Cette fiche analyse la construction du modèle de Méditerranée dans l’oeuvre de Fernand Braudel. Elle s’intéresse notamment au concept d' »économie-monde » et aux « invasions nordiques ». Elle s’intéresse ensuite aux critiques historiographiques et aux renouvellements que celles-ci apportent dans le cadre des New Area Studies et des New Mediterranean Studies depuis 2000. Elle se conclut avec les fiches de lecture de plusieurs ouvrages qui développent une autre approche de la Méditerranée post-braudélienne.
Plan de la fiche
I. La composition de La Méditerranée
II. Les apports épistémologiques de La Méditerranée
a. Les trois temps de l’Histoire
b. Les civilisations méditerranéennes
c. L’unité de la région « Méditerranée » (une forme d’Area Study)
d. L’économie-monde
III. Les critiques de La Méditerranée braudélienne
a. Les critiques de l’ethnocentrisme et de l’occidentalisme
b. Les critiques d’une méta-narration : « l’invasion nordique »
IV. Les successeurs anglo-saxons de la pensée braudélienne
a. Des débats qui durent et se prolongent sans trouver de résolution
b. Les New Mediterranean Studies, une expérience multiforme qui considère toutes les rives
c. Une tendance actuelle : l’histoire connectée interdisciplinaire
d. Des ouvrages particuliers
Peregrine Horden, Nicholas Purcell, The Corrupting Sea, a Study of Mediterranean History
W. V. Harris (dir), Rethinking the Mediterranean
Faruk Tabak, The Waning of the Mediterranean : a Geohistorical Approach
David Abulafia, The Great Sea : a Human History of the Mediterranean
Cyprian Broodbank, The Making of the Middle Sea. A History of the Mediterranean from the Beginning to the Emergence of the Classical World
Joe Manning, The Open Sea, The Economic Life of the Ancient Mediterranean World from the Iron Age to the Rise of Rome
Lincoln Paine, The Sea and Civilization : a Maritime History of the World
Peregrine Horden, Sharon Kinoshita, A Companion to Mediterranean History
Fernand Braudel est né en 1902 dans la Meuse. Etudiant au lycée Voltaire de Paris puis à la Sorbonne, il est reçu à l’agrégation d’histoire en 1923 et enseigne au lycée de Constantine (Algérie) dès 1924. Il découvre alors les paysages méditerranéens en Algérie.
Face à la science historique dominée par les méthodes de Langlois et Seignobos, il se tourne plutôt vers la science géographique. Il est influencé par Paul Vidal de la Blache, puis par Marc Bloch et Lucien Febvre, les deux chefs du courant des Annales à partir de 1929.
Marc Bloc meurt fusillé en 1944. Après la mort de Lucien Febvre en 1956, Fernand Braudel devient le nouveau chef de file des Annales. L’influence des Annales est alors considérable en France et en Europe : influencée par les méthodes allemandes, l’historiographie doit être « totale », c’est-à-dire qu’elle doit rechercher une vision globale du développement historique, dans tous les champs sociaux. Une mise en perspective globale des phénomènes historiques, sur le long terme, devient à la fois possible et souhaitable. C’est ce projet qui est réalisé dans La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, la thèse de l’auteur, débutée en 1927.
En 1947 déjà, à Paris, le démantèlement de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (fondée en 1868 pour introduire en France les pratiques allemandes de la formation par la recherche) aboutit à la création d’une VIe section de l’EPHE. L’impulsion est venue d’Alexandre Koyré, Lucien Febvre, et Fernand Braudel, les principaux animateurs du courant des Annales. Celle-ci est devient ensuite une institution à part entière, l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociale (EHESS), en 1975.
En 1979, il écrit Civilisation matérielle, économie et capitalisme, XVe-XVIIIe siècles, qui se veut une histoire économique du monde sur quatre siècles, en mettant l’accent sur les aspects culturels, économiques et sociaux, au détriment des événements politiques. Il y défend l’idée que le capitalisme n’est pas une idéologie, mais un système économique élaboré progressivement par le jeu de stratégies de pouvoirs.
I. La composition de La Méditerranée
Fernand Braudel est mobilisé en août 1939 et fait prisonnier à Mayence le 29 juin 1940. C’est en captivité dans les camps de Mayence et de Lübeck qu’il écrit sa thèse, uniquement de mémoire et sans aucun accès à l’immense documentation qu’il a accumulée avant la guerre.
C’est en 1949 qu’est publiée la première édition La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II (une deuxième édition, remaniée et plus riche, est publiée en 1966, deux autres en 1976 et 1979). Au départ, il s’agissait d’une histoire politique et diplomatique du règne de Philippe II (1556-1598). Mais la correspondance qu’il entretien avec Lucien Febvre (dès le début de son travail de thèse en 1927) puis avec le géographe Jacques Bertin le pousse à transformer son projet initial . Dans la Méditerranée, la mer est personnifiée : elle devient un personnage historique.

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- Sur l’histoire de la construction du livre, voir : Lucien Febvre, « Un livre qui grandit », Revue historique, 203, 1950 ; Lucien Febvre, Pour une histoire à part entière, Svepen, 1962 ; Erato Paris, La genèse intellectuelle de l’oeuvre de Fernand Braudel : la Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, 1923-1947, EHESS, 1997 ; Christian Grataloup, « Braudel, Fernand, 1902-1985 », EspacesTemps.net, 18 mars 2003 ; André Burguière, « Fernand Braudel, pionnier de l’histoire globale », dans Philippe Norel, Laurent Testot (dir), Une histoire du monde global, Sciences Humaines, 2010, p. 154-158 ; Maryline Crivello, « Relire La Méditerranée de Braudel aujourd’hui », Pouvoirs, 193, 2022, p. 5-14.
- André Burguière, « Fernand Braudel, pionnier de l’histoire globale », dans Philippe Norel, Laurent Testot (dir), Une histoire du monde global, Sciences Humaines, 2010, p. 262-266, p. 262.
- Roy Bin Wong, « Entre monde et nation : les régions braudéliennes en Asie », Annales HSS, 2001, p. 5-41.
- William Skinner, « Regional Urbanization in Nineteenth Century China », dans William Skinner (dir), The City in Late Imperial China, Stanford University Press, 1977, p. 211-249 ; « Cities and the Hierarchy of Local Systems », dans William Skinner (dir), The City in Late Imperial China, Stanford University Press, 1977, p. 275-352 ; « Presidential Address : The Structure of Chinese History », The Journal of Asian Studies, 44, 1985, p. 271-292.
- Jacques Adda, « Braudel, Wallerstein et le système d’économie-monde », Alternatives Economiques, 1996 ; Fabrice Dannequin, « Braudel, Schumpeter et l’histoire du capitalisme », L’économie politique, 29, 2006, p. 99-112 ; Joël Cornette, « Histoire des idées de l’économie-monde selon Fernand Braudel », Les Collections de L’Histoire, 38, janvier-mars 2008. Voir aussi Philippe Norel, L’histoire économique globale, Seuil, 2009, p. 145-149 ; Immanuel Wallerstein, « La construction d’une économie-monde européenne (1450-1750) », dans Philippe Beaujard, Laurent Berger, Philippe Norel (dir), Histoire globale, mondialisation et capitalisme, La découverte, 2009, p. 191-202 ; André Burguière, « Fernand Braudel, pionnier de l’histoire globale », dans Philippe Norel, Laurent Testot, Une histoire du monde global, Editions Sciences Humaines, 2012, p. 262-267.
- G. Parker, « Braudel’s ‘Mediterranean’ : the making and marketing of a masterpiece », History, 59, 1974, p. 238-243 ; J. H. Hexter, « Fernand Braudel and the Monde Braudellien… », Journal of Modern History, 44, 1972, p. 448-467 ; H. Kellner, « Disorderly conduct : Braudel’s Mediterranean satire », History and Theory, 18, 1979, p. 197-222 ; S. Kinser, « Annaliste paradigm ? The geohistorical structuralism of Fernand Braudel », American Historical Review, 86, 1981, p. 63-105 ; « Fernand Braudel », numéro spécial de la revue Itinerario, 5, 1981, p. 15-52 ; George Iggers, Historiography in the Twentieth Century : From Scientific Objectivity to the Postmodern Challenge, Wesleyan University Press, 1997 (en particulier le chapitre 5) ; Stuart Clark (dir), The Annales School : Critical Assessments, Routledge, 1999 (en particulier le volume 3, entièrement consacré à Fernand Braudel) ; Andrew Hess, The Forgotten Frontier : a History of the Sixteenth Century Ibero-African Frontier ; Judith Tucker, The Making of the Modern Mediterranean : View from the South, University of California Press, 2019.
- Bernard Bailyn, « Braudel’s Geohistory, a Reconsideration », Journal of Economic History, 11, 1951, p. 277-282 ; « The Idea of Atlantic History », Itinerario, 20, 1996, p. 19-44, p. 20.
- Claude Liauzu, « La Méditerranée selon Fernand Braudel », Confluences Méditerranée, 31, 1999, p. 179-187.
- Maryline Crivello, « Relire La Méditerranée de Braudel aujourd’hui », Pouvoirs, 183, 2022, p. 5-14.
- Colin Heywood, « The English in the Mediterranean, 1600-1630 : a Post-Braudelian Perspective on the ‘Northern Invasion’, dans Maria Fusaro, Mohamed-Salah Omri, Colin Heywood (dir), Trade and Cultural Exchange in the Early Modern Mediterranean : Braudel’s Maritime Legacy, Tauris, 2019, p. 23-44. Il s’agit d’une synthèse de précédents travaux : Colin Heywood (« Braudel and the Ottomans : the Emergence of an Involvement (1928-1950) », Mediterranean Historical Review, 23, 2008, p. 165-184 ; « A Frontier Without Archaeology ? The Ottoman maritime Frontier in the Western Mediterranean (1660-1760) », dans Andrew Peacock (dir), The Frontiers of the Ottoman World, Proceedings of the British Academy, 2009, p. 493-508) ainsi que de Carmel Vassallo et Michela D‘Angelo (dir), Anglo-Saxons in the Mediterranean : Commerce, Politics and ideas (XVII-XX Centuries), Malta, 2007.
- Immanuel Wallerstein, The Modern World System, Academic Press, 1974-2011 ; Richard Rapp, « The Unmaking of the Mediterranean Trade Hegemony : Trade Rivalry and the Commercial Revolution », Journal of Economic History, 35, 1975, p. 499-525 ; Ralph Davis, The Rise of the Atlantic Economies, Weidenfield and Nicolson, 1973 ; Jonathan Israel, Dutch Primacy in World Trade, 1586-1740, Oxford University Press, 1989 ; Michel Fontenay, La Méditerranée entre la Croix et le Croissant. Navigation, commerce, course et piraterie (XVIe-XIXe siècles), Classique Garnier, 2010.
- Annliess Nef, Christophe Pébarthe, « Du social faisons table rase ? Le succès global de la Méditerranée braudélienne », dans Claudia Moatti (dir), La Méditerranée introuvable. Relectures et propositions, Karthala, 2020, p. 109-146 ; Silvia Marzagalli, « La Méditerranée moderne, entre héritage braudélien et questionnements nouveaux à l’heure des histoires globale et connectée », Cahiers de la Méditerranée, 103, 2021, p. 37-53.
- « Il Mediterraneo non è un mare periferico, ma uno spazio dinamico all’interno del quale ciascun approdo o città portuale è parte integrante di una rete mercantile più estesa grazie all’apertura delle rotte transoceaniche » (Louisa Piccinno, « Grandi porti e scali minori nel Mediterraneo in età moderna : fattori competitivi e reti commerciali », dans Ianuensis non nascitur sed fit. Studi per Dino Puncuh, Gênes, Società ligure di storia patria, 2019, p. 1045-1059, p. 1046).
- Voir entre autres, en langue française, François Lebrun et Jean Carpentier, Histoire de la Méditerranée, Seuil, 2001 ; Alain Bondy, Bibliographie du monde méditerranéen : relations et échanges de la chute de Constantinople à la reconquête ottomane de Tripoli, Presses de l’Université de Paris-Sorbonne, 2003 ; John Julius Norwich, Histoire de la Méditerranée, Perrin, 2006 ; Michel Ballard, Christophe Picard, La Méditerranée au Moyen Age, Hachette, 2014 ; Christophe Picard, La mer des califes. Une histoire de la Méditerranée musulmane, Seuil, 2015 ; Alain Bondy, Le monde méditerranéan : 15 000 ans d’histoire, Perrin, 2018 ; Daniel Baloup, Guillaume Bramoullé, Bernard Doumerc, Benoît Joudiou (dir), Les mondes méditerranéens au Moyen Age, Armand Colin, 2018 ; Guillaume Calafat, Une mer jalousée. Contribution à l’histoire de la souveraineté en méditerranée, Seuil, 2019 ; David Bramoullé, Les Fatimides et la mer, Brill, 2019.
- Eric Dursteler, « Bazaars and Battlefields : Recent Scholarship on Mediterranean Cultural Contacts » Journal of Early Modern History, 15, 2011, p. 413-418.
- Ces ouvrages s’inspirent particulièrement de Paolo Preto, Venezia e i Turchi (G. C. Sansoni, 1975) et de Bernard Lewis, The Muslim Discovery of Europe (Norton, 1982). Lewis postule que si les musulmans avaient des contacts avec l’Europe de différentes manières, jusqu’à la révolution française, les États musulmans et les intellectuels musulmans, y compris les Ottomans, n’étaient pas particulièrement intéressés par la culture occidentale et les idées occidentales.
- Silvia Marzagalli, « La Méditerranée moderne, entre héritage braudélien et questionnements nouveaux à l’heure des histoires globale et connectée », Cahiers de la Méditerranée, 103, 2021, p. 37-53, p. 44-45.
- Roy Bin Wong, « Entre monde et nation : les régions braudéliennes en Asie », Annales HSS, 2001, p. 5-41, p. 18 et 41.
- Silvia Marzagalli, « La Méditerranée moderne, entre héritage braudélien et questionnements nouveaux à l’heure des histoires globale et connectée », Cahiers de la Méditerranée, 103, 2021, p. 37-53, p. 44. Elle cite Jean-Robert Henry, « Métamorphoses du mythe méditerranéen », dans Jean-Robert Henry et Gérard Groc (dir), Politiques méditerranéennes entre logiques étatiques et espace civil. Une réflexion franco-allemande, Aix-en-Provence, IREMAM, 2000, p. 41-56. Pour un excellent exemple de connexion de l’espace méditerranéen aux autres océans, voir la 7e partie de A Companion to Mediterranean History, dirigé par Peregrine Horden et Sharon Kinoshita (Blackwell, 2014) : « The Mediterranean and a Wider World ». Elle contient 4 chapitres : « The Mediterranean and the Atlantic » (Teofilo Ruiz) ; « The Mediterranean and Africa (Ray Kea) ; « The Mediterranean and Asia » (Nicholas Doumanis) ; « The Mediterranean and the Indian Ocean » (Elizabeth Ann Pollard). Voir également le dossier thématique « La Méditerranée dans les circulations atlantiques au XVIIIe siècle », Revue d’histoire maritime, 13, 2011.
- Walter Andrews, Mehmet Kalpakli, The Age of the Beloved : Love and the Beloved in the Early Modern Ottoman and European Culture and Society, Duke University Press, 2005 ; Deborah Howard, Venice and the East : The Impact of the Islamic World on Venetian Architecture, Yale University Press, 2000 ; Rosamond Mack, Bazaar to Piazza : Islamic Trade and Italian Art, University of California Press, 2002.
- Wendy Catherine Bracewell, The Uskoks of Senj : Piracy, Banditry and the Holy War in the Sixteenth Century Adriatic, Cornell University Press, 1992 ; Molly Greene, A Shared World : Christians and Muslims in the Early Modern Mediterranean, Princeton University Press, 2000 ; Linda Darling, « Mediterranean Borderlands : Early English Merchants in the Levant », dans Eugenia Kermeli and Oktay Özel, The Ottoman Empire : Myths, Realities and ‘Black Holes’, Isis Press, 2006, p. 173-188.
- Stephen Ortega, « Introduction », dans Negotiating Transcultural Relations in the Early Modern Mediterranean : Ottoman-Venetian Encounters, Ashgate, 2014, p. 1-14.
- Brent Shaw, « Challenging Braudel : a New Vision of the Mediterranean », Journal of Roman Archaeology, 14, 2001, p. 419-453.
- Le débat méditerranéen peut se résumer comme suit. D’un côté, il y a des générations d’historiens, de géographes et d’anthropologues qui ont vu la Méditerranée comme une région d’étude plus ou moins unifiée avec des caractéristiques physiques et culturelles distinctives mais communes. De l’autre côté, il y a ceux qui remettent en question cette conceptualisation généralisante, essentialisante. Ils y voient soit une vision romantique erronée, soit une vision « non scientifique » basée sur des notions exagérées d’uniformité climatique, d’honneur et de honte « méditerranéens » et d’une extension excessive des résultats basés sur des ethnographies localisées qui se sont trop souvent concentrées sur des lieux éloignés et « primitifs ».
- Voir aussi Claudia Moatti (dir), La Méditerranée introuvable. Relectures et propositions, Karthala, 2020.
- John R. McNeill, The Mountains of the Mediterranean World : an Environmental History, New York, Cambridge University Press, 1992.
- Après La Méditerranée de Braudel, les anthropologues (surtout anglo-saxons) ont recherché les éléments culturels communs qui persistent en Méditerranée malgré la fragmentation de l’époque contemporaine. Au début des années 1960, John Peristiany a identifié l’honneur et la pudeur (« Honor and Shame ») comme les valeurs méditerranéennes par excellence. Cette conception de l’unité civilisationnelle méditerranéenne autour de ces deux valeurs a exercé une influence considérable. Cette vision et celle de l’unité de la Méditerranée a été critiquée, en particulier par l’anthropologue Michel Herzfeld qui rejette ce qu’il appelle le « méditerranéisme » (Michael Herzfeld, « The Horns of the Mediterraneanist Dilemma », American Ethnologist, 11, 1984, p. 439 454). Herzfeld était surtout inquiet de l’image d’une Méditerranée traditionaliste, retardée et immobile dans le temps, que véhiculait cette approche. Il a repris cette critique sur un ton plus radical dans un article publié en 2005 (« Practical Mediterraneanism : Excuses for Everything, from Epistemology to Eating », dans William Vernon Harris (dir), Rethinking the Mediterranean, Oxford University Press, 2005, p. 45-63) : il y juge que la notion de la Méditerranée n’a plus aucune utilité. Le débat n’est toujours pas clos, il revient ponctuellement après chaque publication d’importance sur l’histoire de la Méditerranée…
- Voir Hans Barnard et Willeke Wendrich (dir), The Archaeology of Mobility. Old World and New World Nomadism, Los Angeles, 2008
- Cyprian Broodbank conclut en ouvrant ses réflexions sur la période suivante. Il pose 4 questions aux historiens de la période classique : « First, how and why did empires ruled from within the Mediterranean first arise ? Second, why were Mediterranean polities over the coming few centuries so outstandingly successful at political expansion beyond the basin ? Third, why did so many of the material and other traits practised and brought together by Greek people (often from foreign origins) start to be so widely adopted as a common vocabulary across the basin ? Fourth, why did the Classical Mediterranean witness so many world-changing conceptual and religious breakthroughs concerning relations between the individual, society, politics and the transcendent ? »
- Ce que faisait Moses Finley dans son ouvrage classique : The Ancient Economy, University of California Press, 1973. Joe Manning ne se satisfait pas entièrement des New Institutional Economics de Deirdre McCloskey comme produisant une histoire économique exsangue dans laquelle les êtres humains réels ne figurent guère, au contraire des modèles théoriques et des figures statistiques. Il faut ajouter à cet outillage une prise en compte du climat et des effets du changement climatique sur les économies, et tenir compte de l’agency humaine sur les structures institutionnelles trop immobiles.
- Il complète donc les travaux d’Emmanuel Le Roy Ladurie dans L’histoire du climat depuis l’an mil (Flammarion, 1967) et dans « L’unification microbienne du monde, XIVe-XVIIe siècles » (Revue d’histoire suisse, 23, 1973), ceux de William McNeill dans Plagues and People (Anchor, 1977) et de John McNeill dans Mosquito Empires : Ecology and War in the Greater Caribbean, 1620–1914 (Cambridge University Press, 2010).



