Quartier des spectacles Montréal

Sous la direction de

  • Nathalie FABRY
  • Virginie PICON-LEFEBVRE
  • Benjamin PRADEL

Le but de cette étude qui rassemble une douzaine d’articles d’universitaires d’horizons différents (géographie, urbanisme, économie, architecture,…) est d’analyser à travers le prisme du concept de “narration touristique” les conséquences qu’ont le tourisme et les loisirs sur l’évolution des espaces urbains et de leurs pratiques grâce à leur capacité à attirer et retenir les touristes.
La première partie de l’ouvrage regroupe trois textes qui traitent de l’aménagement des territoires périurbains sous l’influence des parcs à thème. Ces sites nécessitant de vastes étendues planes, ils se localisent logiquement dans des territoires périurbains et doivent être accessibles par divers modes de transport. Les opérateurs touristiques produisent des lieux gigantesques ancrés dans un territoire qu’ils transforment en polarisant l’activité économique autour d’eux et en imposant leur narration ludique aussi bien aux touristes qu’aux habitants. Ils font donc “site”, les parcs à thème relevant d’un processus de “glocalization” (Soja, 2010), c’est à dire qu’ils relèvent d’un modèle global qui s’adapte aux conditions locales.
Dans « Neoliberalisme, mondialisation de l’industrie du jeu et création d’espace urbain : Réflexion à partir de la stratégie globale de Las Vegas Sands Corporation », les géographes Salvador Anton Clave et Nacima Baron à travers l’analyse de l’expension mondiale de cette compagnie nord-américaine du secteur du jeu étudient le processus de mondialisation du divertissement et son modèle d’insertion territoriale en s’appuyant sur le projet finalement abandonné de Madrid en Décembre 2013.
Depuis la seconde moitié du XXeme siècle, le loisir est devenu un produit de consommation. Cette vision commerciale du loisir crée une forme d’investissement dans l’expérience de divertissement associé à la mobilité touristique (Sharon Zukin, 1991).
Pour en revenir au projet abandonné de Las Vegas Sands Corporation, au départ il traduisait la volonté d’une entreprise d’établir un monopole local. L’abandon de ce projet est le résultat de négociations asymétriques entre les autorités publiques et l’entreprise.

S’opposer à ce type de projet c’est donc un moyen pour la puissance publique de contrôler à nouveau l’usage du sol.
Dans « La ville Disney : entre nostalgie et futurisme », Virginie Piron-Lefebvre, architecte-urbaniste, s’interroge sur le partenariat de DisneyLand Paris avec le centre urbain de Marne-la-Vallée afin d’en faire un des pôles majeurs de développement de l’Est parisien.

À la base, DisneyLand est un parc d’attraction destiné à accueillir les familles. Il s’agit de les faire renouer avec l’atmosphère joyeuse des petites villes américaines d’avant-guerre. D’où la mise en place d’un processus de réinvention des formes urbaines.
À partir du premier parc crée en Californie, Disney décide pourtant de se détourner de cette voie et de ce lancer dans un projet plus vaste comprenant entre autre une ville expérimentale en s’appuyant sur les transports en communs qui relieraient les centres d’affaires aux quartiers périphériques. Mais le décès de Disney en 1966, va rabattre les cartes.
Il faut bien garder en tête que si Disney vient en Europe c’est pour « faire de l’argent » (Robert Fitzpatrick, 1987-93) d’où la nécessité pour lui de trouver une localisation idéale afin de faire venir le maximum de visiteurs.
Le premier projet sur les terrains de la future Cité Descartes est abandonné suite à une opposition municipale , néanmoins une partie de ces terrains, le secteur IV, reste libre. En 1986, un nouveau négociateur arrive mais néglige les volonté de l’établissement public. Pour la France, il s’agit surtout de soutenir l’activité à l’Est de Paris d’où des investissements importants en infrastructures. Pour des raisons techniques, le plan joint à la Convention de 1987 a été profondément remanié mais il a surtout servi à déterminer les phases d’aménagements et les territoires…

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