De Harlem à Los Angeles, en passant par Detroit ou Chicago, les ghettos noirs s’embrasent au milieu des années 1960. Durant l’été 1967, une centaine d’émeutes éclate. Le 4 avril 1968, c’est la consternation : Martin Luther King est assassiné à Memphis. Alors que l’égalité juridique a été obtenue en 1964-1965 dans les États du Sud où la ségrégation sévissait depuis un siècle, les discriminations vécues quotidiennement apparaissent en pleine lumière. L’heure n’est plus au compromis. Le Black Power s’affirme.

Aux origines du Black Power

L’auteur : Pap Ndiaye est professeur à l’Institut d’études politiques de Paris. Il a publié Les Noirs américains. En marche pour l’égalité (Gallimard, 2009).

À partir du milieu des années 1960, le mouvement Black Power fait la une de l’actualité américaine en présentant une facette plus violente de la revendication noire que le mouvement pour les droits civiques porté par Martin Luther King. Après de longues luttes, les lois d’égalité civile et civique sont votées en 1964 et 1965. Les Américains assistent à l’explosion de nouvelles formes de protestations beaucoup plus radicales. Le Black Power s’enracine dans l’histoire politique des Noirs américains dans les mégapoles du nord et de l’ouest des États-Unis depuis le début du XXe siècle et la « grande migration », qui mena les noirs des campagnes du Sud vers les villes industrielles du Nord.

Naissance des ghettos

Vers 1900, la majorité de la population noire est concentrée dans le Sud rural. Après la Première Guerre mondiale, beaucoup de Noirs du Sud s’installent dans les centres industriels du nord des États-Unis.

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