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Université Savoie Mont Blanc
M1 2019-2020
Michel PAQUIER

 

Histoire rapide de la géographie – cours d’introduction à l’épistémologie

M1 Second degré – Epistémologie de la géographie – Michel PAQUIER – Septembre 2019

 

Introduction : Une tentative de définition

Quel constat après 150 ans d’évolution (depuis 1870) ? – La définition a évolué dans le temps, avec une coupure dans la première moitié du 20ème siècle : Comme le dit Rémy Knafou,

« la géographie a basculé dans le domaine des sciences sociales ».

⇒ Le passage d’une géographie ou l’aspect physique domine à une géographie qui se définit comme science sociale, est une des évolutions essentielles à étudier pour comprendre la géographie actuelle.

– Actuellement, il existe des définitions qui ne s’accordent pas totalement : pour certains la dimension « géographie physique » reste importante (Pierre Pech), pour d’autres, elle est devenue totalement secondaire (Brunet, Lévy, Lussault…). ⇒ Existe-t-il toujours « une » géographie ?

– Il semble y avoir un élément central dominant, malgré tout : l’espace et ses rapports avec la société et donc les hommes. Pour beaucoup, la définition de Ph. Pinchemel (« science de l’espace terrestre et de son organisation ») semble la plus opératoire, car suffisamment ouverte : le terme « organisation » permet de renvoyer à Brunet, et l’aspect physique, sans être expressément cité, n’est pas absent du concept « d’espace terrestre ». La définition de Jacques Lévy et Michel Lussault, qui voient la géographie comme la science qui étudie « la dimension spatiale du social », apparait pour certains plus réductrice car elle semble mettre de côté les aspects physiques (appartenant aux sciences de la nature) sauf à les considérer comme des « construits sociaux » ; par exemple la « nature » est à la fois un substrat physique, qui n’est pas du domaine de la géographie, et la perception ou la représentation de ce substrat par les sociétés, ce qui est alors du domaine de la géographie. La géographie est la « discipline de l’espace » (C. Bataillon) – même si pour certains il faudrait rajouter l’idée de « l’homme dans l’espace », comme l’histoire est la « discipline du temps » – même si pour certains il faudrait rajouter l’idée de « l’homme dans le temps » (ce qui ne veut pas dire que le temps est absent de la géographie, et l’espace de l’histoire… Vaste sujet de débat qui sera sans doute vu en épistémologie), et non d’un contenu scientifique précis. « L’espace », et plus particulièrement « l’espace géographique » (tautologie ?) après comme le concept central de la géographie actuelle.

– Cependant, si le géographe est parfois spécialiste d’une partie de l’espace (une région, un pays…), il est plutôt spécialiste d’un thème plus vaste, abstrait, en relation avec l’espace à différentes échelles (la ville en général, les réseaux, les espaces industriels…) ou d’uneapproche particulière (Augustin Berque : le Japon, certes, mais une approche culturelle, qui le conduit à s’intéresser au paysage, à l’urbanisme… au-delà du Japon).
 Cela permet de comprendre la multiplicité des points de vue, ainsi que des courants (chapitres suivants), la multiplicité des « disciplines thématiques » qui cadrent parfois mal avec une définition trop précise.

©Michel PAQUIER

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