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Recension des livres et articles – Religion et pouvoir dans le monde romain de 218 avant notre ère à 235 de notre ère 

Histoire ancienne

CAPES d'histoire-géographie

Recension des livres et articles – Religion et pouvoir dans le monde romain de 218 avant notre ère à 235 de notre ère 
  • Richard Beck, Religion, institutions et société de la Rome antique

-> Commentaire sur la ressource: La manière dont les cours présentés depuis sept ans abordent et comprennent la religion des romains est fortement inspirée par ce qu’on appelait autrefois la sociologie, telle que la comprenaient G.Dumézil et L. Gernet, et plus récemment par l’anthropologie sociale. Le principe fondamental de cette démarche est de partir de l’altérité des Anciens, en tenant présent à l’esprit qu’en matière religieuse nous sommes tous directement ou indirectement déterminés par mille sept cents ans de pensée chrétienne. il s’agit par conséquent d’une méthode qui, non seulement sur le plan de la religion, mais à propos de toutes les autres manifestations culturelles des Anciens invite à la prudence, et à la déconstruction des opinions modernes avant de revenir aux sources antiques.

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  • Françoise Van Haeperen, «  »Des médecins de l’âme ». Les prêtres des religions orientales selon Cumont », dans C. Bonnet, C. Ossola et J. Scheid (dir.), Rome et ses religions: culte, morale, spiritualité, 2010
-> Commentaire sur la ressource: 
Franz Cumont attribuait le succès des religions orientales dans le paganisme romain à leur supériorité par rapport à la froide religion des Romains: celles-ci parlaient en effet davantage aux sens, à l’intelligence et surtout à la conscience; elles préparaient ainsi le triomphe du christianisme. Le succès de ces cultes était aussi largement dû, constatait le savant, aux prêtres qui leur étaient attachés.
Les études récentes ont prouvé que ces cultes orientaux étaient plus proches de la religion romaine traditionnelle que du christianisme et qu’elles étaient davantage axées sur la prospérité ici-bas que sur le salut dans l’au-delà ; en outre, Guy Stroumsa a suggéré que c’était plutôt avec des «armes juives» que le christianisme avait conquis le monde romain.
Je ne reviendrai pas plus longuement sur cette remise en cause du schéma évolutionniste des religions que proposait Cumont ni sur le concept de «religions orientales».
C’est la vision que ce savant propose des sacerdoces «orientaux» que je souhaite présenter ici, avant d’approfondir sa perception des prêtres d’une divinité orientale, Cybèle. J’évaluerai enfin à l’aune de recherches récentes les apports et
les apories de ses considérations.

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  • La prière secrète du pontife ou Silence et murmure, des gestes vocaux signifiants dans la tradition religieuse romaine 
Couverture fasciculeDans le cadre de la religion publique romaine, même si les cérémonies religieuses sont organisées et célébrées par des prêtres ou des magistrats, « cela n’équivaut nullement à exclure le citoyen ordinaire »(2). La plupart des rites publics exigent la présence des Romains. Si un auditoire humain n’est pas toujours spécifiquement requis, il est bon néanmoins de « s’adresser à la divinité comme si les hommes entendaient (sic loquere cum deo tamquam homines audiant) »(3). Quelques  ratiques religieuses échappent cependant à ce modèle. Plutarque considère ainsi que les rites en l’honneur de Bona Dea, au mois de décembre, constituent des ἀπόρρητα  dans la mesure où aucun homme ne peut y assister(4). Cicéron qualifie d’ailleurs d’occulta ces sacra(5). De la même façon, le roi Tullus Hostilius aurait découvert  dans les notes laissées par Numa « certains sacrifices secrets célébrés annuellement (occulta sollemnia sacrificia) » en l’honneur de Jupiter Elicius qui devaient être accomplis sans témoins(6). Ces rites publics désignés comme occulta ou ἀπορρήτοι, -ce que nous traduirons par « secrets »- ne constituent pas des cas isolés. Par exemple, après que tous les sacrifices à Dea Dia sont terminés, les arvales enjoignent aux esclaves et aux kalatores de s’en aller et s’enferment dans le  sanctuaire(7). Plutarque indique qu’en souvenir de l’ensevelissement d’un couple de Gaulois et d’un couple de Grecs, on célébrait sur le Forum Boarium des « cérémonies secrètes auxquelles personne ne pouvait assister (ἀπορρήτους καὶ ἀθεάτους ἱερουργίας) »(8).

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  • M. Godelier (dir.), « La mort dans la Rome antique », dans M. Godelier (dir.), La mort et ses au-delà, 2014

->Extrait de la fiche:

« Etranger, ce que j’ai à dire est peu de choses, arrête-toi et lis. Ici est le tombeau sans beauté d’une belle femme. Ses parents lui donne`rent le nom de Claudia. Elle aima son mari en son cœur, et lui donna deux fils. L’un est reste´ sur terre, l’autre est dejà dessous. Sa conversation était charmante, sa démarche gracieuse. Elle veilla sur sa maison et fila la laine. J’ai dit. Pars. » Trouvée à Rome, dans le Trastevere, cette épitaphe versifiée datée des années 130-120 av. J.-C., l’une des plus anciennes qui se rapporte à une femme vraisemblablement d’une grande famille, rappelle la loi commune du genre humain, à la fois banale et dramatique : il faut mourir. Néanmoins elle commence par interpeller les vivants, en l’occurrence le passant, l’étranger. Une exception ? Non pas. C’est chose courante. En Toscane, en Germanie supérieure ou aux abords de Setif en Algérie, dans tout le monde romain se retrouve, grâce a l’inscription grave sur le monument funéraire, ce dialogue entre un mort nommé et un voyageur anonyme. Familiarité ? Assurément. Elle repose sur le sentiment que pour tous, quel que soit son rang social et juridique, l’heure fatale viendra. »

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->Extrait de la fiche:

« Il est étonnant qu’un haruspice puisse ne pas éclater de rire quand il voit un autre haruspice », mot de Caton (Cicéron, Sur la divination 2, 51). La religion romaine est une religion sociale et une religion d’actes cultuels. « Religion sociale, elle est pratiquée par l’homme en tant que membre d’une communauté et non comme individu subjectif, comme personne ; elle est au plus haut degré une religion de participation et elle n’est que cela. » Lieu d’exercice : famille, association professionnelle ou cultuelle, communauté politique. Pierre Boyancé : « La religion romaine apparaît politique en ce sens que l’Etat est pour l’individu le médiateur naturel entre les dieux entre les dieux et lui. Le civisme se lie indissolublement à la tradition religieuse. » Pierre Boyancé, Etudes sur la religion romaine, 1972. « L’attitude religieuse du Romain doit (…) être distinguée du système de croyance. Religio n’équivaut pas à credo. » (Robert Schilling, Rites, Cultes, Dieux de Rome, 1979). Respect des dieux => salut de la respublica => réussir civitas. Argument historique : réussite de la pieuse Rome. »


  • Institution européen d’histoire et des cultures de l’alimentation, Sacrifice, marché de la viande et pratiques alimentaires dans les cités du Monde romain, vol. 5, n°1, 2007

 

 

 

 

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  • Marie-Thérèse Raepsaet-Charlier, « La place des femmes dans la religion romaine : marginalisation ou complémentarité ? L’apport de la théologie », dans Marginación y mujer en el imperio romano, Pilar Pavon, Roma, 2018.
Résumé
L’article cherche à montrer que, malgré les restrictions importantes qui sont imposées aux femmes romaines, restrictions qu’il convient de ne pas refuser ni minimiser, la place de celles-ci dans la religion n’est pas marginale mais complémentaire à celle des hommes. Un regard sur la théologie du couple Jupiter-Junon confirme cette interprétation.
Mots-clefs
Religion romaine, femme romaine, sacerdoces féminins, sacrifice, Junon.
Sur les rôles religieux féminins dans la Rome antique, on aurait pu croire que tout avait été dit. De longue date mais aussi plus récemment, des publications importantes en ont abordé bien des aspects et il m’avait semblé, lorsqu’il y a plus de 10 ans j’abordais la question par le biais de la situation juridique1, qu’il pourrait s’établir un consensus d’interprétation. En fait des réticences ponctuelles s’étaient déjà fait jour ; surtout, l’année de parution, 2006, dans un ouvrage au demeurant très bien informé de la religion d’époque républicaine, C. Schultz2 rouvrait le débat à propos de la notion d’incapacité sacrificielle des femmes. Cela répondait, pour le monde romain, à une tendance de la recherche à mettre en cause, pour la religion grecque, la même notion qui avait pourtant grandement aidé à l’élucidation de nombreux problèmes. Ainsi aujourd’hui, loin d’une avancée globale, la dissension s’est installée en particulier sur ce point et, par corollaire, sur les implications qu’on veut lui attribuer en matière de localisation de la femme en religion romaine, aux marges ou au centre.

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Rites of the state religion in Roman art

-> Commentaire sur la ressource:

Inez Scott Ryberg (1901-1980) était une universitaire et archéologue classique américaine, membre de l’Académie Américaine de Rome, spécialisée dans l’archéologie, l’art romain et l’architecture. Elle s’était déjà intéressée aux rites romains dans des articles précédents, comme « The Procession of the Ara Pacis » (1949). Un autre ouvrage majeur, Panel Reliefs of Marcus Aurelius (1960), complète cette étude. Se fondant sur des données archéologiques collectées au cours de précédentes études, ainsi que sur une approche à la fois artistique, archéologique et historique des monuments romains, son ouvrage Rites of the State Religion in Roman art constitue une recension très exhaustive et organisée des différentes représentations de rites religieux ; il a également pour objectif de dégager certains traits caractéristiques des politiques religieuses impériales et des pratiques religieuses de l’époque.

Les rites sont le plus souvent représentés sur des reliefs sculptés qui décoraient les monuments publics érigés pour commémorer des événements d’importance, comme les arcs de triomphe, ou pour mettre l’accent sur des aspects particuliers des politiques officielles, comme l’Arc de la Paix. Ainsi, l’analyse de l’auteure, d’abord chronologique puis typologique, porte sur ces reliefs décrits avec détail et parfois mis en relation avec d’autres formes d’art. Deux chapitres sont également consacrés aux reliefs des monuments privés et aux types numismatiques. Si Inez Scott Ryberg part des origines grecques et étrusques pour souligner diverses influences dans la représentation des rites religieux, son propos est centré sur une période allant approximativement de la fin de la République à la fin de la dynastie des Sévères.


-> Extrait de la fiche de lecture: 

« Pour William Van Andringa, dans les cités ensevelies par le Vésuve, la proximité des dieux et des hommes est plus palpable que n’importe où ailleurs. De plus, la conservation des monuments y est exceptionnelle, ce qui encourage leur étude. « Il est vrai que notre contrée foisonne de tant de divinités propices qu’on y peut rencontrer un dieu plus facilement qu’un homme » écrivait Pétrone dans son Satyricon.
Cité, maison et quartiers avaient leurs propres dieux protecteurs et l’on ne manquait pas une occasion de le rappeler. Jusque dans la pièce d’apparat d’une maison en face du temple de Vénus, on trouvait un panneau représentant la déesse Vénus arrivant à Pompéi. Dans les temples, les rues et les maisons, on représentait des scènes herculéennes : Hercule, en effet, aurait fondé Pompei (dont le nom viendrait de la pompa d’Hercule) après avoir récupéré les bœufs de Géryon, volés par le Géant Cacus. Ces images pieuses et décoratives avaient aussi et surtout un rôle identitaire et communautaire.
Néanmoins, il n’y avait pas de « profusion informe » (Ramsay MacMullen). Les mêmes dieux revenaient régulièrement comme protecteurs des villes, des carrefours et du foyer, en particulier Jupiter, dieu du Vésuve. Dans l’intimité, chacun est libre de vénérer le dieu qu’il souhaite, mais l’importance de la religion civique et la fides implicita (habitudes locales) influaient énormément. En fait, les dieux quotidiens étaient les grands dieux de la cité, dont on assurait la présence en tous lieux afin qu’ils assurent aux Pompéiens une « tranquillisation quotidienne » (Paul Veyne).
Les dieux étaient partout, mais chacun à leur place. Ils étaient des êtres supérieurs mais présents et accessibles, avec une hiérarchisation des actes religieux selon la nature du culte. La Vénus de la place publique, par exemple, bénéficiaient de sacrifices animales (animaux femelles et blancs) tandis qu’un toast, de l’encens, du vin ou quelques fruits suffisaient pour la Vénus domestique. »


  • Catherine Wolff ( dir), Marie-Odile Charles-Laforge (dir), Religion et pouvoir dans le Monde romain, Atlande

  • John Scheid, Religion, institutions et société de la Rome antique, Collège de France, Fayard

Religion, Institutions et société de La Rome Antique

-> Commentaire sur la ressource:

Cours : La cité, l’individu, la religion
La manière dont les cours présentés depuis sept ans abordent et comprennent la religion des romains est fortement inspirée par ce qu’on appelait autrefois la sociologie, telle que la comprenaient G. Dumézil et L. Gernet, et plus récemment par l’anthropologie sociale. Le principe fondamental de cette démarche est de partir de l’altérité des Anciens, en tenant présent à l’esprit qu’en matière religieuse nous sommes tous directement ou indirectement déterminés par mille sept cents ans de pensée chrétienne. il s’agit par conséquent d’une méthode qui, non seulement sur le plan de la religion, mais à propos de toutes les autres manifestations culturelles des Anciens invite à la prudence, et à la déconstruction des opinions modernes avant de revenir aux sources antiques. À la fin du XIXe s. et au début du XXe , un certain nombre d’historiens de la religion avaient eux aussi affirmé l’altérité des Anciens en expliquant leurs comportements religieux par des coutumes observées en Afrique ou en Australie. Leur approche était liée à la recherche de la naissance des religions. É. Durkheim recherchait l’origine de la religion ou du moins des religions particulières, comme G.W.F. Hegel l’avait fait avant lui. La projection dans le passé des concepts religieux occidentaux permettait à ce dernier d’expliquer aisément l’évolution religieuse jusqu’aux religions chrétiennes, puisqu’elle impliquait qu’il  n’y avait guère de changement majeur à attendre. il suffisait de séparer à chaque génération de l’humanité l’ivraie du bon grain avant d’aboutir au christianisme éclairé de l’époque moderne.

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  • Michel Humm, Religion et pouvoir à Rome dans l’Antiquité, Arelas, bulletin n°39, 2019 
    Professeur d’Histoire romaine
    Université de Strasbourg – UMR 7044 ArcHiMèd

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  • Jorg Rupke, « Divination et décisions politiques dans la République romaine », dans Panthéon, une nouvelle histoire de la religion romaine, 2018

-> Extrait du chapitre:

« Mais le droit le plus grand et le plus élevé dans l’État est lié à la position d’autorité (auctoritas) des augures.Je n’exprime pas ce jugement parce que je suis moi-même augure,mais parce que cette constatation s’impose nécessairement.En effet,y a-t-il plus grande prérogative,si nous cherchons en matière de droits,que de pouvoir ajourner les assemblées du peuple, quand elles ont déjà commencé, ou les annuler, quand elles ont déjà été tenues, ces assemblées réunies pour une élection ou une consultation par les plus hautes instances et les plus hauts magistrats ? Quoi de plus lourd de conséquences que l’interruption d’une délibération commencée,si un seul augure dit “une autre fois” ? Quoi de plus grandiose que de pouvoir décider la démission des consuls ? Quoi de plus vénérable (religiosus) que d’accorder ou non le droit de s’adresser au peuple ou à la plèbe,que d’annuler une loi qui n’a pas été votée de façon légitime, comme la loi Titia [99 av. J.-C.], annulée par une décision du collège,ou la loi Livia [91 av.J.-C.],annulée sur l’avis de Philippe,à la fois consul et augure, qu’aucun acte des magistrats,que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur,ne puisse être ratifié par quiconque sans l’accord de leur autorité (auctoritas) ? » (Cic.,Leg.2,31)

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Quand faire, c’est croire : Les rites sacrificiels des Romains

 

->Auteur : John Scheid est un historien, épigraphiste, et archéologue français, spécialiste de l’Antiquité romaine. Professeur au Collège de France, il est responsable de la chaire « religion, institutions et société de la Rome antique ». Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur la religion romaine dont La religion des Romains, Rites et religion à Rome, La religion romaine en perspective, Pouvoir et religion à Rome.

->Présentation de l’ouvrage : L’ouvrage de John Scheid est consacré aux rites sacrificiels romains et à la mise en scène des hiérarchies qui les accompagnent, hiérarchies entre les hommes et les dieux, mais aussi entre les dieux eux-mêmes.

->Intérêt de l’ouvrage : John Scheid choisit de se pencher sur un sujet peu étudié ou très partiellement résumé dans les manuels afin d’éclairer ses lecteurs sur un sujet essentiel dans la religion romaine. Il est donc fondamental de s’intéresser à cette partie intégrante de la religion afin d’être capable de la comprendre et de la maitriser.

 


  • William VAN ANDRINGA  & Françoise VAN HAEPEREN, Le Romain et l’étranger: formes d’intégration des cultes étrangers dans les cités de l’Empire romain

-> Commentaire sur la ressource:

Les «cultes orientaux» n’existent plus. Ces cultes, enfermés depuis long-temps dans une catégorie restrictive, reprennent, grâce à ce colloque, leurindépendance pour se disperser dans le foisonnement divin propre au poly-théisme. Malgré la disparition de la catégorie des «cultes orientaux», il reste encore un critère permettant de rassembler ces cultes entre eux: Isis, Sabazios,Magna Mater, Mithra, il s’agit chaque fois de cultes d’origine étrangère, de
sacra peregrina introduits à diverses époques à Rome et dans les cités du monde romain, que ces cultes aient été ou non reconnus officiellement lors de leur in-stallation.L’Atelier organisé à la Villa Vigoni sur les pratiques religieuses a permis d’ex-plorer certaines caractéristiques de ces cultes d’origine étrangère installés à Rome ou dans les cités du monde méditerranéen
Dans les dossiers archéologiques présentés, Isis s’est distinguée, de Délos à Mayence, par des pratiques cultuelles exotiques, mais de contenu comparable d’un lieu de culte à un autre : visiblement, ces dieux, comme l’a déjà remarqué Simon Price, avaient la capacité de transcender les lieux et les régions.
De même, avec Mithra, l’accent fut mis sur l’originalité de l’espace liturgique comme sur les rites célébrés qui démarquaient ce culte d’une lointaine origine iranienne.

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  • Philippe Borgeaud, Francesca Prescendi, « Innovations religieuses dans la Rome impériale » [Chapitre 7], dansReligions antiques: une introduction comparée : Egypte, Grèce, Proche-Orient, 2015

 

-> Commentaire sur la ressource:

L’ensemble vise à répondre à deux objectifs : le premier méthodologique et épistémologique : comprendre le passé avec ses propres catégories ; le second lié aux préoccupations actuelles (qui se trouvent à l’arrière-plan de nombreux ouvrages récents) : mieux comprendre le présent grâce à un décentrement temporel, avec l’idée qu’il s’agit d’un laboratoire (on retrouverait là la touche de J. Scheid sur l’intérêt des religions mortes comme laboratoire). Une bibliographie sélective à la fin de chaque article permet de prolonger la réflexion. Un court index des auteurs, lieux, divinités et termes rares permet de bien utiliser cet ouvrage. L’accent est essentiellement mis sur la Grèce et Rome qui font l’objet de la majorité des articles et qui sont toujours envisagés en binôme, ce qui a l’avantage de mettre en avant des points communs et des différences que l’on a trop souvent tendance à oublier ou à minimise

 

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  • Francesca Prescendi Morresi, Décrire et comprendre le sacrifice. Les réflexions des Romains sur leur propre religion à partir de la littérature antiquaire

 

-> Commentaire sur la ressource:

Ce travail est une enquête sur le sacrifice vu par les Romains. Mon but n’est pas de faire le point des connaissances actuelles sur la procédure sacrificielle romaine, mais d’étudier la réflexion développée par les Romains eux-mêmes sur cet acte cultuel. Il s’agit d’une recherche plus historiographique qu’historique. Ce qui occupe le centre de mon intérêt, ce sont les exégèses
anciennes des gestes réalisés durant le sacrifice et les mythes qui illustrent celui-ci.
L’enjeu de cet examen des exégèses et des mythes est d’appréhender comment les Romains réfléchissaient sur leur propre religion et en rendaient compte. A cet égard, le fait de privilégier l’étude du sacrifice plutôt que
d’autres éléments cultuels me paraît être un choix idéal pour deux raisons. La première tient au fait que le sacrifice romain est attesté non seulement par les textes littéraires, mais aussi par les inscriptions (par exemple les comptes
rendus des frères arvales) et les représentations iconographiques. Cette connaissance basée sur différentes sources est indispensable pour pouvoir cerner, par contraste, les caractères principaux de l’exégèse littéraire. La seconde raison est que le sacrifice est l’acte central de tout rituel religieux. Etudier ce que les Romains en ont dit permet de atteindre le fond de leur pensée religieuse.

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-> Présentation de l’éditeur

Les traces écrites et figurées de la mémoire dans le monde romain constituent ensemble un monumentum au sens premier du terme (en latin, le verbe moneo-monere signifie avertir, témoigner), une véritable balise pour le temps présent. Leur étude sur la longue durée, de la république médiane à l’Antiquité tardive, propose ainsi une véritable « mémoire en actes » originale, susceptible de participer au renouvellement de nos approches des relations entretenues par l’histoire et la mémoire. Sont analysés quelques espaces romains et impériaux (de l’Aventin à la colonie de Philippes en Macédoine), plusieurs figures de pouvoir éminentes ou plus méconnues (de Mécène à Avitus), et des discours, en mots et en images, empreints de rhétorique classique (depuis Tacite jusqu’à la statuaire de l’Afrique tardive).

 


-> Commentaire sur la ressource:

Depuis que Ronald Syme a exposé son analyse sur l’arrivée au pouvoir d’Auguste, l’art romain de la fin des guerres civiles et du Principat a bien du mal à se défaire de certaines étiquettes. Encore aujourd’hui, il n’est pas rare d’en faire un outil de propagande véhiculant le retour à l’âge d’or et le conservatisme augustéen après les dernières années troublées de la République. Pourtant, d’autres auteurs, comme Ranucchio Bianchi Bandinelli, ont, avec quelques exagérations, insisté sur l’aspect révolutionnaire de cet art qui ne se contente pas de reproduire des idéaux esthétiques, mais est capable de véritables créations artistiques. Comme l’a montré Gilles Sauron, l’analyse de l’art sous Auguste ne peut pas faire l’économie d’une compréhension plus vaste des divers mouvements artistiques ayant marqué le dernier siècle de la République. Une étude des œuvres dans leur contexte est indispensable pour saisir les sens cachés, les énigmes dont les Romains cultivés étaient friands. De ce fait, le message artistique n’est pas accessible à chacun, il appartient au contemplateur contemporain de retrouver le regard des observateurs antiques.


-> Commentaire sur la ressource:

L’auteur cherche à montrer qu’il faut considérer la religion romaine comme les romains la considérait eux-mêmes. Il s’inscrit ici dans la lignée de John Scheid qui a longuement dénoncé une approche christianocentrée à travers laquelle la religion romaine a longtemps été perçue, à partir des catégories mentales issues de la civilisation chrétienne.

Il reprend Cicéron pour présenter le fait que Rome était la « cité commune des dieux et des hommes » où les dieux étaient perçus comme des concitoyens supérieurs.

Il rappelle que la religion romaine était « fondamentalement sociale et l’homme la pratiquait toujours comme membre d’une communauté – la communauté modèle étant la cité ».

Le sujet de son ouvrage est un aspect plus particulier de la religion romaine : la divination augurale (un des deux aspects de la divination publique avec la divination sacrale – qu’il laisse de côté). Elle est la compétence du collège sacerdotal des augures, en collaboration avec le Sénat et les magistrats.


-> Extrait de la fiche de lecture:

« L’histoire de la religion des Romains est une histoire sous influences. D’abord une influence du XIXème siècle qui postulait que la religion des Romains était une religion décadente, que cette religion est fade mais malgré tout fondée sur une très forte piété populaire. Dans cette théorie, on retrouve l’influence des Allemands et notamment de Theodor Mommsen. L’idée était aussi de transcrire l’évolution de cette religion dans une perspective chrétienne. La seconde influence est la préoccupation d’une religion envahie par les cultes étrangers : J. Hartung (1836) sépare dans ses travaux la religion romaine de la religion grecque. A cela s’ajoute la conception romantique de l’époque et le postulat de la décadence (travail de Georg Wissowa, 1912). La dernière influence est celle de la « religion pure » et la question des origines. Que savons-nous de la religion romaine archaïque? Il existe déjà un nombre réduit de sources, du moins exploitables, avec lesquelles il est difficile de remonter au-delà du IIème avant J.-C.. Pour les périodes antérieures, on possède quelques textes épigraphiques mais avec lesquels il faut être très prudent : les mythes doivent être étudiés dans le contexte historique de leur rédaction. »


  • Marcel Le Glay, « La religion romaine », dans Religion et pouvoir dans le monde romain de 218 avant notre ère à 235 de notre ère , Armand Colin, 297 pages, 1997

-> Extrait de la fiche de lecture: 

« Cette fiche a pour ambition de fournir un éclairage sur la nouvelle question d’histoire ancienne au programme de l’agrégation, qui s’intitule « Religion et pouvoir dans le monde romain de 218a à 235p ». L’ouvrage se compose de près de trois cents pages ; une première partie, qui constitue une synthèse très dense, fait l’objet d’un travail de recomposition pour la présente fiche. Une deuxième partie, très précieuse, est un recueil de documents, qui sera très utile pour anticiper le commentaire de document en histoire à l’écrit ou à l’oral. Enfin, l’ouvrage comprend un glossaire, qui est utile pour se forger un lexique dès le début de la préparation. L’ouvrage, quelque peu daté, a pour principale qualité la clarté. Il est d’ailleurs souvent cité dans les bibliographies plus récentes.

Pour la période qui nous intéresse, l’auteur propose une approche chronologique, qui court de la monarchie au Principat. Pour les besoins de ce travail, nous avons recomposé nos notes de manière à les adapter aux bornes chronologiques du sujet, sans pour autant sacrifier la pensée de l’auteur. »


  • John Scheid, Les dieux, l’État et l’individu, Seuil, 2013

Les dieux, l’État et l’individu. Réflexions sur la religion civique à Rome – Épisode 1
Les dieux, l’État et l’individu. Réflexions sur la religion civique à Rome – Épisode 2
Les dieux, l’État et l’individu. Réflexions sur la religion civique à Rome – Épisode 3

->Extrait de la fiche de lecture:

« Une fois, il se fait attaquer par des ennemis alors qu’il sacrifie. Alors que ses amis ont peur, lui n’est pas anxieux devant la menace, car il a confiance en l’aide divine. Il remplit ses obligations à l’égard des protecteurs de Rome, et ne saurait interrompre sa tâche pour des problèmes triviaux.

Émile Benveniste a montré que ce comportement traduisait la notion que les Romains appelaient fides, foi. Son sens littéral est « crédit », désignant l’aide ou le bénéfice que l’on peut attendre de celui qui entretient avec quelqu’un un rapport d’échange et de réciprocité. En accomplissant tous les gestes et prestations d’hommage et de soutien qu’exige le code social, le protégé est sûr de recevoir le soutien de son dominus.

Une fois devenu roi, Numa met fin à la sauvagerie romuléenne en fondant la justice et la piété. Justice et religion sont deux vertus sociales équivalentes, dont l’une est dirigée vers les humains, l’autre vers les dieux. »


->Extraits de la fiche de lecture:

« La sympathie de l’empereur Domitien pour la déesse Minerve est connu. On peut admirer au musée de Vaison-la-Romaine une sculpture presque intacte de l’empereur revêtu d’une cuirasse sur laquelle on peut voir une figure de la déesse armée d’un bouclier et d’une lance et entourée par deux Victoires dansantes1. Domitien considérait Minerve comme sa protectrice et des rumeurs circulaient selon lesquelles il était le fils de la déesse : il fit érigé trois temples en son honneur à Rome sur le Champ de Mars, sur le Forum romain et sur le Forum Transitorium2. La déesse ne reçut plus de temples après le principat de Domitien. Il est d’autre part fréquent de voir apparaitre Minerve sur les émissions monétaires de Domitien, pour qui la déesse assurait la prospérité et le succès militaire comme le montre les deux Victoires soumises à Minerve sur la cuirasse de l’empereur. Si l’empereur a pu être assassiné le 18 septembre 96 du fait d’une conspiration de palais, c’est, selon Suétone, par ce que Minerve fût désarmée par Jupiter qu’elle ne pût protéger le princeps. »


L’invitée: Meriem Sebaï, maître de conférences à l’université Paris-I

Le thème :nouvelle question au programmede l’agrégation d’histoire pour 2020 : « Religion et pouvoir dans le monde romain de 218 avant notre ère à 235 de notre ère »
Consulter l’émission portant sur la question d’histoire médiévale.

Avertissement :l’entretien, réalisé à titre individuel, et les conseils donnés, ne reflètent pas une position officielle du jury de l’agrégation externe d’histoire.

La discussion :

  • Une question d’histoire religieuse reflétant une historiographie à maturité (1’00)
  • Le sens du cadre chronologique donné pour le programme, avec l’importance de la date de 212 à la fin de la période (3’05)
  • Une question qui n’est pas centrée sur la christianisation de l’empire (6’45)
  • La césure de la période augustéenne (7’45) et la notion de « culte impérial » (8’30)
  • La tension entre nouveautés religieuses et retour aux traditions à Rome (10’10)
  • La spécificité du vocabulaire romain en matière de cultes, centrés sur des pratiques (11’45)
  • Le cadre géographique de la question, dont la définition n’est pas  entièrement nette (15’15)
  • L’arrivée à Rome de cultes et de divinités venues d’ailleurs (17’00)
  • Des tensions et réticences envers ces nouveautés comme lors des Bacchanales (20’30)
  • Les effets religieux des guerres civiles (21’30)
  • Les rapports entre Rome et les monothéismes (23’10)
  • La place de John Scheid et de ses travaux dans l’historiographie de la question (24’35)
  • Quelles sources aborder pour se confronter à la question ? (29’30)
  • Conseils de lecture (33’)

Les conseils de lecture :
– John Scheid,La religion des Romains, Paris, Armand Colin, « Cursus », 3eéd., 2017.
– John Scheid,Religion et piété à Rome, Paris, Albin Michel, 2001.
– François Jacques et John Scheid,Rome et l’intégration de l’Empire. 44 av. J.-C- 260 ap. J.-C., Tome 1. Les structures de l’empire romain, Paris, PUF, « Nouvelle clio » 1990
– William Van Andringa,Quotidien des dieux et des hommes : la vie religieuse dans les cités du Vésuve à l’époque romaine, Rome, École française de Rome, 2009.
– Audrey Bertrand,La religion publique des colonies dans l’Italie républicaine et impériale (Italie médio-adriatique, IIIe s. av. n.è.-IIe s. de n.è.), Rome, École française de Rome, 2015
– Yann Berthelet,Gouverner avec les dieux. Autorité, auspices et pouvoir, sous la République romaine et sous Auguste, Belles Lettres, collection « Mondes anciens », Paris, 2015


  • Philippe Borgeaud, « Rites et émotions. Considérations sur les mystères », dans  John Scheid (dir.), Rites et croyances dans les religions du Monde romain, 2007

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  • Danuta Musial, La triade plebeienne et la déesse Ceres, 2007


-> Commentaire sur la ressource:
Les premières années de la République romaine correspondent à la fondation de quelques temples. Le plus célèbre fut bien entendu celui dédié à Jupiter, Junon et Minerve, fondé sur le Capitole et daté habituellement de

509 av. J.-C. Au début du Vimc siècle, on fonda également les temples dédiés à Castor (Dioscures), Mercure et la triade plébéienne, c’est-à-dire Cérès, Li- ber et Libéra. Toutes ces fondations sont sujettes à discussion, et le caractère des sources conservées ne permet pas de résoudre quelques questions épineuses de manière satisfaisante.

Le temple de Cérès, Liber et Libéra, fondé sur l’Aventin durant la guerre contre les Latins, reste l’un des plus mystérieux. Cet événement n’est rapporté que par une source dont l’auteur est Denys d’Halicarnasse. S’appuyant sur ce témoignage, les études concernant les débuts de la République romaine se limitent habituellement à mentionner brièvement que Rome manqua de nourriture et qu’il était difficile de s’en procurer en dehors de la ville, étant donné les conditions de guerre. Le dictateur Aulus Postumius aurait cherché la solution au problème dans les livres Sibyllins, à la suite de quoi il fut convaincu de la nécessité de gagner la bienveillance de Cérès, Liber et Libéra. Il leur aurait donc promis des sacrifices annuels et la construction d’un temple. Trois ans plus tard l’entreprise fut réalisée.

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  • Philippe Borgeaud, Religion romaine et histoire des religions: quelques réflexions, Archiv für Religionsgeschichte, 2003

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-> Extrait de la fiche de lecture: 

« L’enjeu de la religion romaine romaine est la perpétuation de la communauté et son essor au travers d’une communication à double sens avec les dieux (perçus comme des citoyens supérieurs, qui participent à la communauté) avec lesquels la société via l’ensemble de ses membres doit s’assurer de bonnes relations (la pax deorum), impliquant de part et d’autre le respect de devoirs et d’obligations (la pietas).

Qui s’assure de cette communication quotidienne et en assure l’efficacité, qui prend les décisions pour fixer les règles de sa pratique aux différentes échelles allant de l’État romain, des provinces et des cités et jusqu’à l’intimité des foyers ?

La religion romaine romaine repose sur deux piliers, les auspicia (la manière dont les hommes interrogent les dieux) et les sacra (les relations des hommes par les rites). Instaurés par les chefs politiques de la ville Romulus et Numa Pompilius fondateurs des institutions politiques et religieuses de Rome. »


 

-> Extrait de la fiche de lecture:

« Inaugurer « inaugurare » : définir un terrain par la parole de l’augure. C’est délimiter un espace afin d’en faire un temple avec l’approbation de Jupiter.

Lire, comme le fait le preneur d’auspices, l’approbation ou le rejet par le dieu de l’accord contractuel passé avec lui suppose des clauses, des règles, des codes. La divination romaine est d’un formalisme pointilleux. Juriste dans l’âme, les Romains savent que le moindre manquement à la procédure peut annuler toute l’affaire. Si quelque chose ne va pas c’est qu’il y a eu faux pas dans l’exécution des rites.

La prise d’auspices est le travail des magistrats.

A Rome, la question n’est pas de croire ou de ne pas croire. La religion romaine est un service public : elle prescrit des rites et non des choses auxquelles il faut croire. »


Claire Sotinel, « Vitalité et crises de la vie religieuse au IIIe siècle [Chapitre 3], dans Rome, la fin d’un Empire, Belin, 2019

->Extrait de la fiche de lecture:

« Au début du IIIe siècle, Tertullien, un avocat africain converti au christianisme, dénonçait l’interpénétration des dieux et des spectacles qui rendait, selon lui, une partie des espaces publics infréquentables pour les chrétiens notamment le cirque et le théâtre.

À étudier la vie religieuse dans l’Empire romain au début du IIIe siècle, on n’observe pas de rupture avec la période précédente. Cependant, l’Empire romain avait depuis longtemps transformé les conditions de la vie religieuse (mobilité des personnes + absence de péril militaire majeur + poids du pouvoir impérial et influence personnelle des empereurs). C’est dans ce terreau que se diffusa le christianisme qui, à partir du milieu du IIIe siècle, occupa une place de plus de plus apparente dans la vie de l’Empire. Depuis Auguste, l’empereur était grand pontife et, à ce titre, ordonnait la religion romaine : il nommait les titulaires des prêtrises officielles, vérifiait la correction des actes cultuels, validait l’introduction de nouveaux cultes à Rome. Avec la constitution antonine de 212, la religion romaine était devenue celle de tous les habitants libres de l’Empire. « 



-> Extrait de la fiche de lecture: 

« Rome, cité italienne du Latium qui a formé, au Ier siècle avant J.-C., un empire en Europe Occidentale et sur le pourtour méditerranéen.

Après une longue période de guerre civile Octavien, devenu Auguste, fonde un nouveau régime politique : le Principat. Ce dernier conserve l’apparence de la République mais en fondant l’autorité du pouvoir personnel du prince adaptant les institutions romaines à l’échelle de l’Empire.

L’empire est multilingue (hellénophone, latin). Les dispositifs du limes sont variants en fonction de la topographie et des menaces (robustes sur le Rhin et légères dans les déserts).

Le mode de vie romain séduit une grande partie de l’Empire. Outre les colonies de vétérans, les cités des provinces voient bâtir des forums, des temples voués au culte impérial et aux divinités romaines, des théâtres, des termes etc.

Le droit romain, facteur d’unité, en 212, avec l’Édit de Caracalla qui accorde la citoyenneté à tous les habitants libres. »

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