C’est à partir de 1170, au Portugal, qu’est octroyé à certains Maures vaincus le statut leur conférant liberté personnelle, autogestion communautaire et continuité culturelle, en échange de charges fiscales et d’incapacités juridiques qui les infériorisent et donc les singularisent.Ainsi naît une situation ambiguë : une minorité (au sens juridique) de culture incontestablement étrangère mais reconnue comme partie intégrante de la société et implantée à perpétuité, tout en étant maintenue dans son altérité.

Aborder le problème des mudéjares portugais, c’est affronter une documentation maigre et rebutante jusqu’au milieu du XIVe siècle ; comme souvent en ces cas, l’attention des historiens est proportionnellement inférieure à la documentation disponible, surtout au Portugal, pays où les débats relatifs à l’identité ibérique n’ont pas autant focalisé l’attention qu’en Espagne.Malheureusement, cette relative absence de polémique n’implique pas pour autant que les problèmes induits par la présence des mudéjares aient toujours été posés correctement.

Sur une base documentaire étroite et avec des orientations de recherche encore à définir (ou redéfinir), on ne peut pas aller très loin. Mais la thématique de ce colloque offre l’opportunité de débroussailler le terrain dans le bon sens, étant donné que les sources concernant les mudéjares émanent en totalité des autorités chrétiennes et que l’on peut donc pour une fois les aborder franchement pour ce qu’elle nous offrent, c’est-à-dire la définition d’un groupe par ceux qui lui sont extérieurs, ce qui est la notion même de l’étranger.

La définition juridique des « Maures libres », un élément de différenciation

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