cités ou métros rennais, au sein de dix pôles d’échanges régionaux multimodaux, devrait en outre répondre à la très forte hausse du trafic sur le réseau TER breton.

Consensus entre les acteurs régionaux autour de la LGV renforce la centralité parisienne (possible délocalisation d’emplois de cadres bretons) et la dépendance de la Bretagne (renforcement du pouvoir de décisions de Paris sur la Bretagne) pour accroître ses capacités de développement autonome.

Question posée : celle de la rentabilité économique : les coûts engendrés par ce projet (3,4 milliards d’euros pour 182 km de LGV entre Le Mans et Rennes) seront-ils compensés par les retombées économiques et sociales d’une meilleure attractivité ?

-Le déni de maritimité limite les projets de développement à l’ouest :

  • Dans le secteur maritime : la Bretagne ne compte pas de très grands ports de commerce sauf Nantes Saint-Nazaire qui n’est pas breton mais irrigue son arrière -pays.
  • Alors que 150 navires transitent chaque jour par le rail d’Ouessant, « posé » sur la route maritime la plus fréquentée au monde.
  • Liaisons vers les îles réduisent l’insularité /Les lignes de la Britanny Ferries à Roscoff et à Saint-Malo connectent la Bretagne aux îles Britanniques et à l’Espagne.

=> Le désenclavement maritime de la Bretagne occidentale pourrait être assuré par le port de Brest qui diversifie ses activités (entretien de navires civils et militaires, importations d’hydrocarbures, de produits agricoles destinés aux élevages, de pondéreux, ouverture d’une ligne régulière avec le Havre, Anvers et Rotterdam dopant le trafic de conteneurs).

*Conclusion

-Envisager la Bretagne comme périphérie française et européenne : une question de représentations

-Sa situation géographique au cœur de l’Europe atlantique peut être considérée comme une « pointe avancée de l’Europe » (Jean Ollivro) sur le monde l’expression « bout du monde » ou « tête du monde ».

B. « Breizh, mao bro»(« Bretagne, mon pays ») : Identité et rayonnement culturels.

-Interaction entre le territoire et ses habitants : plus profonde en Bretagne que d’autres régions.

  • Être breton : d’abord exprimer son attachement à un pays. La celtitude : renouvelée depuis les ans 1970, se réapproprient d’abord ses symboles les plus visibles. Le « Gwen ha du» expose fièrement ses neufs bandes noires (pour la Haute-Bretagne à l’ouest) et blanches (pour la Basse-Bretagne) : rappelant les anciennes provinces historiques et ses hermines noires représentant collectivement la Bretagne.
  • Musique + littérature qui sonnent le réveil :Ex : le Festival interceltique de Lorient.

-Breton parle par environ 170 000 locuteurs. Son enseignement au sein du réseau des écoles de Diwan de Basse-Bretagne.

-Ensemble de la culture en Bretagne dynamisé par un tissu associatif et un bénévolat plus développé qu’ailleurs.

-Economie sociale solidaire : tient une place particulière : 2 000 coopératives, 300 mutuelles, + 10 000 associations dont les AMAP, Associations pour le maintien de l’agriculture paysanne= apparaît une singularité bretonne.

-A l’échelle des pays, ceux des « plou » ou « plo » (paroisse) des « lan » ou de « loc » (lieux consacrés à…) : identité bretonne.

Habitants se reconnaissent dans le cadre territorial des pays.

=>83% de la vie des Bretons s’opère dans un périmètre inférieur à 20 kms du lieu de résidence, autour des villes petites ou moyennes qui maillent la Bretagne d’où la pertinence des « bassins de vie »pour l’accès aux équipements, aux commerces et aux services de proximité.

-Pour autant, les Bretons non refermés sur leur identité.

  • Pays pour un Breton : c’est aussi la France, l’Europe et là où il se trouve.
  • Les Bretons sont europhiles et citoyens du monde. Leur origine est un métissage de peuples gaulois et gallois.
  • 330 festivals affichent cette ouverture aux autres
  • Ex : le Bout du monde à Crozon
  • Autres festivals les plus célèbres parmi les plus fréquentés en Europe :
  • Ex : le Festival Interceltique de Lorient.

 -A l’échelle internationale, le marketing* territorial : encouragé par les chefs d’entreprises.

  • Succès du label : « Produit en Bretagne » ex Breizh Cola de la société Phare Ouest, filiale de la brasserie.
  • 5-6 millions de Bretons revendiquent leur héritage culturel partout où ils sont : cette diaspora connectée (réseau social « Bretons du monde ») peut être un relai pour les entreprises bretonnes dans la mondialisation.
  • Ex : l’institut Locarn,club des chefs d’entreprises dont Jean-Jacques Hénaff,à l’origine du réseau DEB (Diaspora économique bretonne).

 C. L’attractivité bretonne : un trompe œil ?

-Un Milieu « naturel » au climat océanique tempéré et humide mais ensoleillé dans sa partie méridionale : celui du bocage, adapté à la pratique de l’élevage (Île-de-Vilaine 1er département laitier de France.

  • Sa dégradation lors des opérations de remembrement des ans 1960-1970, nécessitées par l’intensification des pratiques agricoles, illustre l’un des paradoxes bretons : une identification à un paysage : saccager même si la prise de cs faite.
  • Dans le département des Côtes d’Armor, 2 000 km de haies ou de talus : recrées sur 70 000 km arasés (220 000 pour la Bretagne, soit un tiers du total métropolitain).

-Le paysage littoral représente un atout formidable pour le tourisme :

  • 800 îles et îlots
  • Une juxtaposition dans un même lieu de formes très variées : anses sableuses, estrans rocheux, falaises, vasières

Ex : la Côte de l’Emeraude vers Dinard et Saint-Malo

-Typiquement breton : les abers ou rias (ex ria d’Etel) : sont des riches écosystèmes, lieux de conflits entre professionnels de la mer (conchyliculteurs, pisciculteurs, ostréiculteurs), plaisanciers (mouillage des embarcations) et néo-résidents (résidences secondaires).

-Depuis un siècle, ce paysage s’est façonné sous la pression du développement touristique.

-Attractivité touristique et migratoire de la « Breizh riviera » : l’une des clés du développement breton.

-2ème secteur d’activité (ap. agro-alimentaire) : tourisme = 4,8% de l’emploi régional.

8,1% du PIB breton en 2015.

-2015 :9 millions de touristes y ont séjourné, essentiellement des Français (85%) et des Européens (Britanniques, Néerlandais, Allemands, Belges).

-65% des nuitées réservées ciblent le littoral

  • Des stations balnéaires : Quiberon, Saint-Malo, Dinard… + Des ports offrant 70 000 mouillages : ports de la Trinité-sur-Mer …s’associent à la richesse du patrimoine naturel (2 700 km soit un tiers du littoral métropolitain) ou architectural (enclos paroissiaux, des cités médiévales…) et gds événements culturels.
  • L’urbanisme est modéré.
  • Le tourisme y est essentiellement familial et de villégiature : 72% des capacités d’accueil sont des résidences secondaires (= 20% des logements bretons) avec une forte progression depuis les ans 2000 sur le littoral sud notamment (70-80 % des logements d’Arzon en Presqu’île de Rhuys).

-Depuis 1968, la Bretagne retrouve son attractivité migratoire. Sur 40 000 nouveaux arrivants en moyenne chaque année depuis 2010, + de la moitié s’installe en zone littorale (thallassotropisme) et rétro-littorale.

  • Rennes et son département (Île-de-Vilaine) attire davantage des couples trentenaires avec enfants et des cadres (50% des offres d’emploi de cadres concernent l’Ille-et-Vilaine)
  • La part essentielle des migrations de pop retraitées en direction des zones d’accueil littorales, en particulier les îles et la côte sud du Morbihan (3,3% de croissance démographique annuelle dans le golfe du Morbihan) et du Finisterre (1,7% autour de Brest ou Quimper).Avec des revenus élevés, elle représente une masse financière favorisant l’économie résidentielle et touristique.

-Pression littorale introduit le « zoning » générationnel et social.

Sur les îles et dans stations balnéaires :résidences secondaires :occupées que quelques mois en haute saison, ce qui pose des questions sur la durabilité d’un tel schéma fondé sur le déclin de l’économie productive  au profit de celle de villégiature :

  • Autour de l’emploi : saisonnier, précaire, peu qualifié et peu rémunérateur
  • Autour de la spéculation immobilière : le renchérissement des prix du foncier et du m3 d’eau (4 euros en moyenne sur le littoral, jusque 8 dans les îles, l’un des plus élevés en France) accentue le déclin démographique de ces communes par éviction des locaux.

Ex :Doc 1 : l’île de Groix, les surfaces bâties X 3 entre 1938-2006 concernent surtout  des résidences secondaires (+ 50% des logements), occupent à la belle saison principalement par + 60 ans (40% de la pop contre 23% pour les moins de 30 ans) alors que la pop a été divisé par deux : 4 500=>2 360

=>L’éviction des pop les plus jeunes et les moins aisées accentue la ségrégation socio-spatiale et générationnelle.

  • A Carnac,à Quiberon ou à Dinard, qui perdent des habitants ,deux catégories de populations se côtoient en s’ignorant : de riches résidents d’un côté , des travailleurs peu rémunérés de l’autre .
  • Stations balnéaires, victimes de la balnéarisation (Arzon,le Crouesty….)sont vides hors saison mais elles multiplient leur population par 10 ou plus en haute saison.

=>D’où des difficultés de gestion liées aux surcoûts de fonctionnement que connaissent ces communes + congestion des villes et des transports côtiers l’été+ forte consommation de terres agricoles + artificialisation croissante des sols, le recul des activités traditionnelles+ conflits d’usage entre résidents et actifs, en particulier les agriculteurs accusés de générer des nuisances  et de la pollution.

=>Passer d’une économie de production à une économie touristique et de villégiature en zone littorale représente des risques

-Trois types de territoires régionaux peuvent être distingués à l’horizon 2030 :

  • Métropoles de Rennes et de Brest connaîtront une forte gérontocroissance mais pas un vieillissement .
  • Ce sera d’abord un phénomène rural des communes isolées de Centre-Bretagne hébergeront 35-40% de personnes de + 70 ans)
  • alors que le littoral connaît déjà les deux

II. Recomposition et accentuation des déséquilibres socio-spatiaux

A. Armor-Argoat : des disparités socio-spatiales croissantes

*Après le XIXe

-Après la Seconde Guerre mondiale : Pop s’urbanise et se littoralise et profite de l’ « effet sud »(héliotropisme, tourisme)

Au cours des 40 dernières années ,les communes rurales du centre -ouest continue de se dépeupler et dès 1968,le solde migratoire breton est positif.

-la discontinuité* de peuplement littoral-intérieur est à nuancer :

  • Certaines communes littorales huppées, les iles (sauf Belle-Île) et les villes-centres(Lorient, Saint-Brieuc récemment…)perdent aussi des habitants
  • La périurbanisation favorise l’émergence d’une troisième couronne au sein de l’aire urbaine de Rennes et depuis une dizaine d’ans, la reconquête démographiques des zones rétro-littorales,bien desservies par les axes routiers (arrière-pays de Vannes, de Lannion, de Brest,couloirs Rennes-Saint-Malo,Rennes-Saint Brieuc,Rennes-Vannes)

=>la croissance se déplace du littoral vers l’intérieur.

-La périurbanisation des zones rétro-littorales pose la question des mobilités.

-La croissance démographique des communes rurbanisées de l’intérieur renforce leur dynamisme (Guingamb, Chateaubriand…..) car elles accueille d’abord des couples jeunes avec des enfants mais renchérit leurs coûts en équipements et services tout en grignotant des terres agricoles par étalement urbain (accès à la propriété et goût pour les pavillons individuelles en lotissements). Cette urbanité est plus subie que choisie, car liée aux règles du marché de l’immobilier. Les actifs aux revenus modestes (ouvriers de l’agro-alimentaire ou de la sous-traitance automobile) s’installent en zone rétro-littorale alors que les espaces ruraux du Centre-Bretagne hébergent les ménages très modestes (ouvriers agricoles, retraités à faibles revenus).

-La périurbanisation pose la question d’une forme « d’exclusion de la mobilité » (J.Ollivro) en particulier des actifs aux revenus modestes, installés de plus au plus loin des pôles urbains qui subissent une hausse de leur coût de déplacement quotidien vers leur lieu de travail, et augmentent leur dépendance à la route.

-12 millions d’usagers du TGV et du TER par an font face à 10 millions de déplacements automobiles par jour.

-C’est l’une des spécificités de la Bretagne et un enjeu crucial pour son développement.

-Les Bretons utilisent beaucoup l’automobile d’où la modernisation des axes routiers reliant l’intérieur aux villes-centres rennais et littoraux, le développement des aires de covoiturage et des sites d’autopartage,la multiplication des liaisons interurbaines par autocars et le net essor du trafic du TER.

=>la mobilité au sein des bassins de vie est cruciale notamment dans le centre de la Bretagne.Les temps d’accès aux services de proximité y sont plus longs que dans le reste de la région. Le vieillissement y est plus intense. La capacité  des habitants à être autonome décline.

Dégradation démogaphique et économique du centre de la région en particulier la Basse-Bretagne centrale : préoccupante.

B. Haute-Bretagne ,Basse-Bretagne :la fracture grandissante

-A l’Ouest, la Basse-Bretagne sur le déclin souffre de détresse sociale.

  • La Basse-Bretagne (30% des Bretons) connaît un dépeuplement et des signaux d’inquiétude
  • Les plus faibles densités expliquent la faiblesse des équipements en matière de santé.
  • L’espérance de vie plus faible qu’ailleurs, l’isolement,la solitude des personnes âgées et des agriculteurs renforcent la détresse sociale et psychologique.

-La Haute-Bretagne dynamisée par les métropoles rennaises et nantaises

-Le désengagement de l’Etat et la dérégulation économique renforcent le processus de métropolisation à l’est.

-Le rôle rennais d’interface routière et ferroviaire motive les transferts d’activités (bases logistiques, sièges sociaux, industries agro-alimentaires) de l’ouest vers l’est depuis une quinzaine d’années, au risque de marginaliser la Basse-Bretagne.

Ex : Emplois stratégiques supérieurs à Rennes (20 000 environ) et à Nantes (25 000) alors que Brest (moins de 7 000).

Ex : étudiants  60 000 à Rennes contre 26 000 à l’université de Bretagne occidentale de Brest.

-La stratégie de métropolisation  définie dès 2005 par la CPRM (Conférence des régions périphériques maritimes) a pour objectif  de renforcer les liens avec les autres métropoles européennes ce qui revient à délaisser la logique maritime (projet d’une mise en place d’un Arc Atlantique) au profit d’une vision terrienne et centralisée du développement régional.

-D’où des projets d’aménagement  se X à l’est :

  • ligne LGV faite : cf LGV Bretagne -Pays de la Loire (2017)
  • liaisons ferroviaires Rennes-Nantes à long terme,
  • des centres des affaires (ex :le futur EuroRennes 2008/2025) ,
  • une nouvelle rocade sud pour 2030 ,
  • une nouvelle ligne de métro à Rennes pour 2020 (ligne B)

=>Rennes structure un réseau de villes selon un axe de développement métropolitain nord-sud,de Saint-Malo jusqu’à Nantes avec qui elle joue la complémentarité.

Brest rayonne essentiellement sur le Finistère (Quimper,Morlaix).

-Les métropoles de Rennes et Brest dégagent des spécificités : à l’une le numérique et à l’autre la mer.

-Leur statut de métropole (loi MAPTAM de 2014) tient moins à leur masse démographique modeste (Rennes 426 502 hab/Brest : 212 891habitants) qu’à la valorisation  de fonctions  métropolitaines.

-Offrant des services avancés dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la recherche et de la santé, des fonctions juridiques, administratives ou de commandement culturel, elles se démarquent.

  • Rennes : capitale régionale (cours appel de Rennes, conseil régional, siège de l’association des villes du nord-atlantique) longtemps porté par l’industrie automobile (Citroën) excelle dans le secteur tertiaire (télécommunication, économie du numérique, activités informatiques, conseils aux entreprises) et développe des infrastructures multimodales à l’interface Bretagne -métropoles européennes.
  • Brest,ville-arsenal dépendante de l’Etat se spécialise davantage dans l’innovation industrielle (équipement électronique, machines, énergie marines renouvelables) et occupe une place de rang mondial dans la recherche et l’économie marine, structurée par le pôle de compétitivité* « Mer Bretagne Atlantique » et des organismes reconnus (IFREMER, Institut français de la recherche polaire, Institut européen de la mer).

=> Effet d’entraînement sur la Bretagne ex financement de grands projets régionaux

Ex :le pôle de compétitivité rennais « VALORIAL » au service du développement et de l’innovation des entreprises agroalimentaires

Rennes soutient à hauteur de 7,3 millions d’euros par an le secteur du numérique avec la French Tech Rennes-Saint Malo.

-Cette dynamique ne permet pas aux métropoles bretonnes de concurrencer leurs homologues européennes du fait d’une trop faible concentration de fonctions métropolitaines et d’un faible cosmopolitisme démographique, en dépit d’un réel renouvellement de population à Rennes, d’une faible présence de groupes travaillant à l’international, et de l’absence d’un enseignement bilingue(français/anglais) de la maternelle à l’université.

C. Villes petites et moyennes face à la métropolisation ,une chance pour la Bretagne

– À l’échelle locale, les bassins de vie* structurent l’essentiel de la vie des Bretons.

  • La Bretagne : marquée par un réseau multipolaire dense composé d’une multiplicité de villes moyennes littorale (8 ont plus de 30 000 hab), de petites villes et de bourgs.
  • Cette particularité permet une répartition de la population plus équilibrée qu’ailleurs et évite à la Bretagne d’être un désert.
  • Ces villes, renforcées par la périurbanisation, structurent les bassins de vie qui répondent à l’essentiel des besoins en équipement et en service des Bretons alors que les emplois sont de plus en plus concentrés au sein des pôles urbains rennais et littoraux.
  • La Bretagne est exemplaire dans la construction de l’intercommunalité : 98% des communes ont intégré un EPCI et dans l’animation des 21 pays qui correspondent à ces bassins de vie* ou d’emploi, échelle privilégié par le conseil régional pour la mise en œuvre de sa politique territoriale.

-Les SCot calqués sur l’échelle des pays

Ex les pays de Saint-Brieuc définit plusieurs compétences (SAGE,SCot,actions contre les algues vertes )en ce calant sur cette échelle.

L’agglomération rennaise développe depuis plus de 30 ans le concept de ville-archipel : la ville-centre entourée de plusieurs pôles d’équilibre permettant aux habitants de profiter des potentialités d’une métropole et des aménités des petites villes en termes d’environnement, de services proches, de lien social selon une logique de développement durable.

-Corrélation entre la croissance démographique et la croissance économique des villes n’est pas automatique

Ex :Pôles secondaires (Vannes,Lorient,Quimper,Saint-Brieuc,Saint-Malo) se distinguent par des fonctions supérieures (enseignement supérieur,justice,spécialités médicales rares)

Ex :Trégor compte à peine 25 000 emplois au sein de son aire urbaine mais totalise près de 14% des cadres des fonctions métropolitaines régionales (record en France pour villes moyennes).

Fait original : l’emploi industriel est élevé dans les petites villes du centre Bretagne très dépendante de l’agro-alimentaire (Pontivy, Guingamp, Lamballe, Fougères…) et tournées vers l’exportation (Canon à Liffré…)

A l’est, stimulées par les métropoles rennaises et nantaise et bénéficiant d’une bonne accessibilité, Vannes, Lamballe, Vitré, Ploërmel, Dinard, Auray, Carnac cumulent forte croissance démographique et économique au détriment des villes de l’ouest.

-Les villes petites et moyennes s’organisent en réseau au gré des compétences qu’elles peuvent offrir aux acteurs économiques et sur les relations de proximité géographique ou du projet.

Cela se vérifie pour les mobilités, pour la coopération économique ou technopolitaine.

Au sein du pôle de compétitivité « Mer Bretagne Atlantique », entreprises et laboratoires de recherche tissent des liens mettant en complémentarité plusieurs villes dans un triangle Brest-Rennes-Lorient incluant Quimper et d’autres petites villes du littoral finistérien.

D’autres réseaux de villes se développent autour de l’université Bretagne-Sud, du secteur touristique, du nautisme (Vannes-Lorient-Quimper) et tissent des liens avec Nantes et d’autres villes du Pays de la Loire.

III. Le « modèle » breton : quelle durabilité ?

A. Crise et mutations de la filière agro-alimentaire

-La filière agro-alimentaire reste le principal moteur de l’économie bretonne.

  • Elle alimente 35% de la valeur des exportations bretonnes
  • Elle induit 40% des emplois industriels
  • Elle réalise avec l’agriculture 8% du PIB régional.

-Ceinture littorale représentent ex : 90% du tonnage français des choux fleurs

  • En 2014 et en 2016 ,la Bretagne 1ère région pour les productions animales (viande+ transformation).
  • 58% de tonnage national de viande de porcine :nord du Finistère ,zone de Lamballe à Pontivy
  • 43% pour les œufs
  • Un tiers des volailles
  • 22% pour le lait :Ille-et-Vilaine, Littoral sud

L’industrie de la viande représente 40% du chiffre d’affaires et la moitié des salariés de l’agroalimentaire breton (Bigard, Doux, Triskalia, Hénaff, Even) tourné essentiellement vers le marché français (plats préparés, aliments pour animaux, pâtes et pâtisseries industrielles).

Le secteur de la volaille s’essouffle par manque de débouchés à l’exportation .

Les établissements de transformation de la viande dans les villes petites et moyennes : sont l’activité structurante d’une majorité de bassin de vie en Bretagne intérieure.

-La Bretagne : 1ère région de pêche (aquaculture comprise)

représente un tiers des emplois

50% de la pêche débarquée en France

50% des huîtres

-1er Port de pêche français : Lorient concurrence avec Boulogne

– Lorient et ports bigoudens (Le Guilvenec,Loctudy,St Guénolé) jouent un rôle important ,suivis par les ports du littoral nord (Erquy,Saint-Quay-Portrieux).Concarneau, Douarnenez ou Saint-Malo déclinent mais restent importants pour les pêches lointaines.

-Le modèle agricole au bout de souffle : un agriculteur sur deux vit mal de son travail.

-L’agriculture bretonne est confrontée à la crise des prix : plusieurs facteurs : différentiel de charges défavorables, côte supérieur de la production de la main d’œuvre, poids des normes et règlementations françaises  handicapant la compétitivité des exploitations bretonnes face aux concurrents néerlandais, danois,flamands, allemands ou catalans ayant recours aux dernières innovations technologiques importées (soja du Brésil) ,l’emprise des coopératives ou des grands groupes agroalimentaires sur les producteurs , la baisse des prix imposée par la grande distribution et la fin des quotas laitiers exaspèrent un monde paysan à bout de souffle (manifestations de 2013 à 2015).

-Un tiers des agriculteurs bretons connaît une situation dramatique conduisant parfois à la faillite ou au suicide.

-Depuis 2000,leur nombre a diminué près de 25% .

-Agriculture : lien avec les pratiques d’élevage hors-sol , une alimentation industrielle et une forte dégradation environnementale (dénonciation de la pollution, scandale des algues vertes).

-Le décalage entre agriculteurs et IAA est croissant :

  • La base s’effondre alors  que les entreprises de transformation, en dépit des fermetures (usines Gad,Martine Harvest,Doux),résistent et poursuivent leurs investissements (exemples des usines de lait réalisées ou projetées à Carhaix par le groupe chinois Synutra ,ou à Guipavas près de Brest, par l’entreprise bretonne Sill.
  • La filière halieutique affronte une politique de réduction de sa flotte face à la raréfaction des ressources (quotas imposés). L’industrie du poisson (6 500 salariés) importe 80%des produits de la mer(Norvège,Afrique de l’Ouest ,Atlantique,océan Indien) qu’elle transforme.
  • Seule la pêche hauturière dispose des capacités financières suffisants (cas de la Scapêche,filière d’lntermarché )pour racheter les anciens armements industriels.

Se pose la question de la déterritorialisation (cas des usines de conserve Petit Navire aux Seychelles…) de cette filière , l’économie résidentielle et la protection de l’environnement : priorisées.

-La filière en mutations se recompose, des solutions de sortie de crise sont expérimentées.

– Mvt de concentration se poursuit .

  • Le nbre d’exploitations agricoles diminue : -33% entre 2 000 et 2010
  • La stabilité des surfaces agricoles traduit un agrandissement de ces structures ou un regroupement : 69% des agriculteurs sont en GAEC ou EARL en 2014 contre 47% en 2000.

-La filière s’oriente vers une dualisation :

  • Agriculture intensive dans des structures hors-sol de grande taille permet de conserver l’emploi dans les IAA. + Industrialisation de ces pratiques selon le respect de normes sociales (conditions de travail des salariés) et environnementales tout en gérant au mieux les énergies.
  • Agriculture et pêche respectueuses des milieux (paysage, eau, biodiversité) au sein de petites et moyennes exploitations, ciblant les productions haut de gamme plus rémunératrices se développent doucement. Cette territorialisation des pratiques garantit la pérennité de l’économie productive sur le littoral et en milieu rural par le maintien de l’emploi industriel au sein des pôles ruraux.

Ex :de réussite de ces pratiques

Progrès de l’agriculture biologique : 75 000ha, 2 300 fermes + des circuits courts

Ex : autour de l’agglomération de Lorient + de 15% des agriculteurs ont fait ce choix.

-Le  CEDAPA (Centre d’études pour un développement agricole plus autonome) restaure le savoir-faire agronomique sur les exploitations laitières en encourageant le recours à des aliments fabriqués à la ferme.

-L’entreprise Valorex en Ille-et-Vilaine distribue des graines de lin pour compléter l’alimentation des bovins, ce qui améliore la qualité de la viande.

-Le label Blanc-Bleu-Cœur (BBC) garantit la qualité nutritionnelle de plus de 1 000 produits selon les principes de l’agro-écologie (agriculture et respect de l’environnement).

-La coopérative Cooperl encourage les productions sans OGM et fournit les magasins Carrefour.

-La filière pêche tente de maintenir une activité durable ancrée sur les territoires sans compromettre la ressource : gestion concertée entre pêcheurs, scientifiques et autorités publiques(ormeaux de la côte nord du Finistère, coquilles Saint-Jacques en baie de Saint-Brieuc) ,nouvelles méthodes de pêche ou meilleure valorisation du poisson débarqué (arrêtes, peau, viscères).

-Les pôles de compétitivité « VALORIAL »à Rennes (mise au point de nouveaux aliments) et « Pôle Mer » à Brest (Valorisation des ressources énergétiques et biologiques) développent les fonctions supérieures de ces filières (stratégie marketing,analyse de marché,recherche et développement).

B. Trois défis économiques de la durabilité

-Ouverture économique à l’international reste limitée en dépit de potentialité.

-Bretagne face à un triple paradoxe :

  • Une forte ouverture culturelle mais un faible ancrage des entreprises à l’international
  • Des productions d’excellence conçus par les PME-PMI qui souffrent d’un déficit de visibilité
  • Une forte présence de la mer mais des exportations tournées vers le continent

-La part de la région Bretagne dans les échanges globaux est de 2,3% pour les exportations et de 2,2% pour les importations.(août 2019)

-Bretagne : 12e rang des régions françaises (2018) malgré une hausse des exportations depuis une dizaine d’années dans les secteurs de l’agroalimentaire(Lactalis, Doux, Cooperl),des équipements mécaniques, électriques, informatiques,des matériels de transport (Bolloré), de la cosmétique(Yves Rocher) ou de la chimie (Sabena Technics Painting).

-Partenaires commerciaux essentiellement européens et relations en retrait avec les BRICS :

  • 9% des entreprises exportatrices implantées à l’étranger en moyenne dans deux pays montre la faiblesse de l’ouverture à l’internationale
  • IDE bretons :deux fois moins investissements vers les BRICS que la moyenne française

-Des solutions existent :

Ex :le label « Produit en Bretagne » permet à 79 produits de trouver des débouchés dans 23 villes allemandes en fédérant dans un même projet 15 PME.

Implantées en Bretagne dans les ans 1960(déconcentration parisienne de la fabrication) ,l’industrie automobile, la construction et réparation navale, les télécommunications sont, avec l’agro-alimentaire,des piliers de l’économie régionale.

Secteurs : restructurations dans les ans 1990-2000 :

  • automobile exposée aux cycles de production
  • les télécommunications aux délocalisations
  • La construction navale dépend des commandes

Ces secteurs sont désormais  très concentrés

  • L’automobile (18 000 emplois) se localise dans le bassin rennais (80% des effectifs),regroupant es sous-traitants autour du site de production de PSA Rennes-La Janais(1er employeur privé de l’agglomération) et se restructure autour du pôle de compétitivité « IdforCar »(automobile du futur).
  • La construction et réparation navale civile et militaire constitue le 3e secteur industriel breton (13 000 emplois induits compris) avec un quart de l’emploi national et un tiers de l’emploi du bassin de Brest structuré par la DCNS, présente aussi à Lorient.
  • Dans les zones d’emploi de Brest et surtout de Lannion et Rennes(parc technologique Atalante),de grands groupes internationaux(Alcatel,Thalès,Orange,Sagem,Canon) ont hissé la filière des TIC au 2e rang national (40 000 emplois) en s’appuyant sur son pôle de compétitivité « Images et Réseaux ».

=>Innovation portée par qq laboratoires et par une centaine de PMEet TPE dans les secteurs clés de l’agro-alimentaire ,du numérique (Thalès,Alcatel-Lucent,campus innovation de Nokia en 2017 à Lannion) et des biotechnologies de la mer(Algopack à Saint-Malo et Felor à Vern-sur-Seiche,Olmix à Bréhan pour la valorisation des algues) = soutenue par une main d’œuvre bien formée.

Près d’un quart des Bretons de 15 ans et plus ayant terminé leurs études :diplômés du supérieur.

  • Quatre universités :deux à Rennes,une à Brest ,une à Vannes et Lorient : proposent des formations reconnues

Ex :les sciences de la mer et du littoral à Brest

  • Paradoxalement, les diplômés Bretons n’ont parfois d’autre choix que de s’exiler vers Paris du fait des salaires trop faibles,d’un manque d’emplois stratégiques,et d’une trop faible capacité décisionnelle en Bretagne.

-Maîtrise énergétique : un autre défi de taille

  • Situé « au bout de lignes » électriques, la Bretagne multiplie sa consomation par 4 depuis 1960 importe 89% de son énergie.

En profitant des vents, des marées(usine de la Rance) et des courants marins es plus forts d’Europe, la recherche de l’autonomie passe par l’éolien ( la Bretagne produit 10% de l’énergie éolienne française ) et par les énergies renouvelables.

  • Depuis 2008 : EDF en partenariat avec dix autres acteurs dont la région teste un procédé hydrolien novateur au large de Paimpol-Bréhat. En test jusqu’en 2020.
  • Brest : choisie pour accueillir la plate-forme technologique et scientifique nationale sur les énergies marines.

-Le Pôle « Mer Bretagne » soutient des projets

Ex : le projet du groupe lorentais Nass Wind Offshore pour l’installation de parcs éoliens au large de aint-Brieuc,Lorient,Guérande et Saint-Malo.

En Centre-Bretagne,le Mené,pays de 6 500 habs, a atteint 40% d’autonomie énergétique par le financement d’éoliennes, d’une usine de méthanisation et la valorisation de la biomasse, en créant des emplois sur plave et en diminuant la facture de chaque habitant de 900 euros par an.

=>Le défi énergétique breton mobilise des acteurs privés et publics autour de projets de territoires .Le programme « vir’volt ma maison »associe les collectivités locales du pays de Saint-Brieuc,le département et l’Ademe,pour la rénovation énergétique de l’habitat.

Le projet de centrale thermique à gaz,gérée par Direct Energie à Llandivisiau près de Brest a été lancé par l’Etat et la région : 450 millions d’euros.

C . L’enjeu environnemental

-Une dégradation environnementale ternit d’image de la Bretagne.

Facteurs connus : productivisme agricole, développement touristique littoral, périurbanisation*.

Les effets sont majeurs :

  • Paysages ruraux défigurés par le mitage
  • Bocage en lambeau
  • Littoral en voie de saturation
  • Pollutions diverses
  • Conflit en monde rural entre les exploitants agricoles et les néoruraux

-Enjeu crucial en Bretagne : la question de l’eau .

Rare et précieuse, l’eau potable provient des eaux de surface (à 80%),les nappes phréatiques peu présentes du fait d’un substrat granitique.

Les cheptels bovin, porcin et avicole bretons produisent près de 50 millions de tonnes de déjection par an dont les composantes se retrouvent dans les cours d’eau côtiers et dans la mer, pollués par les nitrates et le phosphore.

La nécessaire dépollution (une partie des habitants consomme encore des eaux aux teneurs en pesticides et nitrates non conformes) coûte cher aux consommateurs, notamment sur le littoral, en particulier dans les stations balnéaires. Restaurer la qualité écologique des zones humides (vasières, tourbières, marais, prés salés) des eaux bordières pour l’ostréiculture, et des plages touristiques(lutte contre les marées vertes sur les côtes de la Manche) :devenu impératif.

-La reconquête de l’eau avance depuis les ans 1990 :

  • l’action de l’agence de l’eau Loire-Bretagne, des collectivités territoriales et de l’association Eaux et Rivières de Bretagne,conjuguée aux efforts des agriculteurs, s’est traduite par une amélioration récente.
  • Part de la pop exposée à une eau non conforme par la teneur en pesticide passe de 38,9% (1997) à 4,7% (2008)  et 4,8% à 0,15% pour la teneur en nitrate.

-Efforts restent à fournir.

-Les CLE(Commissions locales de l’eau) chargées de l’élaboration des Sage(Schémas d’aménagement et de gestion de l’eau) et présidées par des élus locaux : un lieu d’affrontement entre les professionnels du monde agricole rechignant à modifier leurs pratiques et les associations protectrices raisonnant sur le temps long de la durabilité. L’Etat gère de son côté la crise par des mesures curatives au lieu de mesures préventives. Il assouplit les règles d’épandage du lisier et le seuil à partir duquel les élevages porcins nécessitent une autorisation d’installation, si bien que 90% d’entre eux n’ont pas besoin d’étude d’impact sur l’environnement pour s’agrandir.

-Deux parcs naturels régionaux d’Armorique et du golfe du Morbihan+ les îles : des laboratoires du développement durable.

  • Enjeu : préserver la biodiversité sans sanctuariser les territoires afin de maintenir une activité économique et des pratiques sociales.

Ex :le nouveau parc régional du golfe du Morbihan (2014) montre des difficultés pour une telle conciliation. Espace au patrimoine maritime et culturel remarquable, parsemé d’îles et d’îlots, soumis à une forte pression urbanistique (pôles urbains de Vannes et Auray), démographique (+80% de la pop en 40 ans) et touristique, sa protection et sa valorisation : visent à préserver l’équilibre par le maintien de la conchyliculture tout en maîtrisant l’étalement urbain ou la congestion en haute saison.

-Les littoraux sont aussi les premiers à subir les contraintes et les risques liés au réchauffement climatique (tempêtes, hausses du niveau de la mer).

-Les îles peuvent être des laboratoires dans lesquels il convient de gérer les coûts de l’insularité(eau, déchets, équipements, énergie) liés à la forte croissance des résidences secondaires, à la forte hausse des populations estivales, et au départ des populations locales jeunes, tout en préservant les paysages et les activités primaires comme a su le faire l’île de Groix.

*Un ouvrage :

Ollivro J.Projet Bretagne Editions Apogée Rennes 2010.

 

*10 points à retenir

-Une périphérie qui se rapproche des centres européens selon une vision terrienne du développement qui favorise le processus de métropolisation à l’est, autour de Rennes.

-Le caractère maritime de la Bretagne négligé par les décideurs en dépit des projets portant sur les énergies marines renouvelables ou biotechnologies

-La Bretagne au rayonnement culturel remarquable, fait de son image un atout marketing

-Le littoral, dynamique sur les plans démographique et touristique et marqué par l’économie résidentielle, connaît une forte pression urbaine

-La zone rétro-littorale profite de la croissance démographique tandis que le Centre-Bretagne connaît une dynamique plus défavorable

-Une fracture démographique et économique éloigne la Haute-Bretagne à l’est de la Basse-Bretagne à l’ouest

-A l’est, l’axe métropolitain rennais attire les investisseurs, et une population plus jeune et plus qualifiée que dans le reste de la Bretagne.

-Les villes petites et moyennes de la Bretagne intérieure sont dépendantes de la filière agro-alimentaire, en crise et en mutation.

-La mutation de l’économie productive passe par l’innovation dans les secteurs de l’agro-alimentaire, de la construction navale, du numérique, de l’automobile, et de l’économie maritime et par une meilleure ouverture à l’internationale des PME

-La reconquête de l’eau constitue une priorité en Bretagne.

 

La Bretagne