Le tourisme de masse est un fait mondial. Alors que les touristes n’étaient que 50 millions en 1950 et essentiellement occidentaux, ils sont désormais plus d’un milliard de par le monde (2012)1. Représentant 12 % du PIB mondial et presque autant en termes d’emplois, le tourisme est la première industrie planétaire avec une croissance de 15% par an. Dans ces conditions, la mise en œuvre des pratiques touristiques transforme les territoires (infrastructures, équipements et aménagements spécifiques) et contribue, à elle seule, à 8% des émissions de gaz à effet de serre. Partant de ce constat, Sylvie Brunel (géographe, économiste, spécialiste des questions de développement et professeur à Paris-IV Sorbonne) a entrepris en 2005, avec mari et enfants, un tour du globe en quarante jours qu’elle retrace dans son livre La planète disneylandisée. Chroniques d’un tour du monde. Contrainte de quitter sa maison de la Drôme privée d’eau chaque été « par le réchauffement climatique ou les forages privés », la famille a alors visité les hauts lieux du tourisme mondial : la Grande Barrière de corail, les geysers assoupis et autres fumerolles du parc naturel maori de Rotorua en Nouvelle-Zélande, l’atoll de Bora Bora, le quartier de Venice à Los Angeles. Elle a admiré des tortues s’épuisant à déposer dans le sable des plages du Costa Rica leurs chapelets d’oeufs blancs éclairés par les lampes-torches des guides commentant l’opération en direct, escaladé le Corcovado sur la baie de Rio et s’est extasiée devant les chutes d’eau d’Iguaçu. Ce périple a été élaboré de « manière très professionnelle » par une enseigne voyagiste avertie pour distraire les millions de touristes à la recherche de la « nature sauvage » incarnant « l’harmonie d’un monde perdu ». En effet, « l’industrie touristique – la troisième du monde – a compris qu’il fallait offrir au touriste de l’exotisme et de l’authenticité. C’est un vrai paradoxe : de plus en plus de personnes voulant voyager autrement, les voyagistes ont créé des produits originaux : tourisme vert ou “responsable” dans des lieux présentés comme vierges ou vrais. C’est le message ambigu de certains guides : « N’allez pas où vont les touristes. » Pourtant, ils sont vendus par millions d’exemplaires ! ».

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