VAN ANDRINGA, William
Quotidien des dieux et des hommes : la vie religieuse dans les cités du Vésuve à l’époque romaine
Rome, École française de Rome, 2009, 404 p.

Quotidien des dieux et des hommes : la vie religieuse dans les cités du Vésuve à l’époque romaine

Pour William Van Andringa, dans les cités ensevelies par le Vésuve, la proximité des dieux et des hommes est plus palpable que n’importe où ailleurs. De plus, la conservation des monuments y est exceptionnelle, ce qui encourage leur étude. « Il est vrai que notre contrée foisonne de tant de divinités propices qu’on y peut rencontrer un dieu plus facilement qu’un homme » écrivait Pétrone dans son Satyricon.
Cité, maison et quartiers avaient leurs propres dieux protecteurs et l’on ne manquait pas une occasion de le rappeler. Jusque dans la pièce d’apparat d’une maison en face du temple de Vénus, on trouvait un panneau représentant la déesse Vénus arrivant à Pompéi. Dans les temples, les rues et les maisons, on représentait des scènes herculéennes : Hercule, en effet, aurait fondé Pompei (dont le nom viendrait de la pompa d’Hercule) après avoir récupéré les bœufs de Géryon, volés par le Géant Cacus. Ces images pieuses et décoratives avaient aussi et surtout un rôle identitaire et communautaire.
Néanmoins, il n’y avait pas de « profusion informe » (Ramsay MacMullen). Les mêmes dieux revenaient régulièrement comme protecteurs des villes, des carrefours et du foyer, en particulier Jupiter, dieu du Vésuve. Dans l’intimité, chacun est libre de vénérer le dieu qu’il souhaite, mais l’importance de la religion civique et la fides implicita (habitudes locales) influaient énormément. En fait, les dieux quotidiens étaient les grands dieux de la cité, dont on assurait la présence en tous lieux afin qu’ils assurent aux Pompéiens une « tranquillisation quotidienne » (Paul Veyne).
Les dieux étaient partout, mais chacun à leur place. Ils étaient des êtres supérieurs mais présents et accessibles, avec une hiérarchisation des actes religieux selon la nature du culte. La Vénus de la place publique, par exemple, bénéficiaient de sacrifices animales (animaux femelles et blancs) tandis qu’un toast, de l’encens, du vin ou quelques fruits suffisaient pour la Vénus domestique.

Dans cet ouvrage, William Van Andringa se demande comment s’organisait le panthéon public et la religion quotidienne des Pompéiens et des habitants d’Herculanum ?


NOUVEAU=>  Catherine Wolff ( dir), Marie-Odile Charles-Laforge (dir)
Épisode 1
Religion et pouvoir : Monde romain 218 av. J.-C. – 235 ap. J.-C.
Épisode 2
Religion et pouvoir : Monde romain 218 av. J.-C. – 235 ap. J.-C.

Introduction.
Scheid insiste sur l’erreur : religion des romains : « religion sans foi, sans émotion, sans spiritualité » et rappelle « les rites de la religion collective des romains ne sont pas vide ».

A propos de la religion romaine
La Religio
Cicéron, discours De la réponse des haruspices, ajoute à la religio, la pietas et la sapientia (sagesse comprendre tout est gouverné par puissance divine). Religio : cultus deorum : culte des dieux « hommage dus à des concitoyens très puissants (dieux) en échange de leurs bienfaits ». Fait parler pontife Caius Aurelius Cotta : religio divisée en 3 :

  • Sacra : rite Numa, pontifes responsables
    Auspicia : rites associés à Romulus, augures responsables
    Interprètes de la Sibylle : Quindecimuiri sacris faciundi responsable
  • 3 collèges majeurs.

+ Haruspices : étude des phénomènes et des prodiges.

2 racines verbales : relegere : qui se contrôle, obligation

Religare : ce qui lie, relation hommes/dieux.

Pluriel : terme technique : hésitation dans l’exécution d’un rituel. Oppose religio/superstitio.


Le Romain et l’étranger: formes d’intégration des cultes étrangers dans les cités de l’Empire romain
William VAN ANDRINGA  & Françoise VAN HAEPEREN

Les «cultes orientaux» n’existent plus. Ces cultes, enfermés depuis long-temps dans une catégorie restrictive, reprennent, grâce à ce colloque, leurindépendance pour se disperser dans le foisonnement divin propre au poly-théisme. Malgré la disparition de la catégorie des «cultes orientaux», il reste encore un critère permettant de rassembler ces cultes entre eux: Isis, Sabazios,Magna Mater, Mithra, il s’agit chaque fois de cultes d’origine étrangère, de
sacra peregrina introduits à diverses époques à Rome et dans les cités du monde romain, que ces cultes aient été ou non reconnus officiellement lors de leur in-stallation.L’Atelier organisé à la Villa Vigoni sur les pratiques religieuses a permis d’ex-plorer certaines caractéristiques de ces cultes d’origine étrangère installés à Rome ou dans les cités du monde méditerranéen
Dans les dossiers archéologiques présentés, Isis s’est distinguée, de Délos à Mayence, par des pratiques cultuelles exotiques, mais de contenu comparable d’un lieu de culte à un autre : visiblement, ces dieux, comme l’a déjà remarqué Simon Price, avaient la capacité de transcender les lieux et les régions.
De même, avec Mithra, l’accent fut mis sur l’originalité de l’espace liturgique comme sur les rites célébrés qui démarquaient ce culte d’une lointaine origine iranienne.

Religion, institutions et société de la Rome antique

Religion, Institutions et société de La Rome Antique

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Cours : La cité, l’individu, la religion
La manière dont les cours présentés depuis sept ans abordent et comprennent la religion des romains est fortement inspirée par ce qu’on appelait autrefois la sociologie, telle que la comprenaient G. Dumézil et L. Gernet, et plus récemment par l’anthropologie sociale. Le principe fondamental de cette démarche est de partir de l’altérité des Anciens, en tenant présent à l’esprit qu’en matière religieuse
nous sommes tous directement ou indirectement déterminés par mille sept cents ans de pensée chrétienne.
il s’agit par conséquent d’une méthode qui, non seulement sur le plan de la religion, mais à propos de toutes les autres manifestations culturelles des Anciens invite à la prudence, et à la déconstruction des opinions modernes avant de revenir
aux sources antiques. À la fin du XIXe s. et au début du XXe , un certain nombre d’historiens de la religion avaient eux aussi affirmé l’altérité des Anciens en expliquant leurs comportements religieux par des coutumes observées en Afrique ou en Australie. Leur approche était liée à la recherche de la naissance des religions.

É. Durkheim recherchait l’origine de la religion ou du moins des religions particulières, comme G.W.F. Hegel l’avait fait avant lui.

La projection dans le passé des concepts religieux occidentaux permettait à ce dernier d’expliquer aisément l’évolution religieuse jusqu’aux religions chrétiennes, puisqu’elle impliquait qu’il  n’y avait guère de changement majeur à attendre. il suffisait de séparer à chaque génération de l’humanité l’ivraie du bon grain avant d’aboutir au christianisme éclairé de l’époque moderne.

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Religion et pouvoir dans le monde romain de 218 avant notre ère à 235 de notre ère 

Au delà du travail de fichage, de relecture et de mise en ligne qui mobilise des cadres des Clionautes, il est rajouté dans l’espace réservé de cette page au bas de l’article des ressources qui ne sont pas faciles à trouver lorsque l’on ne connaît pas les outils adaptés et que l’on se contente de lancer des recherches sur un moteur classique…

On comprendra l’intérêt de réserver les résultats de ces recherches à nos adhérents.

NOUVEAU => Philippe Borgeaud , Francesca Prescendi 

Religions antiques: une introduction comparée : Egypte, Grèce, Proche-Orient, Rome Broché – 7 janvier 2015

Innovations religieuses dans la Rome impériale

Chapitre 7

L’ensemble vise à répondre à deux objectifs : le premier méthodologique et épistémologique : comprendre le passé avec ses propres catégories ; le second lié aux préoccupations actuelles (qui se trouvent à l’arrière-plan de nombreux ouvrages récents) : mieux comprendre le présent grâce à un décentrement temporel, avec l’idée qu’il s’agit d’un laboratoire (on retrouverait là la touche de J. Scheid sur l’intérêt des religions mortes comme laboratoire). Une bibliographie sélective à la fin de chaque article permet de prolonger la réflexion. Un court index des auteurs, lieux, divinités et termes rares permet de bien utiliser cet ouvrage. L’accent est essentiellement mis sur la Grèce et Rome qui font l’objet de la majorité des articles et qui sont toujours envisagés en binôme, ce qui a l’avantage de mettre en avant des points communs et des différences que l’on a trop souvent tendance à oublier ou à minimiser.

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DIVINATION ET DÉCISIONS POLITIQUES DANS LA RÉPUBLIQUE ROMAINE

« Mais le droit le plus grand et le plus élevé dans l’État est lié à la position d’autorité (auctoritas) des augures.Je n’exprime pas ce jugement parce que je suis moi-même augure,mais parce que cette constatation s’impose nécessairement.En effet,y a-t-il plus grande prérogative,si nous cherchons en matière de droits,que de pouvoir ajourner les assemblées du peuple, quand elles ont déjà commencé, ou les annuler, quand elles ont déjà été tenues, ces assemblées réunies pour une élection ou une consultation par les plus hautes instances et les plus hauts magistrats ? Quoi de plus lourd de conséquences que l’interruption d’une délibération commencée,si un seul augure dit “une autre fois” ? Quoi de plus grandiose que de pouvoir décider la démission des consuls ? Quoi de plus vénérable (religiosus) que d’accorder ou non le droit de s’adresser au peuple ou à la plèbe,que d’annuler une loi qui n’a pas été votée de façon légitime, comme la loi Titia [99 av. J.-C.], annulée par une décision du collège,ou la loi Livia [91 av.J.-C.],annulée sur l’avis de Philippe,à la fois consul et augure, qu’aucun acte des magistrats,que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur,ne puisse être ratifié par quiconque sans l’accord de leur autorité  (auctoritas) ? » (Cic.,Leg.2,31)

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Quand faire, c’est croire : Les rites sacrificiels des Romains
Nouveau => John Scheid Quand faire c’est croire, Les rites sacrificiels des Romains

Auteur : John Scheid est un historien, épigraphiste, et archéologue français, spécialiste de l’Antiquité romaine. Professeur au Collège de France, il est responsable de la chaire « religion, institutions et société de la Rome antique ». Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur la religion romaine dont La religion des Romains, Rites et religion à Rome, La religion romaine en perspective, Pouvoir et religion à Rome.

Présentation de l’ouvrage : L’ouvrage de John Scheid est consacré aux rites sacrificiels romains et à la mise en scène des hiérarchies qui les accompagnent, hiérarchies entre les hommes et les dieux, mais aussi entre les dieux eux-mêmes.

Intérêt de l’ouvrage : John Scheid choisit de se pencher sur un sujet peu étudié ou très partiellement résumé dans les manuels afin d’éclairer ses lecteurs sur un sujet essentiel dans la religion romaine. Il est donc fondamental de s’intéresser à cette partie intégrante de la religion afin d’être capable de la comprendre et de la maitriser.

 

 

 


Une mémoire en actes espaces, figures et discours dans le monde romain

Présentation de l’éditeur

Les traces écrites et figurées de la mémoire dans le monde romain constituent ensemble un monumentum au sens premier du terme (en latin, le verbe moneo-monere signifie avertir, témoigner), une véritable balise pour le temps présent. Leur étude sur la longue durée, de la république médiane à l’Antiquité tardive, propose ainsi une véritable « mémoire en actes » originale, susceptible de participer au renouvellement de nos approches des relations entretenues par l’histoire et la mémoire. Sont analysés quelques espaces romains et impériaux (de l’Aventin à la colonie de Philippes en Macédoine), plusieurs figures de pouvoir éminentes ou plus méconnues (de Mécène à Avitus), et des discours, en mots et en images, empreints de rhétorique classique (depuis Tacite jusqu’à la statuaire de l’Afrique tardive).

 

 


Nouveau => La politique religieuse augustéenne à travers deux copies de reliefs du musée Adolf Michaelis

Depuis que Ronald Syme a exposé son analyse sur l’arrivée au pouvoir d’Auguste, l’art romain de la fin des guerres civiles et du Principat a bien du mal à se défaire de certaines étiquettes. Encore aujourd’hui, il n’est pas rare d’en faire un outil de propagande véhiculant le retour à l’âge d’or et le conservatisme augustéen après les dernières années troublées de la République. Pourtant, d’autres auteurs, comme Ranucchio Bianchi Bandinelli, ont, avec quelques exagérations, insisté sur l’aspect révolutionnaire de cet art qui ne se contente pas de reproduire des idéaux esthétiques, mais est capable de véritables créations artistiques. Comme l’a montré Gilles Sauron, l’analyse de l’art sous Auguste ne peut pas faire l’économie d’une compréhension plus vaste des divers mouvements artistiques ayant marqué le dernier siècle de la République. Une étude des œuvres dans leur contexte est indispensable pour saisir les sens cachés, les énigmes dont les Romains cultivés étaient friands. De ce fait, le message artistique n’est pas accessible à chacun, il appartient au contemplateur contemporain de retrouver le regard des observateurs antiques.

 


Yann Berthelet
Gouverner avec les dieux, Autorité, auspices et pouvoir, sous la République romaine et sous Auguste
Les belles lettres – Collection Mondes anciens – Première publication : 15/05/2015 448 pages Bibliographie, Index

L’auteur cherche à montrer qu’il faut considérer la religion romaine comme les romains la considérait eux-mêmes. Il s’inscrit ici dans la lignée de John Scheid qui a longuement dénoncé une approche christianocentrée à travers laquelle la religion romaine a longtemps été perçue, à partir des catégories mentales issues de la civilisation chrétienne.

Il reprend Cicéron pour présenter le fait que Rome était la « cité commune des dieux et des hommes » où les dieux étaient perçus comme des concitoyens supérieurs.

Il rappelle que la religion romaine était « fondamentalement sociale et l’homme la pratiquait toujours comme membre d’une communauté – la communauté modèle étant la cité ».

Le sujet de son ouvrage est un aspect plus particulier de la religion romaine : la divination augurale (un des deux aspects de la divination publique avec la divination sacrale – qu’il laisse de côté). Elle est la compétence du collège sacerdotal des augures, en collaboration avec le Sénat et les magistrats.


Rome, du mythe à l’histoire

John Scheid La religion des Romains Armand Colin, coll. Cursus, 3ème édition, 2017, 223 p

Marcel Le Glay La religion romaine Religion et pouvoir dans le monde romain de 218 avant notre ère à 235 de notre ère – Armand Colin, 297 pages – 1997

John Scheid

Les dieux, l’État et l’individu. Réflexions sur la religion civique à Rome – Épisode 1
Les dieux, l’État et l’individu. Réflexions sur la religion civique à Rome – Épisode 2
Les dieux, l’État et l’individu. Réflexions sur la religion civique à Rome – Épisode 3
Seuil – 02/05/2013 – Collection Les Livres du nouveau monde – Nombre de pages 224

Lezek Mrozewicz

Religion et despotisme : le cas de Domitien (51-96) 
Pouvoir et religion dans le monde romain, en hommage à Jean-Pierre Martin, PUPS, 2006.

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Philippe Borgeaud , Francesca Prescendi

Religions antiques: une introduction comparée : Egypte, Grèce, Proche-Orient, Rome Broché – 7 janvier 2015