L’analyse système-monde repose sur la relation entre un cœur, des semi-périphéries et des périphéries. Le système-monde implique donc une hiérarchie cœur/périphérie. Parallèlement à Immanuel Wallerstein, plusieurs chercheurs (historiens, économistes et anthropologues) ont contribué à renforcer cette analyse relationnelle en questionnant sa portée dans d’autres parties du monde que la Méditerranée et à d’autres époques que l’âge moderne (européen). Cette fiche propose une synthèse de ces différentes recherches. Elles complexifient l’analyse wallersteinienne et apportent des concepts supplémentaires à la mise en application d’une histoire globale.

Plan de la fiche

I. Cœur/Périphérie pour Kajsa Ekholm et Jonathan Friedman: l’analyse des structures

II. Cœur/Périphérie pour Michel Bruneau et Victor Lieberman : l’Etat-segmentaire et la cité-Etat maritime

III. Cœur/Périphérie pour Andre Gunder Frank et Barry Gills : le rôle des marges ou hinterlands

IV. Cœur/Périphérie pour David Wilkinson : l’extension de l’oikumene par l’intégration perpétuelle à la civilisation centrale

V. Cœur/périphérie pour William McNeill : l’analyse des réseaux et de la connectivité et de la rencontre entre les civilisations

VI. Cœur/périphérie pour Christopher Chase-Dunn et Thomas Hall : relations intersociétales et typologie des systèmes-monde

I. Cœur/Périphérie pour Kajsa Ekholm et Jonathan Friedman : l’analyse des structures

Dans leur réflexion datée du début des années 1980, Ekholm et Friedman (« ‘Capital’ Imperialism and Exploitation in Ancien World-Systems », Review, 6, 1982, p. 87-109) redéfinissent les relations centre-périphérie au sein des systèmes-mondes antiques, qu’ils qualifient de « capitalistes-impérialistes ». Ils observent en particulier les « chaînes de produits » ou « filières » entre les centres d’impulsion impériaux et les périphéries qui leur fournissent les matières premières.

Pour eux, le « cœur » est le centre de la production industrielle la plus avancée basée sur les matières premières et les produits semi-finis importés de la « périphérie ». En échange de la fourniture de ces biens bruts, la périphérie obtient une partie des produits manufacturés du centre. Ce faisant, le centre entretient une relation inégale avec la périphérie et la place dans une position dépendante. Pour durer, la domination du centre doit s’efforcer de maintenir cette dépendance de toutes ses périphéries, au risque de voir naître un possible rival. Le maintien même du centre dépend donc de sa capacité à dominer une base de ressources supra locale. La Mésopotamie est l’exemple le plus clair de la mesure dans laquelle la base industrielle d’un centre peut être importée.
Mais les relations centre/périphérie ne sont pas nécessairement définies en fonction de leur modèle d’import-export. Ainsi, il n’est pas nécessaire qu’un centre soit le seul lieu de fabrication industrielle dans le système, ou que la périphérie soit le seul fournisseur de matières premières. Contrairement à ce qu’écrit Wallerstein, une relation fondée sur une division technique du travail ne correspond ni aux mécanismes de développement, ni au fonctionnement des systèmes globaux. Les relations centre/périphérie se réfèrent plutôt à des positions structurelles différentes par rapport à l’accumulation totale. La possession de marchandises extrêmement « précieuses » comme l’argent (Athènes) permet d’accumuler une part disproportionnée de la production du système plus vaste. Si Athènes n’avait fait qu’importer et exporter des marchandises, elle ne serait jamais devenue un grand centre. Mais c’est aussi l’incapacité d’Athènes (comme de la Mésopotamie) à monopoliser le commerce régional, qui a provoqué la chute rapide du cœur.

L’accumulation de richesses était, en premier lieu, le résultat de tributs et de pillages militaires à grande échelle, de profits mercantiles et d’exportations d’argent. Cette accumulation primaire a jeté les bases d’une formidable expansion de la production industrielle. D’une manière générale, l’accumulation industrielle de la richesse à partir du système plus large se fait bien avant la production domestique. Cette « accumulation primitive » initiale et souvent continuelle a toujours pris la forme de tributs, de butin et d’énormes profits mercantiles.
Dans tous les cas, les relations cœur/périphérie sont, dès la Haute Antiquité, des processus impérialistes puisque pour s’imposer, le cœur doit accumuler des richesses qu’il prélève sous des formes variées (tribut, échanges commerciaux, cadeaux, pillages…) sur une zone élargie. De plus, ces structures sont très instables puisque les centres restent toujours vulnérables face aux périphéries qu’ils ne peuvent pas contrôler. C’est ce qui explique d’ailleurs les transitions hégémoniques, un nouveau cœur étant peu à peu en mesure de remplacer le cœur qui le tenait en soumission.
Comment définir la structure interne d’un cœur ? A partir de l’exemple mésopotamien et égyptien, Ekholm et Friedman décrivent un schéma descriptif qui contraste avec celui de Wallerstein. C’est que la réalité du « capitalisme » n’est pas la même entre l’Antiquité et la période qui suit les grandes découvertes : dans le monde antique, c’est une compétition dans laquelle le prestige et le pouvoir politique prédominait, donc où la croissance industrielle, l’impérialisme et le profit étaient des phénomènes beaucoup plus marginaux qu’au XVIe siècle.

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Notes

  1. Pierre-Louis Viollet, L’hydraulique dans les civilisations anciennes, 5000 ans d’histoire, Presses de l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées, 2000.
  2. Victor Lieberman, « Wallerstein’s System and the International Context of Early Modern Southeast Asian History », Journal of Asian History, 24, 1990, p. 70-90.
  3. Barry Gills et Robert Denemark, « L’hypothèse de la continuité historique du système monde », dans Philippe Beaujard, Laurent Berger, Philippe Norel (dir), Histoire globale, mondialisations et capitalisme, Paris, La Découverte, 2009, p. 203-226, p. 217. Les auteurs citent également des peuples tribaux issus des hinterlands comme les Guti, les Amorrites et les Kassites, qui se sont trouvés intimement impliqués dans les cycles politiques et économiques de la Mésopotamie ancienne, jusqu’à devenir une force dominante dans le centre.
  4. « One purpose of this study of long-distance trade in south-western Asia was to show that even the earliest pristine example of state formation cannot be explained entirely as an intemal process of social differentiation but must be viewed partly as the product of a ‘world-economy’ at different levels of development which stretched at least from the Nile Valley and southeastern Europe in the West to Soviet Central Asia and the Indus Valley in the East » (Philip Kohl, « The Balance of Trade in Southwestern Asia in the Mid-Third Millennium B.C. », Current Anthropology, 19, 1978 ; p.463-492, p. 489).
  5. « When the degree of technological difference between nomad and sedentary populations was low, as it was in the early stages of the agrarian era (3,000 to 1,000 B.C., + /- 1,000 years), which group would dominate a core/periphery hierarchy was an open issue. Stationary targets are easier to attack than mobile ones, thus nomads could readily defeat sedentary groups in battle. Furthermore, sedentary agriculturists could either be forced to pay tribute or be moved and used as slaves elsewhere. Nomads, however, are more difficult to defeat. Additionally, their wealth — usually in the form of animals — is mobile, and hence they can avoid paying tribute. Conversely, they are inimical to sedentary life and difficult to make into slaves. However, nomads can be induced into trade relations. Sedentary peoples typically have some surplus agricultural products, but a shortage of meat and/or horses. Nomads typically have a surplus of meat in the form of animals, but a shortage of vegetable resources. Thus, there is opportunity for trade. Where the terms of trade were not suitable, or where sedentary people were unwilling to trade, raiding became an alternative form of exchange. The Mongols perfected the threat (and use) of violence as a tool in trade relations. Where large distances separated different states or core/periphery hierarchies, nomads could become middlemen in trade based on their superior mobility, and superior knowledge of the « uncivilized » territory, as was the case for Central Asian nomads and for Comanches under the Spanish empire. Where state traders were sufficiently strong they could conduct trade directly, but were subject to raids by nomads, or they could engage nomads as armed protectors. Nomads were strategically and tactically well positioned to extract protection rent. Even in the case of strong states, nomads could maintain a considerable degree of autonomy (or even domination) if they could play one state against the other » (« The Role of Nomads in Core/Periphery Relations », dans Christopher Chase-Dunn, Thomas Hall (dir), Core/Periphery Relations in Precapitalist Worlds, Westview Press, 1991, p. 212-239, p. 225). Voir également Christopher Chase-Dunn, Daniel Pasciuti, Alexis Alvarez, Thomas Hall, « Growth/Decline Phases and Semi-Peripheral Development in the Ancient Mesopotamian and Egyptian world-systems », dans Barry Gills, William Thompson (dir), Globalization and Global History, Routledge, 2006, p. 104-126.
  6. Jacques Gernet, Le monde chinois, Armand Colin, 1972 ; Edward Dreyer, Early Ming China : a Political History, 1355-1435, Stanford University Press, 1982 ; Pamela Crossley, Helen Siu et Donald Sutton (dir), Empire at the Margins. Culture, Ethnicity, and Frontier in Early Modern China, University of California Press, 2006.
  7. Philippe Norel, L’histoire économique globale, Seuil, 2009, p. 96.
  8. Pierre Vershueren décrit trois acceptions du « réseau » : 1) une métaphore générale de l’organisation du monde, qui ne fait que donner un autre nom à l’analyse des systèmes ; 2) un ensemble d’infrastructures techniques et sociales, matérielles ou numériques, qui maille les territoires connectés entre eux ; 3) une catégorie d’analyse de la société. Sur cette dernière acception, le doctorant écrit : « Elle vise à dépasser le déterminisme structuraliste tout autant que le modèle de l’homo oeconomicus en plaçant en son centre le lien social lui-même, c’est-à dire l’interaction entre les acteurs39. Concrètement, elle conçoit les relations sociales en termes de nœuds – des acteurs, des objets ou des institutions – et de liens entre ces nœuds ; à partir de ces deux éléments, il est possible de modéliser un réseau social, et de former une structure analysable par le biais d’indicateurs statistiques et représentable graphiquement. La structure obtenue n’est pas le résultat de catégories prédéfinies, de normes sociales ou d’attributs individuels de ses nœuds, mais uniquement de la position de ceux-ci les uns par rapport aux autres. Il s’agit dès lors, pour « faire des choses qui tiennent », de combiner cette méthode avec l’étude des identités, des dynamiques, des organisations, des institutions, des structures sociales. Cette perspective d’usage comprend aussi les analyses mobilisant les réseaux de façon plus qualitative, pour saisir des ensembles de relations interpersonnelles structurées plus ou moins durablement : il permet ainsi d’étudier des sujets aussi variés que la mobilisation en politique de groupes d’individus, la structure des relations amicales ou des flux de migration, voire encore le rôle des liens faibles comme vecteur d’information dans le marché du travail. Ce sont ces aspects, de métaphore globale et de catégorie d’analyse, qui nous intéressent le plus dans ces travaux, puisque ce sont ceux qui recouvrent les enjeux méthodologiques les plus directs pour l’historien » (« Dompter l’Hécatonshire. Les réseaux dans l’atelier de l’historien », Hypothèses, 19, 2016, p. 177-186, p. 183-184).
  9. John Scott, Social Network Analysis : a Handbook, Londres, 1991 ; Mustafa Emirbayer, Jeff Goodwin, « Network Analysis, Culture and the Problem of Agency », The American Journal of Sociology, 99, 1994, p. 1411-1454 ; Roger Brunet, « La géographie, science des territoires et des réseaux », Cahiers de géographie du Québec, 108, 1995, p. 477-482 ; Emmanuel Lazega, Réseaux sociaux et structures relationnelles, PUF, 1998 ; Linton Freeman, The Development of Social Network Analysis : a Study in the Sociology of Science, Vancouver, 2004 ; Pierre Mercklé, Sociologie des réseaux sociaux, La Découverte, 2004 ; Alain Degenne, Michel Forsé, Les Réseaux sociaux, Armand Colin, 2004 ; Florence Maillochon, « Pourquoi l’analyse des réseaux ? », dans Serge Paugam (dir), L’enquête sociologique, PUF, 2012, p. 187-206 ; Alexis Ferrand et Ainhoa de Frederico, « L’analyse des réseaux sociaux en France : émergence (1977-1991) et diffusion des compétences (2005-2013) », Socio-logos. Revue de l’association française de sociologie, 8, 2013 (en ligne) ; Claire Lemercier, « Formal Network Methods in History : Why and how ? », dans dans G. Fertig (dir), Social Networks, Political Institutions, and Rural Societies, Brepols, 2015 (en ligne) ; André Torre (dir), « La figure du réseau : dimensions spatiales et organisationnelles », numéro spécial de Géographie, économie, société, 18, 2016, p. 455-568.
  10. Voir entre autres John Padgett, Christopher Ansell, « Robust Action and the Rise of the Medici,1400-1434 », American Journal of Sociology, 98, 1993, p. 1259-1319 ; Craig Lockard, Societies, Networks, and Transitions : a Global History, Cengage Learning, 2007 ; Landry Charrier, Karine Rance, Friederike Sitzl-Dupic (dir), Circulations et réseaux transnationaux en Europe (XVIIIe-XXe siècles). Acteurs, pratiques, modèles, Berne, 2013 ; Caroline Douki, Philippe Minard (dir), « Histoire globale, histoires connectées : un changement d’échelle historiographique », numéro spécial de la Revue d’histoire moderne et contemporaine, 54, 2007, p. 7-103 ; Pierre-Yves Saunier, Transnational History, Basingstoke, 2013.
  11. Immanuel Wallerstein, The End of the World as we Know it : Social Science for the Twenty-First Century, University of Minnesota Press, 1999 ; Comprendre le monde : introduction à l’analyse des systèmes-monde (traduction de World-Systems Analysis. An Introduction par Camille Horsey), La Découverte, 2006.
  12. « Still, even though we have yet to agree upon what to call it, the fact that civilized and uncivilized peoples communicated across relatively long distances from very early times, and altered their behavior from time to time in response to encounters with attractive or threatening novelties from afar seems more and more obvious » (« The Changing Shape of World History », History and Theory, 34, 1995, p. 8-26, p. 6).
  13. « Encounters with strangers were the main drive wheel of social change, the earliest complex societies arose on the river flood plains of Mesopotamia, Egypt and northwest India, adjacent to the land bridge of the Old World, where the largest land masses of the earth connect with one another. Continental alignments and climatic conditions made this region the principal node of land and sea communications within the Old World, and it was presumably for that reason that civilization first broke out there » (« The Changing Shape of World History », History and Theory, 34, 1995, p. 8-26, p. 10). Dans la suite de son développement, McNeill s’intéresse aux techniques apprises par les Sumériens, arrivés en Mésopotamie par la mer (golfe Persique) pour soumettre les populations indigènes et s’installer dans les vallées du Tigre et de l’Euphrate. Ils ont créé un vaste réseau fluvial et maritime, qui relie les cités-Etats de ces régions avec l’Egypte et l’Inde du Nord, où sont à leur tour apparues des civilisations urbaines, ainsi que de nouvelles compétences. La maîtrise de la navigation a permis de naviguer en Méditerranée et dans l’océan Indien, faisant naître de nouvelles civilisations (Minoens, Phéniciens, Carthaginois, Grecs, Romains, Arabes, Malais, Indonésiens, Bantous, Indiens, Chinois). Il poursuit en évoquant les voyages des marins d’Asie de l’Est vers la Polynésie, puis de ces Polynésiens à travers l’océan Pacifique, et des pêcheurs du Nord de l’Europe dans l’Atlantique. La Chine continentale retient ensuite son attention, à partir du moment où l’invention des caravanes terrestres la place au centre des échanges commerciaux, civilisationnels et biologiques, entre 1700 avant J.C. et le début du XVe siècle de notre ère.
  14. Christopher Chase-Dunn, Thomas Hall, Rise and Demise. Comparing World-Systems, Westview Press, 1997 ; Christopher Chase-Dunn, Global Formation : Structures of the World-Economy, Rowman & Littlefield Publishers, 1998 ; Christopher Chase-Dunn, Yukio Kawano, Benjamin Brewer, « Trade Globalization since 1795, Waves of Integration in the World-System », American Sociological Review, 65, 2000, p. 77-95 ; « Comparing World-Systems to Explain Social Evolution », dans Robert Denemark, John Friedman, Barry Gills, George Modelski (dir), World System History. The Social Science of Long-Term Change, Routledge, 2000, p. 85-111 ; Christopher Chase-Dunn, Andrew Jorgenson, « Interaction Networks and Structural Globalization : a Comparative World-Systems Perspective », Society in Transition, 34, 2003, p. 206-220.
  15. Christopher Chase-Dunn, Thomas Hall, « Conceptualizing Core/Periphery Hiérarchies for Comparative Studies », dans Christopher Chase-Dunn, Thomas Hall (dir), Core/Periphery Relations in Precapitalist Worlds, Westview Press, 1991, p. 5-44 ; « World-Systems and Modes of Production : Toward the Comparative Study of Transfomations » (Humboldt Journal of Social Relations, 18, 1992, p. 81-117 ; Christopher Chase-Dunn, Peter Taylor, Giovanni Arrighi, Robert Cox, Henk Overbeek, Barry Gills, Andre Gunder Frank, George Modelski, David Wilkinson, « Hegemony and Social Change », Mershon International Studies Review, 38, 1994, p. 361-376 ; Christopher Chase-Dunn, Thomas Hall (dir), Core/Periphery Relations in Precapitalists Worlds, Westview Press, 1991 ; Rise and Demise. Comparing World-Systems, Westview Press, 1997 ; Global Formation : Structures of the World-Economy, Rowman & Littlefield Publishers, 1998 ; Global Formation : Structures of the World-Economy, Rowman & Littlefield Publishers, 1998 ; « Comparing World-Systems to Explain Social Evolution », dans Robert Denemark, John Friedman, Barry Gills, George Modelski (dir), World System History. The Social Science of Long-Term Change, Routledge, 2000, p. 85-111 ; Christopher Chase-Dunn, Yukio Kawano, Benjamin Brewer, « Trajectories of Globalization Since 1800 : Cycles of World-System Intergration », American Sociological Review, 65, 2000, p. 77-95 ; Christopher Chase-Dunn, Yukio Kawano, Benjamin Brewer, « Trade Globalization since 1795, Waves of Integration in the World-System », American Sociological Review, 65, 2000, p. 77-95 ; Christopher Chase-Dunn, Andrew Jorgenson, « Interaction Networks and Structural Globalization : a Comparative World-Systems Perspective », Society in Transition, 34, 2003, p. 206-220 ; « Growth/Decline Phases and Semi-Peripheral Development in the Ancien Mesopotamian and Egyptian World-System », dans Barry Gills, William Thompson (dir), Globalization and Global History, Routledge, 2006, p. 104-126 ; Christopher Chase-Dunn, Thomas Hall, « East/West in World-Systems Evolution », dans Patrick Manning, Barry Gills (dir), Andre Gunder Frank and Global Development : Visions, Remembrances and Exploration, Routledge, 2011, p. 97-119) ; Christopher Chase-Dunn, Bruce Lerro, Social Change : Globalization From the Stone Age to the Present, Paradigm Press, 2014 ; voir aussi Thomas Hall, James Fenelon, « Indigenous Movements and Globalization: What is Different ? What is the Same ? », Globalizations, 5, 2008, p. 1-11 ; Thomas Hall, James Fenelon, Indigenous Peoples and Globalization: Resistance and Revitalization, Paradigm Press, 2009 ; Thomas Hall, « Puzzles in the Comparative Study of Frontiers : Problems, Some Solutions, and Methodological Implications », Journal of World-Systems Research, 15, 2009, p. 25-47 ; « Incorporation into and Merger of World-Systems », dans Salvatore Barones, Christopher Chase-Dunn (dir), Routledge Handbook of World-Systems Analysis, Routledge, 2011. p. 37-55) ; Thomas Hall, Nick Kardulias, Christopher Chase-Dunn, « World-Systems Analysis and Archaeology : Continuing the Dialogue », Journal of Archaeological Research, 19, 2011, p. 233-279.
  16. « Defining a network in terms of a single center precludes the possibility of multicentric networks. It is like treating the British Empire as a separate system from the French Empire. The reality is that these were colonial empires within a larger multicentric intersocietal system. Many, if not most, ancient world-systems were also multicentric in the sense that either the core areas were constituted as an interstate system of several autonomous states, or there were a few large empires interacting with one another. The thirteenth century Eurasian worldsystem studied by Janet Abu-Lughod (1989) had three separate core areas linked directly by long distance prestige goods trade and indirectly by interactions with shared peripheral regions. The notion of multicentricity should not preclude us from studying the differential extent of centralization within intersocietal systems, but defming these systems in terms of single centers is certainly a mistake » (Christopher Chase-Dunn, Thomas Hall, « Conceptualizing Core/Periphery Hiérarchies for Comparative Studies », dans Christopher Chase-Dunn, Thomas Hall (dir), Core/Periphery Relations in Precapitalist Worlds, Westview Press, 1991, p. 5-44).
  17. « Before the modem capitalist world-system, in the era of world-empires built around the tributary mode of accumulation, peripheral societies gave up a portion of their surplus to the core in return for nominal independence, or they were absorbed altogether (in which event they gave up an even larger portion of their surplus to the imperial core). The maintenance of peripheral status during those times relied exclusively on the credible threat of military force. Today, the reproduction of the international power hierarchy is achieved more subtly through market mechanisms, and force is used only when the market ‘rules’ (which act to sustain the dominance of the core) are challenged by insurrection. The hypothesis of ‘unequal exchange’ contends that the central mechanism by which the global market acts to gather together the global surplus and channel it to the core is through price inequality, in which the political and military suppression of wages in the periphery allows the products of peripheral labor to be much cheaper than those of the core. Put simply, an hour of labor in the periphery costs capital only a fraction of its costs in the core, so that a commodity produced there is much cheaper than the same commodity produced in the core. When core and periphery come together to exchange products, in the world market, the exchange results in a net transfer of value from the periphery to the core. Hence the market masks a process of exploitation, a process backed up by the military power of the states in the periphery and, behind them, the military power of the core » (Christopher Chase-Dunn, Peter Grimes, « World-Systems Analysis », Annual Review of Sociology, 21, 1995, p. 387-417, p. 396).