Jean-Maurice Bizière, Pierre Vayssière

Histoire et historiens

Manuel d’historiographie

(pp.192-272)

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  1. De l’histoire « scientiste » à l’histoire « méthodique »
    • La tentation scientiste

Mi-XIXème siècle, les progrès des sciences naturelles (Darwin et la sélection naturelle, Herbert Spencer et l’évolutionnisme) imprègnent les historiens :

  • Ernest Renan (1823-1892) a écrit L’avenir de la science (1849), un ouvrage qui expose quelques idées scientistes de l’époque : seule la science permet d’accéder à la vérité ; toute vérité est de type historique et n’est que le reflet de son époque ; la religion sera remplacée par la philologie. Il est surtout connu pour la très controversée Vie de Jésus (1864) où il envisage la biographie du Christ comme celle de n’importe quel autre homme et soumet la Bible à un examen critique comme n’importe quel autre document historique. Il s’éloigne ensuite du modèle naturaliste pour défendre une idéologie conservatrice.
  • Hippolyte Taine (1828-1892) a écrit une Introduction à l’étude de l’histoire expérimentale (1866), un manifeste scientiste où il défend une méthode de critique littéraire proche des sciences de la nature (en isolant les faits, en les classant et en étudiant leurs relations) qui permettrait d’expliquer les sociétés et les individus par « la race, le milieu et le moment », donc par une forme de déterminisme. Par exemple, dans l’ouvrage pour lequel il est le plus connu, les Origines de la France contemporaine (1875), il essaie d’expliquer la France de son temps par le passé national.
    • L’histoire méthodique: une histoire analytique

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