Inspirée de l’ouvrage Les 100 notions du XIXe siècle européen de Yannick Ripa (Belin), cette fiche reprend les notions fondamentales que se doit de connaître le candidat aux oraux du CAPES.

 

I) Régimes et institutions

Démocratie

Régime politique dans lequel la souveraineté appartient au peuple (ensemble de citoyens égaux en droits). Elle existe par opposition à la monarchie et à l’aristocratie. Trouvant ses origines dans la Grèce antique, elle est une idée avant d’être une pratique institutionnelle.

Dans l’Europe moderne, 2 événements sont fondateurs de la démocratie : la Déclaration d’indépendance américaine (1776) et le récit des pratiques qui en découlent par Alexis de Tocqueville dans les années 1830.

Comme le nombre de citoyens rend impossible la démocratie directe, le peuple est amené à se prononcer sur des questions ponctuelles (référendum, plébiscite) ou pour élire ses représentants. On considère que plus le suffrage est large, plus la démocratie est avancée.

Démocratie et république ne sont pas synonymes ! Tout comme monarchie et démocratie ne sont pas incompatibles (Grande-Bretagne, monarchies scandinaves).

 

Suffrage

Le suffrage est l’acte par lequel on affirme sa volonté et son opinion lors d’un vote. Il sert souvent à désigner des délégués pour les assemblées ou le chef de l’exécutif. Le suffrage peut être direct ou indirect (grands électeurs accomplissent la désignation finale).

Pour les démocrates, le droit de vote est naturel et sacré. Les citoyens ont pleine souveraineté quand le suffrage est universel. Seuls le jeune âge et la notion d’indignité (consécutive à un jugement) sont des critères admis d’exclusion du vote. Dans le cas du suffrage universel, il n’y a plus de distinction entre pays légal (acteurs de la vie politique, électeurs) et pays réel (ensemble des citoyens).

Les revendications de l’élargissement de l’électorat va dans le sens d’une démocratisation de la société. Cet élargissement se pense d’abord au masculin (chartisme en Angleterre, 1836 ; campagne des banquets en France, 1848). Le « suffrage universel » français de la IIe République en 1848 exclut les femmes (soit la moitié du pays réel). De cette exclusion naît le mouvement suffragiste qui rallie l’ensemble des mouvements féministes à partir des années 1900. En 1914, seul le Danemark possède un vrai suffrage universel.

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