Cyberespace et géopolitique. Ce texte rend compte de nombreuses études en cours et de lectures approfondies. Les idées présentées n’engagent que moi et non les auteurs, à moins que je les ai cités. Il s’agit de combler des vides et de donner à réfléchir autour du cyberespace et de ses interactions avec la géopolitique. Volontairement je livre le propos sous la forme d’un pdf afin de faciliter la lecture sur support numérique, de rendre possible l’impression de ces 20 pages. En outre de nombreux liens ont été insérés, ils sont opérationnels et permettront, je l’espère, de pousser plus avant la réflexion. En fait la seule question qui se pose est de savoir si vous oserez télécharger le virus …

Cyberespace et géopolitique

 

Lorsque les cinéastes ou la DATAR s’essayaient à anticiper l’avenir dans les années 1980, robots ou voitures volantes revenaient en boucle, comme si Fritz Lang et son Metropolis avait imposé un modèle définitif. L’explosion d’internet fait partie de ces éléments décisifs dont l’écrasante prégnance est devenue incontestable à défaut d’avoir été anticipé, du moins dans les pays les plus développés. De quelques millions au début des années 1990, le nombre d’utilisateurs est en effet passé à plus de 3 milliards aujourd’hui. Ce nouvel espace que l’on associe aisément à l’intangible, mérite qu’on s’y attarde au-delà des évidences, souvent trompeuses. Du latin spatium, l’espace a d’abord renvoyé à une notion de temps, de moment, avant d’évoluer petit à petit vers une notion de lieu, voire de milieu. En philosophie, de Kant à Bergson pour ne citer qu’eux, le terme est caractérisé par ses extériorités, par ses étendues finies. C’est aussi le milieu idéalisé de nos perceptions, contenant tout ce qui est concevable.

L’espace peut avoir quelque chose de rassurant dans ce qu’il est défini, limité par nos perceptions. C’est de manière plus tangible l’un des objectifs réaffirmés du traité d’Amsterdam de 1997 que d’UE garantisse « une espace de liberté, de sécurité et de justice » ; ceci était déjà présent dès le Traité de Rome, dans son article 61 (1957).
Associée au préfixe cyber, la chose est nettement plus anxiogène. Ainsi en 2007, l’Occident découvrait, médusé, qu’un État, l’Estonie, pouvait être totalement paralysé par une attaque informatique de grande ampleur. Après 2010, la divulgation du programme Olympic Games, visant à attaquer le programme nucléaire iranien via le ver informatique Stuxnet, mettait sur le devant de la scène deux acteurs étatiques, USA et Israël. Ces deux puissances avaient usé du cyberespace comme d’un moyen de parvenir à des fins stratégiques majeures.

 

Comment le cyberespace impose-t-il une nécessaire réflexion autour des diverses échelles des enjeux géopolitiques ?

 

Avant tout chose, il sera nécessaire de prendre la mesure pleine et entière des concepts appelés à être développés. Ce faisant, il sera possible de mettre en relation les acteurs et forces dialectiques en jeux avant de passer en revue quelques études de cas afin de parfaire ce tableau initiatique.