Introduction :

Depuis une quarantaine d’années, la Géographie a connu de profondes mutations. On peut ainsi dire qu’aujourd’hui, il n’y a pas « une » mais « des » Géographies. Pourtant, les géographes partagent un certain nombre de concepts, méthodes et outils qu’ils utilisent dans le cadre d’un double paradigme : le rapport espace/société (Géographie humaine) et le rapport société/environnement (Géographie physique).

chapitre 1 : L’espace

« Le concept d’espace est flou » : H. Regnauld. De nombreux Géographes définissent leur discipline comme une science de l’espace. En premier lieu, la Géographie serait la science de la spatialisation des phénomènes (sociaux, naturels, économiques, etc.). Plus généralement  et conformément à l’étymologie, la Géographie serait la science qui étudierait  l’espace entendu comme la surface terrestre. Dans cette acception, l’espace devient l’objet de la Géographie. Enfin, la géographie « expliquerait la société à travers ses dimensions spatiales » selon J.-J. Bavoux. Mais, ces définitions de la géographie posent problème car la géographie n’a pas toujours été spatiale (au XIXème siècle,, elle étudiait les rapports Homme/milieu naturel). Ce n’est qu’à partir des années 1950 qu’émerge l’idée que la géographie étudie les rapports de la société à son espace et dans les années 1960/1970 que l’espace devient véritablement « géographique ».

Qu’est-ce que l’espace géographique ? Il désigne d’abord une portion de la surface terrestre, une étendue physique concrète donc. L’Homme dépasse les contraintes de l’étendue physique. La première de ces contraintes est la distance. Une autre contrainte serait la présence d’un fleuve ou d’une montagne, une contrainte physique. L’espace physique ne se réduit pas aux milieux naturels mais leur sert de support.  Toute étendue physique présente des propriétés géométriques. Il est mesurable et permet de localiser n’importe quel objet. La mise en place de coordonnées permet de repérer un point, cette position absolue définit le site. On peut également déterminer la position d’un point par rapport à un autre, on appellera cette zone la situation d’un point.  L’espace géographique est aussi un « produit social ». Il est unique. P. Pinchemel parle à ce propos de spatialisation (ou mise en espace) pour désigner l’action volontaire des sociétés qui conduit à transformer l’étendue en un espace organisé. On parle d’aménagement. L’organisation spatiale renvoie par conséquent au fait que tout espace géographique possède un certain nombre  d’éléments structurants (limites, axes, nœuds…). Avec eux, chaque organisation spatiale est unique. Etudier une organisation spatiale revient donc à étudier le rapport espace /société. L’organisation spatiale est le produit d’une histoire singulière, comme le montre H. Théry qui étudie l’organisation spatiale du Brésil qui renvoie au modèle de l’archipel, résultant d’une histoire économique scandée par des cycles successifs. La définition de la géographie comme étude du rapport espace/société correspond à ce que l’on a pu appeler « paradigme de la spatialité «  (apparu dans les années 1950). La spatialité est définie par M. Lussault comme « la dimension spatiale de tout objet de société ». Pourtant, dire que chaque espace géographique est singulier ne signifie pas que l’on ne puisse pas retrouver des structures similaires d’un espace à l’autre.

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