Daniel BALOUP, David BRAMOUILLÉ, Bernard DOUMERC, Benoît JOUDIOU Les mondes méditerranéens au Moyen Âge, VIIe-XVIe siècle, A. Colin, 2018

Introduction :
Pour cette période et l’espace étudié, l’idée est de sortir d’une vision binaire opposant l’islam à la chrétienté car les relations sont bocoup plus complexes. « Ma Méditerranée est belle car elle est multiple » disait un auteur tunisien et c’est ce qu’il faut voir dans ce triplex confinium entre l’Afrique, l’Asie et l’Europe.
Les changements de capitales, les échanges commerciaux amènent de fait un métissage à nuancer tout de même par des refus de différences entre les différents empires, ce qui mène à des affrontements.

Première partie :  ACCAPARER ET INTEGRER LES ESPACES

Chapitre 1 : La dislocation de la Mare Nostrum

Une mer romaine du VIe au VIIe siècles

La Méditerranée est le cœur du monde romain à cette période même si le danger des invasions pointe : peuples germaniques venus des steppes. Ceci dit les royaumes barbares n’ont pas investi les mers. Le royaume vandale est maître de l ‘Africa romaine et menace la Sicile et les îles occidentales. Ostrogoths en Italie sont rivaux des Romains d’Orient en Adriatique mais sans confrontation majeure. Les Francs ont eux des ambitions méditerranéennes comme en témoigne l’alliance des fils de Clovis avec l’empereur des Ostrogoths dans les 530’s. La romanité résiste = soulèvement des cités romaines du sud de l’Espagne contre les Wisigoths. Les cités sur les littoraux résistent mieux comme Thessalonique par ex. Reconquête de Justinien → destruction du royaume vandale, ostrogoth et intervention limitée des Wisigoths.

Translatio imperrii = Constantinople est le cœur de la romanité impériale. Les provinces reconquises deviennent des exarques (circo administrative de l’empire romain d’Orient en Africa et Italie) avec des gouverneurs qui représentent l ’empereur est ont une autorité civile et militaire. Mais délitement des structures impériales s’accélère. Ceci dit la flotte romaine est encore vaillante car elle repousse les Arabes en Egypte en 641-2.

Un espace de confrontation (VIIè-XIIè siècles)

Pas de puissance maritime majeure pour s’opposer aux Romains avt le VIIè s. Les Arabes semblent tourner le dos à la mer qu’ils ne connaissent pas. Sous impulsion du calife omeyyade Mu’awiya après 659, une flotte est construite en employant en partie des ouvriers et des marins romains des provinces conquises. En 718, c’est donc par la mer et sur terre que Constantinople est assiégée par les Arabes. Conception de la Med romaine change = c’est mnt un endroit d’où vient le danger. Les razzias ravagent les littoraux. L’empire perd le contrôle des provinces orientales de la Syrie et de Palestine, de toute la rive sur de l’Egypte à l’Africa = partition définitive de la Med.

Arabes étendent leurs conquêtes jusqu’à l’Africa byzantine, les Lombards prennent l’Italie centrale (Ravenne en 751) et la papauté s’en remet aux Francs. En 800 Charlemagne reçoit la dignité impériale et rétablit l’empire romain d’Occident. Deux sphères d’influence qui se partagent la Med = partition du mare nostrum en 812, mais ça ne correspond pas à la partition ecclésiastique.
Lien de l’empire carolingien et ensuite celui d’Otton avec la papauté qui demande de l’aide en 870 face à la piraterie sarrasine. Cet appel est doublé par un appel à l’empereur de Constantinople.

Empire byzantin entreprend une reconquête de l’Adriatique et fonde de principaux thèmes (circo militaire de Byzance) comme celui de la Dalmatie vers 870.
L’Italie demeure quant à elle une terre singulière = Constantinople a la légitimité impériale mais l’empereur de Byzance continue de réclamer les terres italiennes à Otton Ier au titre de l’exarchat de Ravenne. Les relations s’améliorent finalement avec mariage d’Otton II et la princesse impériale byzantine Théophanô.

Si on fait le point = la Med est partagée entre latins et byzantins. Vient bientôt s’ajouter la piraterie sarrasine. Les Arabes s’installent ds la plupart des îles occidentales : Corse et Sardaigne. Les pop° locales abandonnent alors le littoral et se réfugient dans le terres, régions montagneuses. Razzias sur les littoraux, les Arabes s’y installent parfois comme en Provence au Xè siècle. Plus grand succès = 904, prise de Thessalonique. Entre les IX et X è siècles les Byzantins et Arabes se disputent les grandes îles méd. Orientales. Contrôle du détroit de Messine est un enjeu majeur pour les Byzantins (la Sicile était aux Arabes de 827 à 902).

Irruption de nouveaux acteurs (XI-XIIè siècles)

– Turcs qui placent sous leur tutelle le califat abbasside de Bagdad et investissent l’Asie Mineure byzantine (Mantzikert, 1071).
– Italiens investissent le commerce oriental et sont les 1ers à envoyer des marchands en Orient vers Alexandrie et Constantinople. Ils s’installent en Corse et Sardaigne après avoir battu la piraterie sarrasine.
– Expansion spectaculaire de Venise (protection impériale via traité de 1082), elle devient maîtresse de l’Adriatique. Elle obtient un quartier et des privilèges à Constantinople.
– Les Normands : engagés comme mercenaires par les Lombards. Réconcilié avec Rome en 1059, le comte normand Robert Guiscard a désormais les mains libres pour liquider la présence byzantine en Pouille (Bari, 1071) et la Sicile musulmane tombe entre les mains normandes à la fin du Xiè s. Menace normande est tellement grande que l’empereur byzantin Manuel Ier Comnène décide de débarquer des troupes dans la ville italienne d’Ancône en 1155 afin d’envahir le royaume normand d’Italie du Sud, c’est un échec.
– Il faut bien voir que le tropisme italien est fort.

Les trois premières croisades emprunteront les routes byzantines. Ce sont des expéditions menées au nom de tte la Chrétienté mais elles sont considérées avec méfiance puis hostilité par les Byzantins. L’alliance prend fin en 1096-7 avec l’installation des Latins à Antioche. La traversée des Balkans par les armées de la croisade est compliquée en 1147 et hostile en 1189-1190. Croisades ne rassemblent pas la chrétienté contre un ennemi commun mais accroissent les divisions entre les deux anciennes parties du monde romain.

Ds le mm tps les relations entre Constantinople et les Italiens se tendent. Le marchand vénitien devient le symbole du marchand latin méprisable, les Pisans et les Génois subissent l’attaque du qur latin de Constantinople en 1182. Constantinople devient une ville haïssable pour les croisés et les Italiens, ce qui contribue au sac de la ville par les croisés et les Vénitiens en 1204.

Recul de la présence impériale en Méditerranée (XIIIe siècle)

Constantinople perd sa place centrale en Med. Michel VIII Paléologue renoue avec une poltiique méd d’envergure après la conquête de la ville en 1261 et s’allie aux Génois face aux Vénitiens, il soutient les opposants aux Angevins en Sicile (révolte des Vêpres siciliennes, 1282).

Empire byzantin perd peu à peu le contrôle des détroits et les Vénitiens et les Génois s’installent autour de la mer Noire. L’empire est par ailleurs confronté au Turcs ottomans en Asie mineure. Il y consacre toute sa défense terrestre et y envoie mm ses marins au XIVème siècle. En somme l’empire byzantin devient la proie des Latins et des Turcs.

L’empire occidental prend ses distances avec la Méditerranée. Seul Frédéric II (1215-1250) se comporte comme un empereur romain et méditerranéen. Il traite avec le sultan d’Egypte qui lui remet Jérusalem en 1229 après la « croisade » de l’empereur. Il s’entend avec l’empereur grec de Nicée Jean III à qui il marie sa fille, alors que Nicée est l’adversaire de l’empereur latin de Constantinople. La papauté en fait après 1239 son ennemi juré. Ses fils sont pourchassés après sa mort et en 1226, l’invasion angevine en Italie du Sud et en Sicile détruit son héritage.

→ la mare nostrum en tant que réf commune à l’empire romain a vécu.

1. Les Lombards : le renouveau de l’Italie

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