L’ouvrage fiché ici est la traduction française du premier volume de Religions of Rome (sous-titré : A history ; le second portant sur l’édition de sources), paru à Cambridge en 1998, qui a reçu un accueil particulièrement enthousiaste lors de sa première parution. L’ouvrage propose un parcours chronologique de la Rome royale à la chute de l’empire romain. C’est un tableau général de l’évolution de la religion des Romains, c’est-à-dire de leurs cultes, de leurs croyances, de leurs pratiques et de leur utilisation à des fins politiques. Sa lecture constitue donc un apport majeur pour le sujet du CAPES d’histoire et de l’agrégation de géographie.

Chapitre 2. Impérialisme triomphant et changement religieux

L’interprétation du changement

Une transformation profonde des relations entre les Romains et le reste du monde méditerranéen entre le milieu du IIIe siècle et le milieu du IIe siècle av. J.-C.

  • En 241 av. J.-C., après la Première Guerre Punique, Rome conquiert la Sicile. Par cette victoire contre Carthage, Rome s’impose comme la grande puissance de la Méditerranée occidentale. Sur le pan oriental, Rome ne domine pas encore les royaumes hellénistiques. L’Italie du Nord reste aux mains de tribus indépendantes et Rome n’a encore aucune prise en Gaule, Espagne et Afrique du Nord.
  • Un siècle plus tard, la situation est toute autre. Par une succession de guerres menées entre 218 et 187 av. J.-C., Rome a considérablement étendu son influence territoriale (même si elle est souvent informelle). Rome devient l’incarnation de la cité triomphante pour ses contemporains. L’extension de son contrôle territorial implique des changements politiques (échelle de décision internationale, réception d’ambassades du monde entier…), mais aussi religieux.  Les dieux sont des membres à part entière de la cité antique, ils forment avec les citoyens mortels la communauté civique. Les triomphes rendus en cas de victoire militaire permettent de cultiver la bonne entente avec les divinités, de leur rendre hommage mais aussi, aux yeux des citoyens mortels, de justifier leur système religieux et de croyances. « Le succès de Rome était le succès des dieux », et forcément de l’ensemble de la communauté civique.

Pendant le IIe siècle av. J.-C., la société romaine connaît de profondes transformations. L’influence grecque est considérable dans la culture romaine, y compris dans la sphère religieuse. De plus, pendant cette période, le caractère de la population romaine change et se complexifie. Cela s’explique par un double processus : d’une part l’extension de la citoyenneté romaine à d’autres communautés italiennes et d’autre part l’accès à la citoyenneté des esclaves affranchis. La religion ne jouait-elle pas un rôle essentiel afin d’intégrer ses nouvelles populations au mode de vie romain ?

L’historien de la religion romaine profite de sources riches pour comprendre la vie religieuse de la période surtout pour les années comprises entre 218 et 167 av. J.-C. (qui comprennent la Seconde Guerre Punique et les grandes victoires de Rome en Orient) grâce aux livres de Tite-Live (les livres XXI à XLV). Ces livres assez lourds sont composés de consultations des Livres Sibyllins, de consultations de prêtres. Ils ont aussi le grand intérêt de présenter de manière détaillée des pratiques religieuses courantes qui ne sont répertoriées pour aucune autre période. Il ne faut pas oublier que Tite Live écrit sous Auguste, dans l’idée de la renaissance religieuse augustéenne : il s’agissait alors pour le premier empereur de raviver la piété des Anciens respectueux de leurs devoirs envers les dieux contre la décadence de la fin de la République romaine.

Il faut aussi citer certains textes littéraires qui fournissent des indications sur les possibilités religieuses des Romains de cette époque comme les fragments du premier poète épique romain Ennius (actif au début du IIe siècle av. J.-C.). Caton l’Ancien (IIe siècle av. J.-C.) révèle certains détails des rituels religieux et délivre aussi sa propre vision de la religion. Soulignons aussi les œuvres de Plaute et de Térence (début du IIe siècle av. J.-C.).

Ces sources sont riches mais surtout en faits factuels, l’expérience individuelle est absente de ces sources.

Pour des informations supplémentaires sur les sources de l’histoire religieuse romaine en lien avec le sujet des concours, voir sur Clio-prépa : Fiche de synthèse : Religion et pouvoirs dans le monde romain : historiographie et sources

Un rappel de ces informations factuelles et leur interprétation est disponible sur Clio-prépa:

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